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Parallèles

le mercredi 29 février 2012, à 19:01. Posté par Loïc



Ce poème est (enfin, avec plus de deux mois de retard !) la réponse au défi d'Imparfaitlibre
sur le thème "Parler de toi". Je précise d'emblée qu'il ne s'agit aucunement
d'un poème d'amour, bien qu'évidemment il ne soit pas incompatible avec le sujet.
L'excellent poème d'Imparfait peut être lu ici :
http://www.mespoemes.net/sites/lire.php?id_poeme=88258&login=imparfaitlibre&page=1




PARALLELES



Costumés, sublimés, refondus, peints, dissouts,
-- Un peu de maquillage et les faces sont belles ! –
S’il faut partager l’air en esquivant les coups,
La consigne est d’aller en chemins parallèles :

Ainsi vit la cité, l’abri du sans-regard.
Aux carrefours bardés de fanions mécaniques,
Les pieds sont plus pressés que le cœur en retard
Et sur le macadam se calquent les cantiques.

Il nous faut nous croiser, toujours à bout d’essence,
Souvent sans un instant pour s’échouer au bord
Et discuter de feu, repos ou renaissance,
De ce qui nous apaise et de ce qui nous mord ;

Mais si le hasard fait qu’un accident survient,
Que la tôle s'émeut lorsqu’enfin tu me frôles,
Veux-tu parler du vent, veux-tu parler de rien
Quand on a déjà trop des deux sur nos épaules ?

Non, je voudrais te voir au-delà de tes traits,
Je ne te dirai pas ce que tu veux entendre,
Et plus nous descendrons dans les marchés secrets
Plus nous y trouverons d'amitiés à revendre…

Que vaudra la surface, où la glace sévère
Nous privait de danser dans l’âtre immatériel ?
Quand deux doigts de mon ombre enrichiront ton verre,
Ton ivresse sera plus vive dans mon ciel.




Lun 27 - Mer 29 Février 2012



Fish, "The Company" : https://www.youtube.com/watch?v=ngBhJqAtDRU


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commentaires ( 19 ) (Ajouter un commentaire)
kalliste le mercredi 29 février 2012, à 21:20
De la belle ouvrage, et un souffle poétique qui ravit !
Bravo !

"Et plus nous descendrons dans les marchés secrets
Plus nous y trouverons d'amitiés à revendre… " Une belle ouverture au monde !
Je vais maintenant lire le poème d'imparfait libre et le commenter.
http://www.mespoemes.net/kalliste

3rivieresenpoesie le mercredi 29 février 2012, à 22:39
J'adorela fin du poème"Quand deux doigts de mon ombre enrichiront ton verre,
Ton ivresse sera plus vive dans mon ciel." C'est une superbe fin.
Plume d'oie

"----
http://www.mespoemes.net/3rivieresenpoesie

imparfaitlibre le jeudi 01 mars 2012, à 00:11
C'est tout simplement superbe!!!!

Je suis bien d'accord avec toi, c'est facile de se cacher sous de beaux costumes et de faire semblant de s'intéresser à l'autre afin de tracer ensemble ce chemin parallèle qui n'a de parallèle que les lignes que l'on dessine sur une feuille de papier.

La connaissance, le partage, l'émotion vont bien au-delà de l'apparence et de tous les mots que l'on récite sans vraiment y croire simplement parce qu'ils sont agréables à dire ou a entendre mais en fait ne servent qu'à masquer ce qu'on n'a pas su voir au fond des yeux de ceux qui nous regardent.

"Non, je voudrais te voir au-delà de tes traits,
Je ne te dirai pas ce que tu veux entendre...."

C'est dans ces deux vers que je retrouve l'essentiel et l'importance de la compréhension car ils nous invitent dans un voyage fait d'un silence pourtant chargé de tous les bruits d'un coeur.

La pureté d'un sentiment n'a pas besoin de rencontrer le cristal pour être entendu!!!!!

Je ne suis régalée!!!

