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Questions D' Aujourd'hui Et D' Hier ( à AFF )

le mardi 12 juillet 2011, à 17:16. Posté par Loïc





QUESTIONS D'AUJOURD'HUI ET D'HIER



Pourrai-je un jour planter comme l'Autre a planté ?
Ses épis sans pareils, glorifiés en son livre,
Dominent mes sillons de toute leur beauté
– Ou de leur poids figé tel un carcan de givre...

Quand haute est sa parole, et quand moi, je ne puis
Que ramper sous la faux qui siffle de sa tombe,
Que saurai-je léguer aux siècles qui, depuis,
Raillent mon souffle court, exigeant une trombe ?

Il gît là, fier et froid, l'Univers avec lui,
Les jeux faits ! Le futur s'est pendu sous sa Voûte :
Nul n'égalera plus l'ancien phare qui luit
Pour éclairer l'humain, son essence et sa route...


… Vraiment ?...


Et si je te laissais pourrir dans ton casier
Triste squelette aux mots qu'ont inventés mes rêves ?
Tu sais que ta lanterne a vécu son brasier,
Et dans mon ombre enfin, soulagé, tu t'achèves.



Lun 11 - Mar 12 Juillet 2011






Note : Ce poème est une reprise du texte d'AFF "Pascal Et Alain", sur le thème
de l'impossibilité d'égaler les grands du passé. Son poème était modeste à l'extrême ;
le mien le contrebalance avec l'extrême inverse. A ne pas prendre au premier degré :
une position raisonnable, à la fois modeste et constructive, se situe quelque part entre les deux !


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commentaires ( 29 ) (Ajouter un commentaire)
Aouina le mardi 12 juillet 2011, à 19:18
Sa fait bien des questions , toute notre vie est une longue série continue et répititif des fois
merci à vous
Bien amicalement
A.Rosa

Loïc le mardi 12 juillet 2011, à 20:34
C'est vrai Aouina, la vie peut être répétitive. Et quand c'est le cas, c'est désagréable.

Cependant, bien qu'étant sans doute un sujet de poème intéressant, ce n'est pas celui du poème ci-dessus (j'avais expliqué sa genèse à la fin).

Merci de ton passage !

larose le mardi 12 juillet 2011, à 21:25
Bonsoir Loïc!! Encore un poème bien ficelé au delà de mes rêves, franchement mon cher maître, certains de tes poèmes sont un peu compliqué à comprendre pour moi.
je n'ai pas fait les grandes écoles au Laos il n'y avait qu'un étage! LOL!!!
bonne soirée à toi!!
amitiés!!

domidom le mardi 12 juillet 2011, à 22:01
Entre les deux mon coeur balance et je dirais comme Rose, là, j'ai un peu de difficulté à tout engranger, la seule chose que je peux dire sans crainte de me tromper, c'est que de par mon ressenti, je trouve que c'est très beau, seulement, en ai-je bien tiré les bonnes conclusions...
C'est ton dernier quatrain qui m'éclaire sur le fond du poème, dernier quatrain qui est magnifique et très profond...
Mes amitiés...Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

Loïc le mardi 12 juillet 2011, à 23:03
Larose et Domi : Quoi quoi, les grandes écoles ? Je vais avoir 32 ans et je suis encore au collège, à apprendre le programme de 6e ! :)

Je sais, mes poèmes sont assez obscurs. C'est comme ça depuis le premier, d'ailleurs. Je pense par images et métaphores (20 ans de dessin acharné sont-ils la cause ou la conséquence ?), et je suis tout simplement incapable de dire les choses en langage simple. Enfin si, je pourrais vous faire une traduction Loïc-français (j'ai expliqué mon précédent poème à Maxime, prouvant ainsi, j'espère, que même quand mes vers sont nébuleux, ils ne disent pas n'importe quoi). Je peux tout expliquer, donc, ça ne me dérange pas ; mais tout rendre clair directement dans les vers ? non.

Surtout que ça me priverait, personnellement, de tout plaisir de relecture, et de toute découverte ultérieure d'un détail intime caché au fond d'une image qui s'est imposée à moi sur le moment, mais que je n'ai pas réellement comprise en l'écrivant.

Et ceux qui me connaissent depuis quelques temps savent que je suis allé jusqu'à écrire des poèmes déjantés dont je ne comprenais moi-même pas le sens ; mais comme toujours en écriture instinctive, il doit y en avoir un, et je le trouverai un jour !

