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CRÉPUSCULES
LXXXIII
QUAND LE SOLEIL S’ENDORT
Dans le petit matin terne et glacé d’ennui,
Un pépiement discret dit sa grande douleur
Dans l’espoir de voir la pâle aube en crève cœur
Qu’un ciel bas, impavide, enveloppe en sa nuit.
Ce temps en négatif s’impose dans le froid,
Quand le soleil s’endort en se jetant dans l’onde,
Que l’éther inconstant se mue en nuit profonde,
Et mon cœur se serrer dans ce cruel endroit.
Ce qui me pèse en l’ombre c’est l’incertitude,
Et ce temps languissant du sommeil qui ne vient,
Que j’espère en silence un secours qui s’éteint
Tant ma peur, fort étreint, toute ma solitude…
Quelquefois je m’apaise en cette plénitude
Que l’on trouve aux traits du doux enfant endormi.
Or, dans l’intense joie qui ne m’est à demi,
Dans le ciel m’élève au faîte des certitudes.
Et j’entends à nouveau de l’oiseau cette plainte,
Me peinant, tant j’aimerais le porter en main,
Pour le consoler en attendant le matin,
Et nos cœurs reposer ensemble et sans complainte.
M.A.B.M.
Pour Anita et Guy-Patrick
Cannes, le 19 Décembre 2022
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