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LA DRYADE PENDUE
Qu'on s'abrite de l'eau ou qu'on plante une graine,
On finit tôt ou tard par étriper un chêne,
Et le vent qui murmure, agitant les rameaux,
Emporte par les bois le fantôme des mots
Dont les dryades louent la branche assassinée,
Sublimée en cercueil ou torche calcinée.
Le garde en sa cité, derrière son rempart,
Tend les mains vers le feu, seul digne cauchemar
D'être vécu par l'if, à moins qu'on ne le sculpte
En bras géants lançant le feu des catapultes,
Le feu qu'on entretient, qu'on s'abrite de l'eau
Au seuil d'une caverne ou devant un ruisseau.
De la graine à la braise, une dryade berce
La croissance de l'arbre que la pluie transperce
-- Car il est inconscient, même en touchant du bois,
D'espérer protection des poutres de son toit,
Qu'on s'abrite de l'eau ou fonde une lignée,
Quand sous l'orage plie la branche assassinée.
Vous me direz pourtant que les murs tiennent bon,
Ceux qui furent bâtis au son d'une chanson,
Soutenant l’abatteur dans sa marche forcée
Qui taillade les troncs pour construire un lycée
Où l'enfant apprendra qu'on s'abrite de l'eau
En pendant la dryade aux branches du bouleau.
Samedi 25 Juillet 2009
Remanié 14 Avril 2010
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