Amitiés à toutes deux !

AFF le mercredi 13 juillet 2011, à 00:19
Bonsoir Loïc,
Heu...heu...
Comprends tu mon Heu..
Je suis admirative devant un tel écrit + l'image adéquat !
Combien de temps pour en arriver là !
Qu'importe, voici un poème Loïc qui me prends les tripes.
Je suis encore bien plus petite. Un thème que tu as su développer avec une belle dextérité. Je ne sens aucune difficulté lors de l'écriture. Ce qui en effet rend la lecture plus fluide, limpide moins saccadee.tel un récit, sauf que c'est un poème.
Puis-je l'imprimer Loïc ?
La poésie te colle à la peau. L'air que tu respires est rempli de ces rimes. Tes rêves sont plus divinatoires que rêverie.
C'est extraordinairement BEAU.
Je te salut cher poète. Un titre dont tu portes son mérite. Merci Loïc, j'ai dévoré cette pensée écrite digne de ces grands Maître. Certes, en vue de mon niveau me diras tu, tu ne peux voir que de cette maniêre. Mais je ne le crois pas. Ta plume est gravèe à tout jamais de part sa force, ces tons, sa structure...
Un partage inégal. Bien de progrés me restent il a faire. Heu oui dans 1siè cle peut être.
Merci pour ce très bel exemple dont tu as fait preuve.
La je peux dire:
Merci MAITRE,
AFF

Loïc le mercredi 13 juillet 2011, à 05:29
Oui, AFF. Oui, mon enfant. Oui, tu peux imprimer ce poème immortel ; sa propagation est selon moi un DEVOIR poétique, et je suis heureux que tu m'aides dans mes nobles buts. Evidemment, tu devras me payer 5 euros à chaque impression, mais qu'est-ce donc, face à notre immense entreprise humaine ? Tu connais la réponse : rien. Alors sors le portefeuille.

Sérieusement : si tu avais fait comme moi environ 60 poèmes en alexandrins, tu saurais que celui-ci n'est pas aussi splendide que tu le crois. Je te fais l'auto-critique : le 1er vers est plat, le 4e vers n'est pas assez fort pour désigner le poids des talents du passé, la fin du 3e quatrain est molle. Dans le quatrain final, j'aime mon 2e vers, mais je sais que personne ne peut le comprendre à part moi (ce qui est pire qu'être simplement "flou"). Enfin, "tu t'achèves" ne supporterait pas un regard critique sérieux, grammaticalement parlant.

Tu es imparfaite dans ton écriture, moi aussi. Je ne veux pas dire que ce poème n'a aucune qualité : pour un truc écrit en pleine nuit de minuit à 5 heures du matin, il se défend même bien. Mais il a les défauts liés à mon flou imagé habituel : quand je pense avoir fait en sorte que, selon mes critères, il soit compréhensible en se creusant un peu la tête, je me dis "va bene, débrouillez-vous". Je ne m'excuserai pas pour ça. MAIS comme je viens de le dire, celui-ci (et quasiment tous les autres) ont EN PLUS du flou "saisissable" des défauts de logique que même moi, qui les ai pourtant écrits, suis incapable de corriger, parce que je ne sais pas vraiment comment m'y prendre, à vrai dire.

Je ne suis pas un maître, et je maudis celui qui pense qu'il en est un. Mais je me bats pour faire de mon mieux, et comme j'ai eu l'occasion de le dire sur le site, la dévotion sérieuse à la poésie peut au moins être un point commun avec ceux qui ont laissé un nom quelque part. Si quelqu'un peut me dire "j'ai passé des heures sur ce poème, et j'ai laissé tomber quand je ne savais plus comment l'améliorer", je lui dis bravo quel que soit le résultat.

Tu as donc sans doute compris l'image de ces sculptures mésopotamiennes autrefois puissantes, réduites à présent à regarder le soleil se coucher sur un monde qui n'est plus le leur. Place aux jeunes ! En priant qu'ils aient le coeur à l'ouvrage.

Putain, c'est vachement beau tout ce que je dis là. Je le note.

A plus pour une nouvelle collaboration ! Ce poème n'aurait pas vu le jour sans le tien.