Merci encore pour ta version et ta vision de ce thème "Parler de toi" qui je le rappelle fait suite à un sujet de conversation très philosophique sur "peut-on parler de quelqu'un simplement en l'écoutant..." et qui m'a permis de reprendre la plume!!!!
J'ai un peu d'avance sur toi, puisque j'ai déjà débroussaillé un autre chemin intitulé "la fuite en avant"!!!!! rire

Merci encore, bises sincères Loïc.---http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Vesta le jeudi 01 mars 2012, à 00:21
Un beau poème, singulier, bien peu ordinaire. Je suis sensible comme plume d'oie à la fin que je trouve sublime aussi.
Quels challenge , pas facile à relever mais réussi, sincèrement. Après tout ça vous êtes tous deux nos maîtres. En vous remerciant de cette merveilleuse joute. Amitiés

Loïc le jeudi 01 mars 2012, à 00:46
Kalliste : L'ouverture prônée ici est finalement ce qu'on fait quand on commente un poème et qu'on tente de comprendre ce qu'on a sous les yeux. On découvre l'autre au-delà des mots, non ?

Denis : Un passage sur le partage de soi ; c'est une des rares formes de partage où on ne perd pas ce qu'on donne, alors pourquoi se priver ?

Imparfait : Oui, les chemins parallèles évoqués au début sont en fait, comme leur nom l'indique, des chemins qui ne se touchent pas. Quant à "voir au-delà des traits", j'ai toujours dit que c'était bien plus aisé à faire en virtuel, âmes face à face (sans exagérer... C'est bien ce qui se passe, à condition d'être honnête évidemment).

Non, merci à toi pour la motivation ! Et tant mieux si tu t'es régalée, bien que, disons-le, ton poème est bien meilleur que le mien.

Vesta : Tant mieux si tu as aimé, et aussi si tu es du coup allée lire la version d'Imparfait. Ç'aurait été dommage de la rater.

Amitiés à tous, merci de votre passage !

domidom le jeudi 01 mars 2012, à 10:47
Deux poèmes magnifiques, très bien écrits, simplement, mon cher Loïc, tu as tellement traîné pour écrire ta version, qu'il faut obligatoirement relire Imparfait pour faire rapprochement et comparaison....
Un challenge parfaitement réussi...
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 01 mars 2012, à 13:31
Cher Loïc,
Ton poème, qui, pour reprendre l'expression de Kalliste, a éminemment "du souffle" m'a interpelé à deux niveaux. Sans doute l'illustration que tu y a mis m'a influencé, mais ces foules anonymes, autant de destins tout aussi anonymes, qui se croisent sur des chemins parallèles m'ont rappelé ces grandes cités d'Asie où je suis allé, Singapour, Calcutta.... Il en est de même dans des endroits, tout aussi surchargés d'âmes en errances, que sont, plus familiers, les couloirs du métro parisien. Je me souviens, il y a fort longtemps, avoir bravé l'impossible, avoir accosté dans une rame de métro, des gens qui me paraissaient sympathiques, et, oh miracle, me retrouver à prendre un pot avec elles, pour un bon moment, puis chacun de reprendre son propre chemin, lignes parallèles, encore.
Ton avant dernier quatrain est pour moi le plus fort. Il a d'ailleurs interpelé au passage notre chère Imparfait, cela ne m'étonnes pas. Il est une interprétation alchimique du mot VITRIOL, qui se décline en latin par "Visita interiore terrae...." et qui dit d'une façon très philosophique "visite l'intérieur de toi-même, et du trouveras le joyau caché". Cette invite introspective peut se faire à deux. Et au-delà de l'apparence, on peut découvrir en effet des trésors cachés et, comme tu le dis si bien "de l'amitié à revendre". Un poème au contenu alchimique que tes "Parrallèles" ? Je suis près à le croire. En tout cas un poème à lire et à relire. Pour y trouver d'autres clés qui nous étaient passées inaperçues ? Cherchons, cherchons. Amitiés sincères. Philip.

Loïc le jeudi 01 mars 2012, à 16:33
Domie : Tant mieux finalement si j'ai eu du retard... Ça remet le poème d'Imparfait d'actualité.

