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L' Ecrou

le lundi 24 octobre 2011, à 17:34. Posté par Loïc



L'ECROU


Ainsi tu nourris l’indicible
Et vicieuse impulsion qui prend
L’acteur qui croit vivre, impassible,
Ce que l’auteur désirait tant ?

Mais il y a dans les mensonges
Soufflés par l’être ou par le trou
La folie dont brûlent les songes,
Qui lentement tourne l’écrou

Et plus vite que tu ne crois
T’ensevelit sous ta peau blanche ;
Une ombre rôde à l’acte trois
Avec un couteau dans sa manche.


C’était de l’ordre du possible :
Le chemin était tout tracé ;
Mais le bonheur était la cible
Que tu refusais de percer

En admirant son arc-en-ciel
De loin, des loges du pouvoir
Où chaque plaisir potentiel
Ne devait rester qu'un espoir

Pour que rien ne le déshonore.
Des collections tu en as eues,
Tu sais que tu en as encore,
Crachant leur fumée par les rues

Quand à leur brasier s’assouplissent,
Pour un soir perdu dans l’hiver,
Les doigts gelés qui s’accomplissent
En griffes fermées sur l’éther.


Et le zoo de ces salins,
Brillants animaux de l’aurore,
Laissera croître ses poulains
Aux champs verts que la mort décore ;

Mettras-tu fin à ce sommeil ?
Prendras-tu pied sur une grève ?
L’âme est plus libre à son éveil
Lorsque survient la fin du rêve.




Lun 17 - Lun 24 Octobre 2011



Fish,"A Gentleman's Excuse Me" : http://www.youtube.com/watch?v=E-llki5Wvro

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commentaires ( 20 ) (Ajouter un commentaire)
Amercenaire le lundi 24 octobre 2011, à 19:07
L'ame est plus libre à son réveil / Lorsque survient la fin du rêve...
Une invitation a fuir l'ideal, pour échapper à la folie et trouver le bonheur ( ou alors j'ai vraiment rien compris ).
C'est vrai que trop chercher à se placer au dessus de la réalité est destructeur pour l'esprit, Le faisant toujours espérer trop pour ne jamais le satisfaire, mais peut on dire que l'on vit libre, loin du reve? La peine et l'insatisfaction ne sont elles pas le prix, et ce qui donne tout sens à la liberté?
Ce sont les questions que je me suis posé apres lecture meme si, encore une fois je ne suis pas bien sur d'avoir tout saisi.
Superbe poème en tout cas, avec des passages impressionnants, surtout cette image des " brillants animaux de l'aurore", qui m'a vraiment saisi.

Amitiés.

Loïc le lundi 24 octobre 2011, à 20:00
Eh bien si, tu sembles avoir tout saisi. A dire vrai, ce poème était téléphoné, ce qui dans mon vocabulaire veut dire viscéral. En gros, j'ai dit ce qui me venait sans prendre soin à la clarté des images, seulement la structure et les rimes. Content que le message soit passé quand même, bravo à toi.

"Peut-on dire que l'on vit libre, loin du rêve"... Bien sûr que non. Mes derniers vers sont réducteurs et caricaturaux ; un poème a besoin d'une chute percutante. Il s'agit simplement de dire ici que le rêve pollue, selon moi, plus qu'il ne soutient (à noter que j'ai dit "l'âme est PLUS libre", pas "libre" tout court). Combien d'univers parallèles créons-nous, qui nous détournent de la réalité en nous offrant un peu de réconfort, mais en faisant qu'on vit dans un monde virtuel ce qui pourrait être (tiens, c'est quasiment tiré de ton dernier poème ça... et également d'un passage d'un roman que j'écris), au lieu de faire ce qui devrait être fait, à savoir presser le présent comme un citron pour en tirer ce qu'il a de bon, même si ce n'est pas grand-chose ?

Quant à la peine et l'insatisfaction, elles ne sont pas forcément à relier à un rêve jamais concrétisé. Ce sont des instincts profonds qui existent aussi chez d'autres animaux un tant soit peu évolués.

Mais bref ; tout ça est une sorte d'énigme à double entrée (le réfléchi et le subconscient) dont je ne donnerai pas la solution ici, mais plutôt une sorte d'avertissement concernant l'abus de rêves. L'abus, donc. Pas le rêve en soi. Une nuance acceptable sans doute.

Amitiés Amercenaire, merci de ton passage !

