Courbé (Baudelaire)
D’après « Baudelaire » De Gustave Courbet.
A Charles Baudelaire.
Courbé sur son étude en un coin d’une pièce
Qui semble être une cage, ainsi qu’un albatros
Il survole son livre où fleurit Thanatos
Comme un puissant soleil, profond cercueil en liesse
Qui réchauffe le cœur fou, plein de sa tristesse :
L’albatros funèbre a les deux ailes d’Eros
Qui battent d’un spleen d’or quand de Dionysos
Il a le vin sanglant qui détruit l’étroitesse.
Le front studieux, il vole au-delà du tombeau,
Fort de sa bohème où son rêve est le plus beau :
Il mêle savamment, idéal et morbide,
La charogne et l’amour, les miasmes et la mer,
Le cloaque et la croix, pour réduire le Vide
Qui fait courber le sage ainsi qu’un pauvre ver !
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