Philip : J'ai hésité dans ce poème à utiliser les grandes villes comme symboles de déshumanisation, parce que c'est bateau et feignant ; mais finalement, c'était l'idéal pour passer de la masse (au début) à l'individu (à la fin).

Quand à l'exploration de l'autre, oui, elle est presque aussi importante que l'étude de soi, mais si partage il doit y avoir, il faut qu'il se fasse dans la sincérité ("Je ne te dirai pas ce que tu veux entendre") ; Domie a fait récemment un poème presqu'entièrement basé sur ce point.

"Parallèles" aurait dû être plus long ; au-delà du partage, j'avais en tête un chapitre sur le fait qu'on se retrouve en l'autre, mais à la réflexion, ça me fera un poème entier une autre fois.

Sinon, pas de clés cachées dans ce poème, qui est assez direct. Pas d'énigme ou de casse-tête à double lecture comme dans "La Fille A La Cascade" ou "Venise Engloutie".

Amitiés à tous deux !

oliverjane1950 le jeudi 01 mars 2012, à 17:04
Dans les grandes villes les gens sont pressés, n'ont que très peu de temps pour "respirer" la vie, mais des petits coins de paradis y sont cachés pour qui veut bien les chercher. Dans les villages, si les gens paraissent moins stressés, le commérage a aussi de beaux jours devant lui et malheur à ceux qui sont pris pour cible. Quelques mots de Richard Wagner qui définissent bien où se situe le bonheur : "La joie n'est pas dans les choses, elle est en nous". J'aime beaucoup les deux derniers vers qui font peut être partie du doigté de ton ombre...
Oliverjane
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

Bluegirl le jeudi 01 mars 2012, à 23:54
la très grande majorité des chemins parrallèles ne le sont pas par hasard, mais parce qu'une force déconcertante retient le regard sur les traits et les silhouette.
ou s'est égaré cette vision qui va audela dans nos sociétées individialistes?
il vaut mieux être deux pour partager une ivresse, et cela peut provenir d'un simple frolement, celui qui détourne le regard,
qui génère les révélations sur soi et sur l'autre, pour l'autre...
si ce poème n'existait pas, il aurait fallut l'inventer...merci de l'avoir écrit.
il fait tilt dans ce qui nous reste d'humanité.
amitiés sincères Loïc.

Loïc le vendredi 02 mars 2012, à 17:35
Oliverjane : Même si je n'aime pas particulièrement les grandes villes, l'intention n'était pas ici de cracher sur l'aliénation de la foule, mais de louer les vraies rencontres, solides et durables. Il y a du bon et du mauvais en tous endroits, c'est certain...

Quant à ta citation de Wagner, elle trouve des échos (très naturellement) chez de nombreuses personnes, de Nietzsche à Wilde ; la beauté n'existe pas en tant qu'absolu, c'est une totale invention humaine qui est très, très subjective, car elle relève du lien personnel que nous avons avec ce qui nous entoure, qu'il soit environnemental ou relationnel. Dans ce poème, je ne définis pas une beauté précise à partager : l'osmose entre personnes qui se comprennent peut aller de "Ah, toi aussi, tu aimes tuer ?" à "Nous avons la même conception de l'amour". Pas de jugement, j'ai tout écrit au sens très large. Le sujet est la connexion entre les gens, et ce qu'ils en retirent...

Bluegirl : C'est vrai, le superficiel est infiniment plus répandu que la compréhension profonde, mais c'est principalement dû à notre nature animale, et non au vilain monde moderne. Tout ce qui est complexe (introspection ou découverte de l'autre) demande des efforts d'une partie de notre conscience qui est toute neuve (disons 10.000 ans, en comptant large) et qui ne fait souvent pas le poids face à des centaines de milliers d'années de sélection par l'apparence, comme dans le reste du monde animal.

Mais voilà, c'est justement cette inégalité qui rend toujours plus beau l'acte fascinant de se connecter à des niveaux plus profonds. Songe qu'il existe réellement des gens qui n'en seront jamais capables...