Amitiés

AFF le mercredi 13 juillet 2011, à 09:29
Bonjour Loïc,
Plein d'humour cher poète !
Comment rester insensible à cette noblesse dont tu incarnes.
Fou = NON
Talentueux = OUI SUR
Maître = Modeste.
Pourquoi ne veux -tu pa que je puisse reconnaître dans tes écrits, une culture mise bout à bout, un savoir faire, une élégance, une euphorie, une passion et bien encore...
Ce dont un artiste créateur digne de ce nom fait dès lors, qu'il applique sa passion.
Je ne peux que me sentir bien petite face à tes écrits.Certes, pas de 60 poèmes écrit de ma part en Alexandrins, mais ce dont tu sais faire aujourd'hui, te reviens cher ami.
Je suis impressionnée !
D'autant que tu sais également auto-critiquer tel un véritable écrivain, compositeur, peintre etc........
Alors, si tu me dis encore une fois que tu n'y es pour rien, rire.
Oui pour revenir à ce dernier commentaire, tout est très clairement dit y compris l'illustration.
Dès lors que je t'ai lu, mes tripes ont été possédés.
Seriez-vous un poète caché peur de la foule ???????
Merci Loïc, voici un très bel exemple, une très belle leçon que m'offres ici.
J'en tiens compte.
Je pars de ce pas, retravailler mon
A L E X A N D R I N.
Sous la pluie, ça devrait sortir un peu mieux. NON ?
Amitiés Loïc,
Merci pour cette grâce
Excellente journée
A bientôt
AFF
http://www.mespomes.net/alpha/

José le mercredi 13 juillet 2011, à 11:46
Un poème iconoclaste... dont je partage la conclusion. Les grands poètes ont c'est sûr du génie, mais ils ont eu aussi connu les affres de la page blanche, des formules raturées, des impasses... et puis le champ des langages est tellement infini (joli pléonasme) qu'il existe non pas un mais DES canons de beauté poétiques, si bien qu'une même thématique peut avoir un égal impact, qu'elle soit déclinée sous une forme poétique ou une autre. Amitiés.

sandou70 le mercredi 13 juillet 2011, à 14:33
Un poème splendide. Merci de nous l'avoir fait partager.

Amitiés
http://www.mespoemes.net/sandou70

Loïc le mercredi 13 juillet 2011, à 15:53
AFF : Désolé, j'étais aux WC. Bon, on disait ? "Comment rester insensible à cette noblesse que tu incarnes ?" Ben on peut pas, inutile de résister, c'est ça la Classe... Ah, attends une seconde, j'ai oublié de tirer la chasse, après ça laisse des résidus et c'est pas bon... Je reviens. Mais...? Qui a mis un... un truc sur le... bêêêh. Je verrai ça plus tard. Oui, je disais donc, la Classe c'est essentiel, et je pense l'incarner à merveille. Bon, maintenant tu m'excuses, je vais chercher du sopalin.

José : Quand tu as un peu l'habitude d'affronter les restrictions du classique et les ruses employées pour les contourner, il est parfois étonnant de relire les grands auteurs classiques et de détecter les traces des ruses en question (et si la détection est possible, alors ça signifie que le poème n'est pas parfait). J'en retrouve chez Baudelaire, Rimbaud... en fait, le seul auteur qui semble avoir l'habileté suprême d'être totalement naturel en classique (autant que j'aie pu voir jusqu'ici) est Victor Hugo. Et je ne dis pas ça parce que je l'adule, au contraire ; il avait le talent de résumer les sentiments de façon remarquable, mais avec un terre-à-terre (manque de métaphores) qui ne m'inspire pas personnellement, contrairement aux délires visionnaires et introspectifs des deux autres. Mais ce n'est que ma perception ; en effet il y a plusieurs canons de beauté poétique... sans doute autant qu'il y a d'êtres humains. En tous cas, personne n'est intouchable.

Sandou : Merci de ton passage !

