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Elle foule de sa joie les peines de mes veines
Et traîne sur la grève les algues de mon sang
Donnant au soleil son corps, elle a pris les reines
De ma vie, de mon temps, pour jouir dans mon vent
Que j'aime ses pulsions, violences marines
Et ses caresses sont tendres quand sa langue s’échine
Sur les plages de mon corps où son bateau jette l'ancre
Quand mes mains sur ses dunes appellent la tempête.
Alors, de tanguer sous la houle
Quand en flaque se brise, la vague sur la dune
Où l'herbe rase et les ajoncs dorés
Plient sous l'orage pour n'être point emportés
Tiendrons-nous le cap, matelot ?
Tiens bon la barre, bordons le foc
Si l'eau passe sur le plat bord
Nous coulerons à pic !
Et se brise le ressac sur les falaises tendres
Quand roulent les vagues en gerbes d'écumes blanches
Dans un claquement furieux l'eau et la pierre s'affrontent
Mais, l'ouragan trépasse dans un hurlement de rage
Quand s'écrase, dans la rade, la dernière déferlante
Puis, du milieu des nuages sort un vol de cormorans
Ils rentrent de la pêche, volant vers les falaises
Leurs grandes ailes étendues sur l'écume du ciel
Battent lentement des caresses invisibles jusqu'au nid
L'air est paisible, la houle doucement soulève le bateau
Dans un léger roulis qui donne le tournis
Par un hublot, enfin un rayon de soleil
Referme nos paupières pour le sommeil.
Recueil "Des étoiles brillent au fond de la marre"
(C) Jean-Fred Berger
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