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Dans une arène blanche
Drapée de voiles roses
S’affrontent en déraison, deux taureaux
Pourquoi cette joute ?
Au soleil gris d’un sang glacé
Faisant trembler les chairs
Et frémir les naseaux.
L’un a des cornes et l’autre non
L’un est un homme et l’autre non
Et pourtant, ils sont pareils à eux-mêmes
Tour à tour, l’un et l’autre
Aux jeux fous des dangers du corps
Ils s’affrontent…
Ne sachant que chercher dans leur propre reflet
Un jeu de séduction ou peut être une mort
Mort à la vie, mort à l’ennui
A l’estocade finale, quel aboutissement ?
Car, point de picador, en cette noble arène
C’est aux plaisirs du corps que s’offre leur folie
Aime-moi, aime-toi
Sans détours, sans décors
Comme autant de banderilles inutiles
Qu’ils se plantent dans le corps
Sans oser s’affronter
Au contact de la chair, ils reculent…
Mais, d’oublier l’arène et la foule et le sang
Que réclament à grandes gueules, les manants
Dans la poussière dorée, que soulèvent leurs pieds
Les corps en sueur de fausses idées couverts
Chantent en se choquant, les mouchoirs des belles
Au soleil bleu d’un ciel agité
Alors, œil dans œil et naseaux collés
Ils se baignent aux rêves chauds
De leurs entrailles bouillantes
Là, là, juste devant la muleta.
Extrait de "Une dame blanche au soleil de la nuit"
recueil en cours d'édition
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