Amitiés à tous deux, merci de votre passage !

phantom le samedi 03 mars 2012, à 11:42
Un thème qui colle à mes égéries. Les chemins se croisent et se décroisent, on parle de rien sauf de la dernière voiture sorti, des fesses de la voisine, on se dit au revoir, on s'oublie. Ecoutez Virgile, bon sang, bande de matérialistes ! (je m'adresse à ceux-là que nous ne sommes pas, je l'espère !) Et savourons le fond des causes secrètes...

Loïc le samedi 03 mars 2012, à 18:50
Bon, il est certain qu'on ne peut pas passer son temps à discuter de choses profondes, mais il est vraiment atterrant parfois de voir à quel point l'homme se complaît dans le rien du tout. Comme je le disais plus haut, ça n'a rien à voir avec notre société moderne ; c'est comme ça depuis toujours. La télé-réalité ou les jeux du cirque, même combat. Et les fesses de la voisine ont toujours fasciné (enfin, à condition d'avoir une voisine adéquate).

Après, rendons hommage aux effets paradoxaux du matérialisme : si la soif d'argent notamment est l'antithèse de l'exploration de l'âme, on ne peut nier que sans argent, non seulement il n'y aurait pas de civilisation, mais aussi que partant de là, il n'y aurait pas d'oisiveté, vu que tout le monde serait occupé à chasser le lion ou le sanglier pour faire survivre le village ; et sans le loisir d'échapper un instant à de permanentes tâches matérialistes basées sur la survie immédiate, la réflexion ne se serait pas développée bien loin. Pour n'en prendre que quelques-uns, Platon, Descartes, Shakespeare ou Hugo étaient issues de familles cossues, n'ont pas eu à se battre pour survivre à un niveau basique, et ont donc eu tout le temps de profiter de toute l'éducation qu'une bonne naissance dans une société évoluée peut conférer. Et donc, profitant de leur statut initial confortable, ils ont eu le loisir de laisser leur marque dans la pensée humaine.

Il y a beaucoup de contre-exemples (ceux qui sont nés d'un milieu modeste et se sont imposés comme de grands esprits), mais ils ont quasiment toujours eu besoin de mécènes et autres supports financiers pour faire perdurer leurs activités "non rentables".

Ce qui ne veut pas dire que tous ces grands penseurs louaient le matérialisme parce qu'ils en profitaient ; après tout, on peut se servir des armes de l'ennemi contre lui. Mais ils ont eu plus de liberté que l'ouvrier d'usine pour explorer les jungles de l'âme humaine. Et on les félicite, quel qu'ait été leur confort par ailleurs.

Amitiés !


poesie101 le lundi 05 mars 2012, à 06:09
Fluide, beau et bon: un excellent poème!

Désolé, je ne suis plus tellement présent sur le site, mais je tenterai de venir un peu plus souvent.

Mes amitiés

Maxime

lesprosesdeslim le lundi 05 mars 2012, à 09:15
Cher Loïc,
c'est juste un retour gagnant! Avec ce très joli poème, tu as su illuminer le site.
Bien que je ne perçoive pas très bien les tenants et aboutissants de ce poème, je n'en étais pas moins emporté par ce sulfureux cheminement émotionnel dont j'avais hâte de connaître le mythique dénouement...
Deux mains fébriles, frissonnantes, toutes proches l'une de l'autre qui, au départ, devaient épouser la même voie et qui se frôlent sans pour autant pouvoir se toucher, voila une image digne de cette promenade Arthurienne dans cette profonde forêt chère au "Grand Meaulnes"...Tu nous as réellement transportés même si quelque part je souhaite tant que "deux âmes parallèles" puissent un jour enfin se toucher. Amicalement. Slim.


Loïc le samedi 10 mars 2012, à 13:18
Maxime : Ne t'en fais pas, les absences, ça me connaît. Je suis moi-même très détourné de la chose poétique en ce moment.

Slim : Un retour gagnant, mais parce qu'il a touché la bande et est tombé derrière le filet... Je ne suis pas sûr que ce poème mérite tes louanges ! Tu devrais voir la contribution d'Imparfaitlibre sur son site, c'est le niveau au-dessus.