Agrippa (Thierry Demercastel) le lundi 24 octobre 2011, à 21:04
En fait nous sommes en sommeil tout en étant éveillé, remplis de rêves clairs ou sombres et cela jusqu’à notre grand sommeil hivernal et irréversible, « En griffes fermées sur l’éther ». Et au dernier instant rêver encore de l’inaccessible lumière. J’aime beaucoup ton poème très riche en images. Amitiés
Loïc

Imparfait le lundi 24 octobre 2011, à 23:27
Qui sommes-nous réellement dans nos rêves, acteur ou auteur?
L'auteur invente le rêve et l'acteur le joue mais que nous soyons le mélange de l'un et de l'autre, le maitre du jeu reste notre subconscient qui lentement tourne l'écrou pour nous enfermer un peu plus dans le rêve.
Mais le rêve se déroule-t-il toujours comme nous souhaiterions qu'il se déroule?
Avons-nous le pouvoir de changer l'histoire de nos rêves?
Je suis étonnée de te voir parler d'espoir car c'est un mot que tu n'aimes pas en général, et dans un rêve, peut-on parler d'espoir ou de désespoir puisque finalement il n'est qu'imaginaire et ne ressemble en rien à la réalité de notre quotidien.
A quoi nous sert cette part de rêve qui existe en nous et qui se réveille quand nous dormons?
Est-elle simplement le fruit d'une envie, d'un désir, d'une fustration?
Est-t-elle simplement l'errance d'un esprit qui méne nulle part car tout n'est qu'un rêve?
Peut-on dire que l'on vit libre dans un rêve?
Non puisque le rêve a pour frontière la durée de notre sommeil, il est donc enfermé dans la prison de nos nuits et s'envolera dès que nous ouvrirons les yeux.
Pour moi le rêve est le bien-être dans lequel nous vivions lorsque nous ne dormons pas.
Il est souvent impossible de faire de nos rêves une réalité alors pourquoi rêver....

Je suis d'accord avec la chute de ton poéme, l'âme est plus libre à son réveil car elle n'est plus étouffée par le rêve.

Une belle construction poétique très variée à la rime ce qui nous apporte beaucoup de plaisir à la lecture.

Amitié sincère Loïc.

plumeflore le lundi 24 octobre 2011, à 23:49
Bonsoir Loïc, plus dur sera la chute mais putain! cela fait du bien de rêver, surtout dans la vie d'aujourd'hui !c'est sûr qu'il y a des jours ou le rêve qui prend fin nous mène au désespoir, mais bon c'est la vie!
petite question: avec l'écrou peut-on faire la coupe Davis? lol
amitiés!

Loïc le mardi 25 octobre 2011, à 00:34
Eeet voilà ce que c'est que de ne pas passer assez de temps à écrire un poème : le sujet lui-même n'est pas aussi clair qu'il devrait l'être.

Amercenaire avait vu juste : c'est des illusions et des défauts de l'espoir que je parlais ici, donc des rêves éveillés, non des *vrais* rêves nocturnes ! Evidemment, il y a quand même des similitudes entre les deux parfois.

Thierry : Tu te résumes sans doute dans ton com, en une belle phrase qui pourrait devenir un poème ! Mais je ne m'y retrouve pas, ou plutôt, plus. Comme tes espoirs t'ont fait ou te font souffrir, tu ne seras pas tellement étonné que je professe ne plus en avoir. Et c'est vrai. Rêver dans mon sommeil, ça m'arrive quasiment toutes les nuits, mon imagination est toujours intacte, voire s'améliore ; rêver éveillé, c'est fini. En gros, je ne tends plus vers tel ou tel futur qui n'existe pas et dont il n'y a pas moyen de savoir s'il existera un jour. Par contre, je reste ouvert. Comme je dis toujours, tout peut arriver, bien ou mal, à n'importe quel moment.

Imparfait : Tout ce que tu dis dans tes 5 ou 6 premières lignes est exactement ce que je voulais dire, sauf qu'il faut l'appliquer à... l'espoir, eh oui, ce mot qu'en effet je n'aime toujours pas, comme on n'aime pas quelqu'un qui nous a sans arrêt déçu. C'est un désamour personnel, et je ne veux donc pas prétendre que ce poème est universel ; c'est juste mon point de vue. Concernant le *vrai* rêve, maintenant (qui est très rarement une projection illusoire dans le futur, contrairement à l'espoir), tous tes points d'interrogation résument à eux seuls l'impossibilité de cerner la nature des balades oniriques déjantées, ou leur but ou leur sens. Et je n'entrerai même pas ici dans l'extraordinaire aventure des rêves lucides, qui comme je te disais une fois me feront un jour écrire un poème sur eux.

