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Les Nefs Pt.I : La Sirène

le mercredi 31 mars 2010, à 22:28. Posté par Loïc




LES NEFS Pt. I : LA SIRENE


Les nuits suivaient les jours dans des parfums de menthe.
On y rêvait de nefs errant au vent marin ;
L’océan était noir et la vague était lente,
De longs soupirs soufflaient les flambeaux un par un.

Les ancres fendaient l’eau dans ses plus froids remous
Et labouraient le ciel, aurore après aurore ;
Mais la terre était loin, et devant et dessous :
Les nefs glissaient sans bruit sur un drap piqué d’or.

A leur bord déserté s’invitaient les sirènes
Qui parcouraient leurs ponts, sombres spectres lassés
De la mort, ou valsaient en éclatants phalènes
Puis, languies de la mer, ralliaient leurs lits glacés.

Mais voici qu’un hiver, le soleil au plus bas
Attira une ondine essoufflée par la ronde
Sur un pont d’où la belle évadée contempla
L’étoile en équilibre un soir au bord du monde.

Le crépuscule en feu abandonna les ancres
Dans ses yeux où cillait un phare en plein minuit;
Auprès de ses cheveux lacés de noires encres,
L’onyx fuyait le jour, et l’ébène était gris.

Elle porta la main à l’or brun de sa joue
Où se croisaient le sel, le sommeil et les fables
Chanta pour une terre, et devant et dessous
Où brilleraient le ciel, le soleil et les sables.

Et l’étoile hésita au flanc de l’horizon
Puis regagna la voûte à la pointe des nues ;
La carène trembla, le roc brisa le pont :
Un continent jaillit des vallées inconnues.

* * *

Un désir englouti soulève les tréfonds ;
Une graine sur l’eau porte un arbre en puissance ;
Une pensée filante éclaire les saisons
Dès lors qu’un son échappe au monde du silence.




2 – 17 Février 2005
Remanié 30-31 Mars 2010

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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
alto le jeudi 01 avril 2010, à 10:46
----excellente cadence !quelques rimes boiteuses ,quelques hiatus,erreurs à la suite de
la syllabe(ée)"languies de la mer" "essouflée par) Salut!
http://www.mespoemes.net/alto

Loïc le jeudi 01 avril 2010, à 13:42
Et je sais que "aurore" et "or", ainsi que "joue" et "dessous" (genre) ou "minuit" et "gris" (consonne d'appui) c'est pas bien, mais ce sont des endroits où je me retrouvais sans solution viable.

Patrice le jeudi 01 avril 2010, à 14:49
Je ne connais pas vraiment les règles de la poésie classique, moi je suis plutôt 20ème siècle, j'aurais donc du mal à dire si ce texte les respecte ou non. tout ce que je peux dire, c'est que je le trouve de belle qualité, pour son fond, sa fluidité et ses belles images.
J'aime bcp le troisième vers, tout simple mais qui me rappelle une image de l'océan qui m'a hanté longtemps. La terre loin, et devant et dessous est une belle formule !
Le problème avec la forme classique, c'est qu'elle est tellement stricte, si on cherche à la respecter complètement, qu'elle finit par prendre le dessus sur tout le reste. Pourquoi ne pas l'abandonner ?

Loïc le mardi 25 mai 2010, à 03:47
Note : une longue discussion a suivi cette question, effacée d'un commun accord car elle s'écartait du poème lui-même.

domidom le jeudi 23 décembre 2010, à 11:14
Ce poème!!! Magnifique, les images sont parfaitement décrites, cette mer dépeinte avec ses silences et ses chaos, ces pauvres sirènes qui luttent sans répit, ballottées j'imagine par le flux et le reflux des vagues....
Pas facile d'expliquer par des mots ce que l'on ressent....
J'adore la chute, elle résume ce que l'on ne sait expliquer..
A bientôt...

amercenaire le vendredi 15 avril 2011, à 22:56
C' est vrai que nos deux poemes sont d' inspiration similaire, un bateau, l' homme divaguant, contemplatif, sur la mer le monde et ses mystères.
http://www.mespoemes.net/amercenaire

Loïc le vendredi 13 mai 2011, à 19:38
La vie est faites de vagues et de remous, donc rien d'étonnant à ce qu'on pense à la mer.

J'ai fait 3 "Nefs", à différentes étapes de ma vie : un positif, un négatif et un zen. Comme je le disais récemment à Vincent, écrire sincèrement ce qu'on ressent est un excellent indicateur d'état mental.

Amitiés, merci de ton passage !

oliverjane1950 le mercredi 08 février 2012, à 10:42
----Les quatre derniers vers résument beaucoup de choses et sont joliment bien fait. D'après les chercheurs scientifiques, la lumière est indissociable du son. notre personnalité n'est-elle pas fonction du regard ( lumière ) et le parler ( son ). Il est vrai que nous sommes pas tous des lumières... ( rire ) Ca dépend des jours !!! Amicalement.
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

Loïc le jeudi 09 février 2012, à 13:22
Pour info, ce poème était un poème d'amour écrit pour la future mère de mon fils, dans lequel je tentais de rendre, sous forme de fable, ce qu'elle signifiait pour moi : tu retrouves le même thème de l'évasion à deux (dans une forme moins symbolique et plus directe dans "Je Touchais Ses Cheveux").

La fin était censée signifier qu'il ne faut pas avoir peur de l'abandon amoureux, et que s'engager corps et âme peut donner de magnifiques résultats. Mot-clé : "peut". Le sujet est ouvert à discussion...

Merci de ton passage !

oliverjane1950 le jeudi 09 février 2012, à 21:36
----Je confirme que le poème était beau pour cette future maman. Bonne soirée.
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

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