Amitiés à tous



Aouina le mercredi 13 juillet 2011, à 20:53
et je trouve votre poeme trés bénifique
mes amitiés

AFF le jeudi 14 juillet 2011, à 04:31
Bonjour Loïc,
Je t adore. Non seulement tu as du talent, du mérite et un savoir- faire, mais ce dont j'aime le plus chez toi c'est (ta simplicité) que tu ne te prennes pas au sérieux. Ce qui te rends encore plus grand (moins accessible pour d'autre) Plein d'humour, de fantaisie... tel un vrai Artiste. Je les cottoient au quotidien.
(Trop cool les musiciens, moins cool pour d'autres artistes ( peintres, danseurs, chanteurs) pas trop ce cas là chez les compositeurs. Bref,
Ce doit être très difficile (de te tenir "en cage") en classe enfermer pendant 1h que * 8h / jours pdt x semaines, cours d'anglais. Heureusement que l'humour vient te sauver pour ces quelques moments fastidieux.tu dois bien admettre que tu n'aurais jamais pu dire ou écrire un truc pareil à ta collègue de trav.
J'adore ça ! Soit :
"Va bene débrouille toi". Trop cool
Tu dois prendre des fous-rire à en mourir lorsque tu reçois des coms où tout le monde philosophe sur un texte que tu as publier, en "va bene, daï cosi"
Ah, quelle chance d'avoir contact avec toi. Grand partage.
J'ai peut être trouvé un sujet qui ne te déplairai pas. Le tout en alexandrins je ne crois.je vais y voir !
Allez je te laisse nettoyer tes wc, attention au freinage .
AFF

AFF le jeudi 14 juillet 2011, à 04:37
Ah Loïc,
Juste merci pour m'apprendre.
Ce qui est fabuleux, c'est qu'aucun lecteur a fait l'entre deux. Rmon texte hyper modeste, ton texte hyper prétzntieux.et personne a part toi et moi savons qu'il existe un milieu.
Youpi.je me sens mieux."parler" à ciel ouvert et personne ne comprend. Trop bon ! On est sur quelle planète déjà?
Dommage pour ceux là, ils sont passé à côtés d'un grand sujet. Ouf ! Je me sens moins seule
A plus tard
AFF

AFF le jeudi 14 juillet 2011, à 04:44
Je fais de la m....e, j'écris de la m....e, publie de la m...e, et on me dit artiste.
J'efface (roulot de sopalin)
Ok ! A bon entendeur salut
C'est un peu toi non?

AFF le jeudi 14 juillet 2011, à 04:49
Tout pour réussir et gagner.
Merci Loïc
AFF

Loïc le jeudi 14 juillet 2011, à 05:51
Wow, tu me confonds avec Juan Romano Chucalescu "Artiste Peintre", l'immortel foutage de gueule des Inconnus (il y a l'adresse Youtube sur mon profil cellox2). Je sais que mon fonctionnement est bizarre et contradictoire, mais il se résume en fait à un mécanisme tout simple : je prends mes poèmes très au sérieux (à part ceux de cellox2), mais j'ai une sorte de valve de sécurité contre les louanges extrêmes. Ca veut dire que je vais être pompeux comme pas un dans mes poèmes, mais que je tourne tout en dérision dès qu'on me passe trop la brosse... C'est simple quand on a compris le bigntz.

Je suis toujours content quand quelqu'un va plus loin en com que je ne suis allé dans le poème qui motive ce com, et jamais je ne me fous de la gueule des gens en poème. Pourtant, je sais que si je le faisais UNE fois, ça marcherait : il suffirait d'écrire un poème qui ne veut strictement rien dire, comme "Vice-versa" des Inconnus toujours, et tous ceux qui connaissent mon amour pour du boulot sérieux (?) se diraient "mais si, il a forcément voulu dire quelque chose !" et se lanceraient dans des interprétations profondes. Mais ce serait minable comme démarche. J'aime, à l'occasion, utiliser les autres comme cobayes (voir "Les Salons Rouges" ou "A l'Heure Ou Pas"), mais uniquement dans l'optique d'une expérience humaine collective. Dans ces 2 écrits, je ne sais pas où je vais : je leur demande ce que ça leur évoque à eux.

Quant à ce poème en particulier, et ce que les gens ont pu comprendre ou pas du "juste milieu", j'avoue que je reste un peu indécis : José a donné son avis dans le sens du poème, mais dans la majorité des cas, il n'y a pas vraiment eu de discussion sur le sujet. Peut-être que le fait que je puisse penser qu'il y ait un juste milieu a été, en soi, perçu comme vaniteux. Et je ne donne tort à personne ; tout ce que je peux dire, c'est qu'honnêtement, je fais clairement la distinction entre un minimum de confiance en moi et la vanité pure et aveugle. L'optimisme est un moteur, la vanité un frein. Puisque je n'ai pas 80 ans, je peux rêver un peu, et je me dis que c'est tant mieux si ça me pousse en avant, même illusoirement.