Plumeflore : Ton com est ambigu : je ne sais pas exactement si tu parles du rêve nocturne ou de l'espoir. Dans le premier cas : j'adore rêver. Mes rêves sont la plupart du temps dingues et pleins d'aventure, et mes cauchemars très rares. De temps en temps, j'ai en plus le bonus d'avoir un rêve lucide (c'est-à-dire un rêve dans lequel on sait qu'on rêve, et sur lequel on a donc tous les pouvoirs). Je n'ai donc pas peur de mon sommeil... Oui, ça me fait du bien à moi aussi !

Si tu parles des espoirs, c'est autre chose. Pour moi, les Grands Espoirs c'est non, je refuse. Par contre, j'espère toujours que ma caisse va démarrer le matin quand il fait froid ou que mes gamins seront suffisamment endormis en classe le matin pour que je puisse faire un cours normal. Ou que ce radar était hors service quand je suis passé devant à 150. Dans ce poème, je veux juste essayer de dire qu'il y a un problème quand on s'enferme dans un palais de rêves à côté duquel le réel ne peut qu'être vil, alors qu'il ne l'est pas tant que ça, ou pas *seulement*.

Quant à la Coupe Davis, on lui *espère* un meilleur destin que la Coupe du Monde de rugby ! Il faudra que l'entraîneur serre... la vis.

Amitiés à tous trois, merci de votre passion, et bonne nuit à tous ! avec rêves ou sans.

larose le mardi 25 octobre 2011, à 12:56
Bonjour Loïc, eh ben dis donc la prochaine fois j'irai achèter une loupe ou mieux encore peut-être un télescope pour pouvoir te mettre au moins un coms...., je vois que tu n'as pas assez grandi malgré ton âge, tu veux être toujours le vainqueur dans tes rêves, tu te prends pour Anakin Skywalker?? Là je te reconnais dans tes costumes, attention voilà Dark Vador!!! lol
Allez, plus de blague, tes poèmes sont très beaux et très bien contruit mais il y a un X, pour comprendre c'est la croix et la banière!! Mais bon, ne rêve pas trop car la chute sera dur!!! lol
Merci pour ce beau partage mon cher poète!!
Bonne journée à toi
Amitiés

larose le mardi 25 octobre 2011, à 12:59
Je vais pouvoir prendre un écrou pour boucher le trou de la porte de tes rêves!!lol

domidom le mardi 25 octobre 2011, à 14:14
(Mettre fin à son sommeil,
Prendre pied sur la grève,
L'âme est plus libre à son éveil,
Lorsque survient le rêve)...
Voilà ce que j'appelle une chute formidable et qui résume parfaitement ce poème, un poème qui semble fluide et qui pourtant reflète une immense profondeur.....
(L'âme est plus libre à son éveil)
Comme j'aimerais que ce soit vrai,
comme j'aimerais que cet écrou tourne , s'enfonce et écrase mes rêves ou cauchemars.....
Lorsque tu es en plein rêve, tu subis, tu ne peux rien faire pour t'évader, tu es comme prisonnier de tes gestes, tu n'es plus maître de tes réflexions, de ta respiration, il existe des cauchemars qui t'étouffent, t'empêchent de respirer, et tu vas malgré toi, où le rêve t'emporte, et ce n'est qu'au réveil qu'enfin tu réalises...
(Les deux pieds sur la grève)....
Tu réalises et tu retrouves l'équilibre, cet équilibre que tu as perdu au milieu de tes rêveries, alors, pendant quelques instants, tu redeviens toi même, enfin, presque, car même éveillé, tu te poses cette question.....
Pourquoi ce rêve???
Et tu cherches la raison, tu te demande pourquoi tu as vécu dans ton sommeil telle ou telle situation, et jamais tu ne trouves la réponse....
Que sait on vraiment du rêve, pour moi, le rêve c'est l'inconnu, c'est sans doute un désir, un cliché, une envie d'être autre chose....
J'adore le rêve, mais j'ai peur des cauchemars, qui pour moi, j'en demeure persuadée, sont le reflet de mes souvenirs d'enfance....
La nuit, très souvent, trop souvent, ce sont des monstres qui m'agressent, sous toutes sortes de formes, alors, la peur m'angoisse, la mort me poursuit....
J'ai adoré te lire, et je pourrais parler des heures entières sur ce sujet, car chaque rêve, chaque cauchemar que je fais, ne s'effacent pas à mon réveil, même éveillée, le cauchemar se poursuit, je revois tout et dans le moindre détail, les formes, les visages, les actes, c'est sans doute ce qui pour moi est le plus terrifiant, je rêve la nuit, et le jour, je revis mes rêves et mes cauchemars...
Pourquoi????
J'ai adoré te lire, ce poème pour moi, est le sujet de mes profondes réflexions...
Mes amitiés....
A bientôt....Domie...