En tous cas, une chose est sûre par contre : même si tu n'as pas tout compris mot à mot, tu as ressenti le poème comme il fallait ; c'est la preuve qu'on n'a pas toujours besoin de tout livrer sur un plateau pour que le message soit perceptible à un autre niveau.

Intéressante, ton analogie de la forêt où le Grand Meaulnes se "perdait" : la solitude existe en bien des milieux, qu'ils soient peuplés d'arbres ou de gens !

Amitiés !

imparfaitlibre le mardi 11 septembre 2012, à 20:23
--Je le redis, c'est tout simplement superbe d'autant que je ne le lis plus tout à fait comme avant maintenant.
Merci pour ce cadeau, je sais qu'il est sincère et qu'il vient du fond du coeur.
Grosses bises mon ami... Et puis ne soyons pas avare.... Très grosses bises mon Lolo....rire--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Loïc le mercredi 07 novembre 2012, à 16:14
Bon, même si on sait que c'est inutile, je fais une réponse publique avec du retard !

Honnêtement, ce poème n'était pas un cadeau qui t'était prsonnellement destiné, pas dans le sens de ton poème "Ainsi Passent Les Heures". Ici, il traite plutôt de la connexion humaine et de l'amitié "en général". Mais comment pouvoir écrire ce genre de poème sans rencontrer des gens comme toi qui conduisent à la véritable amitié ? Donc oui, tu fais partie de ce poème, ainsi que tous les gens qui m'ont touché et que j'ai touchés, quand entre nous on pouvait être soi-même sans limites.

Toutes les bises sont rendues !

Loïc (coms sur le repost de 2016) le mardi 15 mars 2016, à 12:56

(Note : J'avais mis sur ce repost les paroles anglaises de "The Company" de Fish, ce qui explique certins coms).


mespoemes.net/bluegirl le lundi 29 février 2016, à 18:19

RhoooÔ, mais c'est pas très limpide le texte de Fish pour les non-anglophones !!
...et puis tu ne fais pas référence de pourquoi tu le postes à la suite de ton poème, même si on se doute...mais on peut aussi douter !
En tout cas les variations de rythme sont intéressantes.

Bref !...le poème :
Un deuxième quatrain qui claque avec plein de sonorités en "c".
Une progression toute en nuances.

Continuons à parler du vent, du feu...d'amitiés à troquer !
A plus, Lola.







Loïc le lundi 29 février 2016, à 18:43

Je ne vais pas tout faire, mais en gros, le texte parle d'un gars qui est tranquille avec ses vrais amis dans une taverne, et est dérangé par un type qui ne fait que lui payer un verre et croit que ça l'autorise à fouiller l'intimité de Fish. C'est une métaphore, elle signifie que l'amitié, ça se s'improvise pas facilement, ça se mérite.

Mais je vais traduire les parties surlignées.

"La compagnie que je choisis est solidement "hors du lot" (c'est dur en français de traduire "singular")/, totalement digne de confiance, franche et sincère, / "Polished", c'est dur aussi, ça signifie en gros ici "rendue brillante par le temps". "Witty", c'est "qui a de l'humour intelligent".

Et la fin, le 2e passage surligné, c'est :

"Oh, pour la compagnie, rêver de la compagnie,
Vivre pour la compagnie jusqu'à ma mort,
Oh, pour la compagnie, rêver de la compagnie,
Porter un toast à la compagnie jusqu'à notre mort, "
x3.

Bien vu pour les sonorités en K, c'était fait exprès...

"Parler du vent", c'était une critique. C'était pour dire que le rien du tout, on en parle déjà bien assez avec n'importe qui. "Le feu"... ça c'est autre chose !

Ah, moi et les Éléments... !!!

Bises !






Loïc le lundi 29 février 2016, à 18:57

Oh, et pour "experienced" que j'ai sauté, c'est très fort dans le contexte : ça veut dire à la fois "expérimentée" (les amis ne sont pas nés d'hier) et "testée" (on a vécu leur amitié).