Sinon, j'attends donc de voir ton nouveau sujet ! Tu peux déprécier tes poèmes comme tu veux (je le fais aussi, donc je comprends), mais au moins tu as des choses intéressantes à dire.

Amitiés

imparfaitlibre le jeudi 14 juillet 2011, à 22:35
Que tu as raison!!!!! Servons-nous de la pensée des grands hommes comme un poduim sur lequel on monte pour dominer le monde et pour faire de notre pensée une pensée encore plus grande que la leur.
Ils n'ont pas tout inventé, tout dit et tout fait, ils n'ont pas mangé tout le soleil qui éclaire l'intelligence alors refusons de vivre dans leur ombre et essayons d'être encore plus grand qu'eux même si nous devons poser un échelon de plus en haut de l'échelle....
Ils sont grands et célèbres mais un jour quelqu'un de plus grand deviendra plus célèbre encore et alors ils reposeront en paix....
j'adore ton poème et j'adore le prendre au premier degré!!! rire
Amitiés sincères Loïc...----
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Ivy le vendredi 15 juillet 2011, à 18:20
"To be or not to be"
Serait-ce la réelle question?
Je crois que je n'ai pas compris grande chose non plus! Peut-être parce que je suis encore en école élémentaire et pas au collège! rires!
Amitiés

poesie101 le samedi 16 juillet 2011, à 21:17
Un excellent poème que voilà! Je le préfère au précédent (ton sonnet), car il est beaucoup moins hermétique.

Mes amitiés,

Maxime

Loïc le dimanche 17 juillet 2011, à 06:11
Imparfait : Très bien cerné comme toujours. Ça fait plaisir de voir des gens qui ne se contentent pas de dire '"j'ai tout compris" sans prouver qu'ils ont compris un mot. Où est alors la discussion ?

Il y a deux raisons qui peuvent rendre quelqu'un plus grand que ceux avant lui, ou au moins leur égal : dire les choses mieux, ou les dire différemment. "Mieux", en général, est un terme qui effraie tout le monde (à tort évidemment... Ooouuuh... qui OSE ??). "Différemment"... là, tout est possible en fin de compte. Baudelaire, Rimbaud, ou encore les poètes surréalistes ou futuristes du XXe siècle, ont surpris par leur différence, pas tant par le nombre de citations immortelles qu'on pouvait tirer de leurs oeuvres. De ce côté, ils restent écrasés par Hugo, Racine, Corneille, La Fontaine surtout, etc. Donc je trouve que le fait qu'ils avoir trouvé leur place malgré tout est un signe fort qu'il n'y a aucune définition unique du talent, et que la seule façon d'être sur de ne rien apporter à la poésie est de se prendre dès le début pour un raté.

Il faut aussi relativiser la notion de "célèbre". La célébrité de nos poètes français, sauf pour les érudits étrangers, s'arrête à nos frontières. C'est comme si moi, qui suis bilingue, je vous parlais de Blake, Whitman ou Dylan Thomas. Ceux-là sont surtout des génies dans le monde anglophone, citations immortelles (mais que les Français ne connaissent pas) et tout le toutim ! Etc pour toutes les langues.

Et bien sûr qu'il y aura des gens plus grands qu'eux un jour... Est-ce qu'Hugo avait pour but de dépasser Homère ? Non... en fait, il disait juste à 15 ans (et c'était pas mal) qu'il "voulait être Châteaubriand ou rien". Le gars motivé. Soyons motivés aussi, on ne sait jamais ce qui peut sortir d'un travail acharné !

Ivy : Ben, je ne suis pas Shakespeare (mais attends un peu), mais oui, il y a du "to be or not to be" là-dedans, par essence. Qu'est-ce qu'on est face à ce qui a été avant nous ? De pâles copies, des pitres, des requins ambitieux, des fous qui se donnent une chance de croire en eux et en ce qu'ils disent ? Ce n'est pas un concours avec le passé, en fait ; ce poème était juste une façon de rappeler (en réponse au poème TROP dépréciatif d'AFF), que si on ne croit pas en soi, pas de doute, on ne croira pas en ce qu'on essaie de transmettre par écrit.

Maxime : Eh bien tu es bien un des rares à dire que ce poème est plus compréhensible que le précédent. Par contre, je m'étonne que tu sembles dire que les poèmes hermétiques sont moins bien que les poèmes "clés en main" : après tout, tous tes poèmes sont aussi hermétiques que les miens ; mais pour le lecteur... pas pour toi ! Un sentiment que je connais bien.