Loïc le mardi 25 octobre 2011, à 15:00
Larose : Certains de mes poèmes sont faits pour être compris (donc simples), d'autres pour être ressentis (complètement symboliques, même moi je ne sais pas ce que j'écris) ; celui-ci fait partie d'une 3e catégorie, la plus courante : un hybride des deux premières. Et le poème est satisfaisant de mon point de vue tel qu'il est, à un détail près, que j'ai évoqué plus haut (quand tu ne comprends pas trop, lis les coms) : je n'ai pas rendu parfaitement clair dans le poème que je ne parlais PAS des rêves nocturnes, mais des rêves éveillés. Eh oui, je les attaque, et c'est ce qui a dû paraître impossible comme interprétation.

PS : Aïe, tu auras du mal à boucher le trou de ma porte avec un écrou. Cherche ce que c'est sur Google !

Domidom : Comme pour celui d'Imparfait, la première moitié de ton com (qui parle pourtant des rêves nocturnes alors que je parle des rêves éveillés), peut parfaitement être appliquée aux rêves excessifs (voire carrément idiots) que certains peuvent avoir dans la vie. Ils le sont quand leur réalisation impliquerait de façon évidente des talents que leur auteur n'a pas. C'est d'ailleurs pour contourner ce triste constat que les jeux de hasard ont été inventés. Pas besoin de talent pour gagner au Loto ; ainsi les malins peuvent continuer à se faire de l'argent sur le dos des gens. Pareil pour la voyance ; elle entretient le rêve, à un prix.

Souvent le rêve va de pair avec le désespoir et sert de drogue. Peut-être qu'il faut d'abord trouver une certaine stabilité afin de pouvoir s'en passer, ou se forcer à s'en passer pour trouver une stabilité.

Je te réponds maintenant un peu sur les "vrais" rêves, ceux qu'on fait la nuit : bon, d'abord il va de soi que tout ce qu'on y vit vient du subconscient (bravo Loïc, vite un prix Nobel), et que donc, tu es dans chacun des personnages qui s'y trouvent. Alors pendant une interaction, intervient la notion de puissance qu'on donne à telle ou telle projection : ce monstre qui t'attaque, si tu le fuis, c'est que tu as implicitement décidé qu'il était plus fort que toi. Alors est-ce que ça veut dire qu'une fois éveillée, la peur quelconque qu'il a représentée domine en fait ta vie ? Pas forcément. Tout un chacun, même éveillé, peut prendre des décisions idiotes sur le moment, qui ne sont pas représentatives de l'ensemble de sa personne. Pour tes monstres : est-ce que tu ne peux pas, avant de t'endormir, essayer de te persuader que même s'ils sont effrayants, tu es plus forte qu'eux ? Personnellement, j'ai parfois échappé à des monstres en rêve, ou bien je les ai même mis en déroute. Dans le premier cas, je suis plus malin, dans le deuxième, plus fort. Je pense, pour résumer, que ça pourrait t'aider de croire en ta supériorité sur tes démons.

Mais bref, c'est un débat sans fin, je vais m'arrêter ici. Merci à vous deux pour votre passage !

larose le mardi 25 octobre 2011, à 16:41
Pourquoi mon cher maître, tu veux insinuer quoi?? Que je ne sais pas qu'est ce que c'est un écrou??? Moi, qui bricole à la maison!!!! Aïe, comme tu dis!!! lol

Loïc le mardi 25 octobre 2011, à 16:54
Oups, j'ai affaire à une bricoleuse de caractère !! Ça m'a juste surpris que tu dises pouvoir boucher un trou avec quelque chose... qui a un trou en son centre. Ton intervention était quasiment de l'humour à la Gelück !

Allez, retournons tous les deux bricoler des poèmes... Avec les vacances, je suis en forme en ce moment !

mandoespartero le samedi 12 novembre 2011, à 20:10
Cette magistrale pièce n'a rien d'une sottie et j'y trouve des actes mesurés, calibrés...
ecroués par la force de tes mots, l'éphémère se fait violence, de ne pouvoir partager ce bonheur qui habille nos songes palinodiques .
Merci de ce bonheur, cher Loïc!
@rm@nd

Loïc le samedi 12 novembre 2011, à 20:55
Merci à toi de ton passage et de ton enthousiasme, Armand.

