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Aux Fleurs du Mal
de Ch. Baudelaire
Ô, je te comprends, mon frère
Et partage ton désarroi
Nous faut-il en pauvre hère
Que la tristesse et le froid
L'incompréhension puérile
Pour unique compagne
Quand notre âme fébrile
Aime la vie de cocagne
Nous y sommes en terre conquise
Et l'on peut à notre guise
Rêver d'images saugrenues
De femmes rondes aux seins nus
Oui !
Nous aimons ensemble, Amour
Bonnes chairs, fins vins et femmes
Qu'en notre cœur sisent toujours
Insouciance et ripailles.
C'est ainsi que notre muse
En notre esprit différent
Alors, doucement s'amuse
Et nous délivre pour un temps
Du lourd poids de ces caprices
Qui pèsent comme un carcan
Sur notre âme complice
Et nos cœurs délinquants
O Mortel !
Tu ne connais notre calvaire
Notre folie de la passion
Qui est la pire des pulsions
Dans ce monde si austère
Alors, ton rire nous est vulgaire
Mais, on te donne notre pardon.
Extrait du recueil "Des étoiles brillent au fond de la mare"
(c) Jean-Frédéric Berger
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