Merci à tous de votre passage !

Sébastien le dimanche 17 juillet 2011, à 19:06
Heureusement qu'il y a l'explication en note... J'avoue que c'est une chose dont je ne me soucie pas quand j'écris, "les grands du passé", ni dans un sens ni dans l'autre. Mais c'est parce que je préfère éviter toute démarche comparative, sinon, la spontanéité s'éteint. Mais ce que je dis là n'est vrai que dans mon cas. Je ne cherche pas à globaliser. Bon, je vais aller voir le poème de AFF.

Loïc le dimanche 17 juillet 2011, à 20:33
Mais moi non plus, je n'ai pas de démarche compétitive, c'est bien ce que j'explique en haut. J'écris véritablement comme j'aime écrire, et sur les sujets qui me plaisent. Simplement, je prends beaucoup de temps pour lisser mes poèmes parce que je ne veux pas en bazarder un seul, et je sais que prendre au sérieux ce qu'on fait est l'étape 1 pour... être pris au sérieux par les autres. Quand je veux déconner et faire n'importe quoi, je poste sur cellox2, pas ici.

Amitiés

rivaudais le lundi 18 juillet 2011, à 00:46
----Je suis venu, j'ai lu.. et j'ai compris. Je crois. Je crois en toi, Loïc. Car tu as du talent. C'est vrai : n'y vois là nulle flagornerie. J'en suis heureux. Vraiment. Très égoïstement, car c'est toujours enrichissant de rencontrer un poète digne de ce nom. Donc heureux pour toi et pour moi. Dois-je expliquer ce et pourquoi j'ai compris. Pourquoi ? Il ne me paraît pas si obscur que çà. Peut-être es-tu plus mal(l)armé pour ce genre que l'autre, de ce nom?.. Ce qu'il veut dire?. Tu le sais mieux que moi, mais il s'agit bien sûr d'une comparaison et d'une déclaration à un ou des grands auteurs gisant sous la terre mais au souvenir immortel. Encore que !.. L'immortalité c'est long et s'il s'agit d'auteurs français, n'oublions pas, c'est probablement vrai, la langue française est en péril, . Ce qui est grave. mais çà l'est pour toutes les langues qui meurent. Y-a-t-il plus grand que Homère, Virgile ou Shakespeare? Peu importe, là n'est pas la question (Mon préféré c'est peut-être La Fontaine. Je trouve le bonhomme génial). Et finalement ta conclusion c'est celle-ci: Tu es grand. Dors. D'autres grands sont venus, viendront qui prendront ta suite ou te remplaçeront. (Qui sait, je suis (c'est-à-dire TU es) peut-être de ceux-là).
SI je n'ai pas compris, sois sympa: dis-le. Sans te gêner. L'ami véritable est celui qui ose dire la vérité.

Loïc le lundi 18 juillet 2011, à 01:50
Oui, tu as compris, et c'est bien de l'expliquer, parce que c'est plus facile de balancer "tout est clair" que de le prouver ! La conclusion est parfaitement traduite (bon, finalement je n'aurai pas à le faire, comme je l'avais évoqué plus haut).

Maintenant, encore une fois, je précise que je n'ai pas la grosse tête : mes poèmes actuels ne me satisfont jamais, et je sais très bien qu'ils ne valent pas grand-chose au regard de ce qui a été fait. Mais j'ai encore du temps devant moi, et j'essaie de me dépasser ; alors c'est en mon potentiel que je crois, pas en ce que fais maintenant. Je m'améliore, je prends confiance, et personne ne peut dire qu'un jour je n'arriverai pas à quelque chose... Malheureusement, personne ne peut garantir le contraire non plus. Eh.

Pour revenir au poème, les trois quatrains initiaux sont une reformulation exagérée (mais à l'humour pas vraiment perceptible, je sais) de ceux d'AFF ; ils ne sont pas un hommage de ma part, mais de la sienne. Seul le dernier est ma vision personnelle (exagérée aussi, en contrepoids).