Amitiés !

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 28 novembre 2011, à 18:56
Ah cette folie que nous instille un monde bancal et lui-même fou. Elle nous verrouille un peu plus chaque jour, nous donne chaque jour un tour d'écrou (ça me rappelle quelque chose !) en plus, elle ronge nos neurones, "plus vite que tu ne le crois", comme tu l'écris. Il faut savoir prendre de la marge, la poésie en est sans doute un des remèdes. La deuxième moitié de ton poème prend ce chemin, plus apaisé. Mais la poésie aussi peu rendre fou ! Take care. "I blew my mind" comme on disait dans les seventies. Oui, les trois premiers quatrains sont réalistement terrifiants. Et, de toute façon, comme je le dis souvent à mes potes "méfie-fois des flics. Pas les flics dans la rue; les flics dans ta tête !".
Amitiés. Phil
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Loïc le jeudi 01 décembre 2011, à 15:14
Je ne sais pas si tu as vraiment compris le poème (mais impossible de t'en vouloir, car ce poème est un ratage puisque je SAIS que le message n'est absolument pas clair, ce qui m'a obligé plus haut à l'expliquer en coms) ; mais cela dit, ton com est tout à fait valable si on remplace "un monde bancal" par "les rêves de grandeur". Et après tout, les deux sont étroitement liés. On nous gave de rêves préfabriqués qui détruisent des vies, quand les victimes passent leur vie à rêver d'un mieux qu'il n'auront jamais au lieu de se concentrer sur le bien qu'ils ont. Et, oui, ça nous ronge (enfin, pas *moi*, je le garantis, mais tant d'autres).

Même le dernier quatrain n'était pas clair ; beaucoup l'ont pris pour une référence au réveil véritable d'un rêve nocturne, alors que je voulais dire qu'il fallait garder les pieds sur terre.

C'est donc un échec, parce qu'autant j'écris parfois des poèmes surréalistes complètement dingues, autant ici je voulais vraiment transmettre un message compréhensible.

J'aime beaucoup ta phrase sur "les flics dans la tête". Et ça aussi s'applique à mon sujet... Quand on est guidé par le glamour exagéré, qu'on devient dépendant d'une vision du bonheur imposée (et totalement illusoire), on peut en devenir prisonnier, et être aveugle au côtés positifs du réel qui n'est laid que si on décide de le voir laid (un sous-thème de mon poème précédent, "Deux Vies").

Tiens, je vais mettre en lien musical sous le poème une autre chanson de Fish (en solo après Marillion) : "A Gentleman's Excuse-Me", une ballade qui parle d'une femme tellement retranchée dans ses rêves de mieux qu'elle en a dégoûté son compagnon.

Amitiés Philip !

bluegirl le vendredi 04 janvier 2013, à 23:06
c'est drôle de lire certains échanges en com aujourd'hui!...surtout que je ne les avaient pas plus lu que ton poème auparavant.
en ayant prit connaissance, je n'ai pu qu'aprécier le sens que je n'aurais sans doute pas décellé sans tes explications.
j'ai beaucoup aimé la trame de ton poème ...et sa conclusion, bien sur!
...conclusion, qui est en est une surtout pour celui ou celle qui connait la liberté éprouvée dans l'éveil!
amitiés Loïc.

Loïc le lundi 07 janvier 2013, à 15:45
C'est toujours intéressant de relire les vieux échanges ! surtout quand on lit ce qu'on avait dit soi-même, d'ailleurs. Si les poèmes illustrent des moments ou des pensées-clé, c'est en fait plutôt la description qu'on en fait en coms qui sert vraiment de journal intime ; car le poème lui-même peut être interprété différemment à divers moments de notre vie.

Quant à ma conclusion, sans doute une des seules choses assez claires ici, oui, elle prône la lucidité et la fin de la fuite en avant. On est plus libres lorsque nos illusions ne nous mènent pas par le bout du nez.

Bises !

salus le dimanche 23 juin 2013, à 15:20
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Je vais te faire une confidence :
j'adore l'octosyllabe quand il swingue !

Amitié,
Salus

Loïc le lundi 24 juin 2013, à 12:44
Mais, à mon sens, l'octosyllabe est garanti de swinger : quand la rime arrive plus vite, le rythme est bien plus percutant. A près, c'est encore mieux si on varie le son voyelle des rimes d'un quatrain de façon à ce que les 1-3 soient aussi différentes que possible de 2-4 -- ce que je n'ai pas fait dans mon dernier quatrain (4 rimes en "è"). Tant pis.

Amitiés !

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