Sacré Fish, "l'Homme au 1000 Mots" comme on l'appelle.






mespoemes.net/bluegirl le lundi 29 février 2016, à 21:50

Ah, l'amitié qui ne s'improvise pas, elle se construit donc.
Bon "tu l'auras voulu" (lol), je me suis mise à écouter Fish depuis presque 2 heures...mais sans trad !

Alors merci pour celle que tu me fournis. Singular = singulière, renforcée par la sincérité.
Polished = polie !

J'avais pigé pour le vent bien sur, mais j'ai retourné le sens, comme s'il s'agissait d'un élément.
Moi et mes éléments...
: )






Loïc le mardi 01 mars 2016, à 02:41

"Singular", c'est comme j'ai dit : dans le sens "qui sort du lot". "Extra - ordinaire".

"Polished" : "polie", ce n'est pas dans le sens de politesse, hein ! C'est dans le sens du galet poli par le torrent.

Quel poète je suis...

Bonne écoute avec Fish (même s'il était meilleur avec Marillion, qui était meilleur avec lui aussi).

Je suis sur "Credo" en ce moment même !





Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 01 mars 2016, à 14:41

Me voici enfin, sur ces Parallèles, mais qui sont surtout dédiés à l'amitié. Oh pardon, la ça se justifie, je vais écrire...à l'Amitié. Tu auras compris.
Les "chemins parallèles". Cela m'interpelle. Je défini souvent le destin, avec sa part à la fois d'improbabilités et de probabilité (la fameuse réflexion sur le "c'est écrit"), comme cette trame faite de lignes qui parfois ne se croisent jamais, parfois se croisent. Ainsi est faite la vie. Ce n'est pas parce que les lignes se croisent que c'est un bien. Parfois c'est un bonheur. C'est Lilo qui me disait un jour : "tout a une raison, on ne sait pourquoi, mais c'est comme ça". Une réflexion toute métaphysique.
L'amitié provient d'un croisement de ces lignes, souvent fortuit, où l'échelle du temps est secondaire. Je t'ai bien rencontré, toi, tardivement, et dans les circonstances que nous connaissons.
Le plus important n'est peut-être pas l'instant T du croisement des lignes (rien ne prédispose à ce Big Bang émotionnel qui deviendra l'amitié) mais que cette amitié peut cheminer parallèlement. Mon prof de math disait que des parallèles sont des lignes qui ne se rejoignent jamais. Mon prof de dessin, évoquant la perspective disait "dans le dessin elles se rejoignent toujours".
Alors si l'amitié demeure, même silencieusement, sans un mot, en chemin parallèles, si l'on est convaincu qu'elle est réelle, c'est une force apaisante. La notre n'est pas silencieuse. Parallèle peut-être (dans la double acception du terme). Cette réflexion je me la fais pour moi et pour toi. Je pense avoir aussi des amitiés, rares, qui voguent silencieusement, en parallèle. Je les accepte aussi, elle sont nobles, elle sont droite. Et en tout cas elle sont riches (l'or de la vie, toujours cette vraie richesse).
Dans le contexte d'aujourd'hui, ton avant-dernier quatrain est bouleversant :
"Et plus nous descendrons dans les marchés secrets
Plus nous y trouverons d'amitiés à revendre…"
Oui, je suis convaincu de ton dernier vers.
Et ce sont des bonheurs partagés. Moi c'est pour tes rares vrais ami(e)s sur le mode "le plus grand plaisir est - sans doute égoïste - de savoir donner à l'autre que de recevoir".
Et puis, comme dirait notre ami me Poisson : "The sooner you realize I'm perfectly happy
If I'm left to decide the company I choose..."
Puisses-tu gagner le droit mérité d'être "perfectly happy". Ton ami. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)







domidom le mercredi 02 mars 2016, à 22:48

Je suis venue te lire trois fois, et j'ai trouvé cet écrit bien trop savant pour mes connaissances, heureusement, le commentaire de Philip à un peu éclairé ma lanterne....
Toutes ces parallèles qui se croisent et s'entrecroisent m'ont un peu dépassées, pour moi, l'amitié est quelque chose de bien plus simple, j'ajouterai que l'amitié sincère et désintéressée est malheureusement bien trop rare....
je t'embrasse, Domie..;



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