Quant aux grands, eh bien oui, l'un chasse l'autre, à de rares exceptions près. Il paraît maintenant clair que les noms antiques comme Homère, Socrate ou Platon (je sais, ils n'étaient pas tous vraiment poètes) ne quitteront plus la culture mondiale, comme Shakespeare plus récemment, qui est un des rares à voir ses citations couramment entrées dans le langage courant, même traduites en de nombreuses langues... et encore, je ne sais pas ce que les Chinois pensent de lui... Malgré tout, on sait que leur sagesse n'était souvent que resucées (inconscientes ou pas) des drames humains puisés dans ce que nous sommes à toutes époques : les légendes égyptiennes, indiennes ou autres évoquaient déjà les mêmes sentiments ou situations bien avant eux... Bref, je ne sais pas réellement où je vais en disant tout ça, mais en tous cas, comme je l'affirmais à quelqu'un récemment, l'homme a été défini dès que l'invention de l'écriture l'a permis, voire même avant au travers des légendes orales ; et si chaque référence chasse la précédente (ou presque) et que toutes sont fragiles, alors on peut se dire que rien n'est perdu pour personne ; une responsabilité que trop souvent on refuse pour soi d'après le principe "impossible de faire mieux qu'avant", qui est évidemment, intrinsèquement, faux.

Encore une fois, cette diatribe n'est PAS destinée à dire à ceux qui la lisent que MOI, je vais tout faire péter en grand feu d'artifice. Elle sert juste à rappeler que l'amélioration de soi (à défaut du reste) passe par la croyance en soi, le dévouement à ce qu'on fait et l'introspection sincère ; et il n'est pas interdit de penser que peut-être, en se montrant si respectueux du sujet comme de la tâche, on puisse un jour avoir une place dans quelques mémoires. Rien qu'en prenant l'exemple du site, je sais que j'ai certains poèmes d'autres membres en tête même des mois après qu'ils aient été postés, parce que j'ai perçu non seulement une vérité personnelle, mais aussi le travail évident sur le poème. Après, il y a certes une différence quant au fait qu'on touche une personne ou dix millions, mais on peut aussi se dire qu'il est possible qu'on arrive à toucher la bonne personne qui nous utilisera pour aller plus loin avec plus de talent (SM, renommé "hello", nous rappelle les poètes mineurs qui ont parfois inspiré de plus doués qu'eux).

Amitiés, et merci d'avoir lu avec sérieux (surtout ce poème-là, qui est loin d'être dans le Top 10 de mes écrits préférés).

kariane le samedi 10 novembre 2012, à 11:49
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Parfois on se demande si l'existence de Grands comme ceux des siècles passés est encore possible en notre époque. Si ils n'ont tous pas disparu et si le destin fera d'un autre LE porteur de talent ! Et parfois l'on se dit :
" Pourquoi ne serait-ce pas moi le Grand de cette époque ? Est-ce impossible ?"
Non, ce n'est pas impossible. Seulement... ça le sera si l'on se réfère tout le temps aux Grands, si l'on essaye de provoquer, de forcer le destin afin de réussir.

Quand je cherche des étoiles filantes, des nuits d'été, je reste des heures à scruter le ciel, en espérant en voir passer une. Des heures durant, il ne se passe rien. Mais quand, lasse, je détourne le regard légèrement et j'arrête de penser à mon objectif : voir des étoiles filantes, et quand je me laisse glisser dans le jeu du destin, alors là généralement elles apparaissent.

Après, lorsque j'essaye de détourner le regard exprès, en pensant à ma réussite d'avant, je n'en vois pas une.

Parfois il faut savoir se laisser couler dans le fil du destin, en espérant toujours, mais ne pas le contrer.

Belles réflexions dans ce poème !
Amitiés,
Kariane.
http://www.mespoemes.net/kariane

Loïc le dimanche 11 novembre 2012, à 13:47
Personnellement, je me dis surtout qu'à notre époque, si un nouveau Victor Hugo émergeait, il n'est pas du tout sûr qu'on le remarquerait. Enfin tu me diras, toutes les époques ont eu leurs injustices ; des gens comme Baudelaire ou Rimbaud sont morts et restés dans un anonymat quasi-total jusqu'à ce qu'on les voie comme étant les précurseurs du XXe siècle... mais il a fallu du recul.

En général, un "génie" est bien sûr doué, mais il lui faut une chose de plus pour qu'on le reconnaisse comme tel : soit qu'il fut tellement représentatif de son époque et de son pays que la postérité en fait un symbole, soit qu'il fut un visionnaire (ou révolutionnaire). Quand il n'entre dans aucun des deux cas, il reste juste un excellent talent connu seulement par de rares aficionados.

