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LA CHAMBRE DE L’OISEAU NOIR
La tour écrase l’air, donjon d’immatériel ;
Orgueilleux ? Non, pas tant… juste un pont vers le ciel…
Au bout de l’escalier, ou son départ peut-être,
Vit la chambre où se peint le devenir de l’être.
Entre un lit, un miroir, un livre et les rafales,
Tourbillonnants esprits des anciennes escales,
Bée la cheminée sombre ; en oripeaux impurs,
Des langues de fumée ont assailli les murs
La Fille du Couchant, fantôme d’elle-même,
Se meurt dans le lit froid, souffle court, face blême ;
En un dernier sursaut, évitant le miroir,
Au mur sa main tremblante esquisse un oiseau noir.
Les nuages de plomb s’effilochent et pleurent.
Le Garçon de la Nuit sans yeux pose le livre
Et respire le vent de la mer qui délivre
Un long soupir ; l’Oiseau, grandissant sur le mur,
L’entraîne au parapet pour plonger vers l’obscur.
Rien de l’obscurité l’obscurité ne blesse.
La Femme de l’Aurore, aux cheveux d’incendie
Devant la glace saigne au retour de la vie :
Car l’Oiseau s’y dédouble aux côtés de l’espoir ;
Brûlante, elle se fond dans le feu du miroir.
La peur de l’aube éclot : ainsi les flammes meurent.
Le Viel Homme du Jour a brisé le reflet :
L’Oiseau crie, le mur vole au ciel en chapelet
De rocs ; du livre, enfin, l’Homme arrache les pages
Qu’il offre en rugissant aux tigres des nuages.
Reste le gué du temps, que l’Homme en son ivresse
Parcourt au gré du vent jusqu’à ce que tout cesse.
Ven 25 – Dim 27 Juin 2010
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