Et puis donc, la perception de la qualité d'un "génie" dépend aussi de l'époque dans laquelle on vit. Il y a des poètes ou écrivains qui étaient adulés à une époque, on ne jurait que par eux, et de nos jours ce qu'ils ont écrit n'a plus d'importance.

J'aime bien ta réflexion sur les étoiles filantes, qui illustre la maxime bouddhique "Ne cherche pas et tu trouveras" ; d'autant que je suis passionné d'astronomie et que moi aussi je chasse l'étoile filante ("Bon... c'est pour aujourd'hui ou c'est demain ?"). J'ai d'ailleurs fait pas mal de poèmes sur l'astronomie, dont un sur les étoiles filantes : "La Chute", si ça t'intéresse.

Pour ce qui est du fil du destin, je ne suis pas convaincu puisque je suis un adepte du hasard et du chaos. Je croyais au destin à une époque (j'ai eu des événements dingues et sidérants dans ma vie qui ne pouvaient être dus au hasard, croyais-je ! Des coïncidences telles, qu'elles pouvaient t'emplir d'une certaine terreur), mais maintenant j'ai compris qu'il n'y a aucun message derrière, et que c'est juste le genre de choses qui arrivent de temps en temps, forcément. Cela dit, ces coïncidences donnent toujours un peu d'émerveillement : QUI n'a pas envie de croire qu'une puissance supérieure s'intéresse à lui de temps en temps ?

Toujours un plaisir de lire tes coms intelligents et sensibles, Kariane !

Amitiés !


bluegirl le mardi 18 décembre 2012, à 23:30
----voilà ce que j'ai préféré lire de tes réponses à tes coms, Loïc, parce que vraiment j'adhère...
"En général, un "géni" est bien sûr doué, mais il lui faut une chose de plus pour qu'on le reconnaisse comme tel : soit qu'il fut tellement représentatif de son époque et de son pays que la postérité en fait un symbole, soit qu'il fut un visionnaire (ou révolutionnaire). Quand il n'entre dans aucun des deux cas, il reste juste un excellent talent connu seulement par de rares aficionados."

bah, oui, il y a eu "les grands, symboliques", visionnaires et révolutionnaires et tant mieux s'ils ont été reconnu, car ils avaient ce don en plus pour faire passer de profonds messages...
peu de grands auteurs que j'ai lu m'ont fait vibrer, (mais dommage que j'ai pas eu l'occasion d'en étudier plus à l'école qui s'est terminé à 16 ans!!)....je suis surement passée à coté d'enrichissantes lecture!!
par contre, j'ai adoré quelques poèmes, des pièces de théatre de grands auteurs, un par ci, un par là. sans pour autant étiquetter de formidable tout ce qu'à écrit un auteur en particulier...parce qu'il est un grand nom de la poésie.
...autant j'ai pu adorer certains poèmes ci et là, donc de divers auteurs...sur mes poèmes!
voilà, je pense juste un peu léger d'adorer une personne parce que son niveau d'écriture est reconnu, reconnaissable, ect...

bises Loïc.



http://www.mespoemes.net/bluegirl

Loïc le lundi 07 janvier 2013, à 16:07
C'est une lapalissade de ma part que de te dire que les artistes que tu aimes te montrent qui tu es. Si on prend les poèmes, ce n'est pas tellement le niveau d'écriture qui me fait vibrer, mais plutôt la capacité d'une personne à creuser les grandes questions que je me pose moi-même. Ça veut dire que s'il parle de ce qui ne m'intéresse pas, l'auteur peut bien être doué et reconnu, ça ne passera pas pour moi. Je ne me taperai pas l'intégrale du Grand "Untel" juste pour dire "Bien entendu, j'ai tout lu de Untel, tu penses, j'ai de la culture, moi".

Quand je dis vers la fin du poème :

"Et si je te laissais pourrir dans ton casier
Triste squelette aux mots qu'ont inventés MES rêves ?"

... je veux dire que bien souvent, on n'est pas différent de ceux qui nous ont légué de profondes citations. On n'a pas à se sentir inférieurs, et comme je disais dans d'autres coms, être persuadé qu'on ne fera pas mieux revient à se mettre des barrières. Croire en nous-mêmes et en la valeur de notre originalité est préférable à se prosterner devant une idole. Une fois j'ai dit que les poètes, écrivains ou philosophes qui parlent vraiment ma langue deviennent des amis... pas des idoles.

Bises !

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