Grègues de comptoir
Une nuit dans les brindezingues
je filais avec deux doux-dingues
Qui s'étendaient sur l'étendard
Qui mit en pièces leur Drakkar.
L'un avait le nez envolé
Qui de Kovaliov lui donnait
L'air qu'il gobait par la pantière
Ainsi que parfois un diptère.
L'autre avait la langue féline
Souple comme une ballerine
Mais il n'avait plus qu'un seul bras
Pour faire danser ses brouttas.
Ils avaient le crâne rasé
Et portaient le rouge béret.
Dans des pays souvent fantasques
S'étaient trimbalés en bleus casques.
P4 j'étais réformé
Les armes me faisaient trembler.
Chevelu comme Coverdale
Mais chantant comme une crécelle.
De temps en temps pour faire le pitre
Je me conduisais en bélître
Fauchant derrière le comptoir
Pour me coiffer un entonnoir.
Nous tournions au casse-poitrine
Et nos trois dos à la carline
Et nos cinq coudes nous levions
Entre de longues mictions.
Quand surgit du fond de la salle
Un jeune baba cool et sale
Qui vint nous chercher des totos
En soufflant dans ses biscotos :
_« Messieurs vous êtes des artères
Assurément légionnaires !
Aussi vous le rockeur raté
Semblez un prêtre défroqué !
Vous trois faites triste fratrie !
Je vous emmerde et la patrie !
Quant à vous dont le poil est long
Vous êtes aussi con que blond ! »
_ « Monsieur je suis leur camarade,
Comme eux je ne crains la camarde
Sachez que vos réflexions
Attirent les noirs papillons !
Épargnez-nous vos concetti ! »
pour finir dis-je à l'abruti
Et avant qu'il ne se recule
J'estourbis d'un poing l'homoncule !
Vinrent pour l'aider deux amis
Voulant « le major » à tout prix
L'un s'escrimait en vains crochets
Qui forcément rataient le nez.
Chose qu'il n'aurait pas dû faire
Car Kovaliov « le débonnaire »
D'un coup au dixième passa
Et pour mort le gamin laissa.
L'autre s'en prenait au manchot
Lui portant une clef de do
Mais il fit une triste mine
Ne froissant que la gabardine.
Et mon para goba sa chèvre
D'un direct éclata la lèvre
Et nous partîmes en courant
Et en riant et en riant...
Là haut tu sais sur la colline
Où ne va jamais Colombine
Nous nous passâmes la pissarde
En mollardant à la moucharde.
Kova' sortit de sa pelisse
Un petit sac plein de silice
Il me dit vois-tu mon enfant
C'est de la terre du Liban.
Sont là cinquante-huit de nos frères
Mon nez, son bras et nos prières
Et si le ciel est bas et noir*
C'est qu'à jamais meurt tout espoir.*
Nous bûmes un dernier gorgeon
En honneur à Napoléon
D'un Hennessy chargeant l'haleine
Et un trois-mâts pour Sainte-Hélène.
Mais si les chemins font des croix
C'est pour se séparer je crois
Et je quittai mes invalides
En shootant dans des boîtes vides...
*(Référence au chant " Ceux du Liban")
je filais avec deux doux-dingues
Qui s'étendaient sur l'étendard
Qui mit en pièces leur Drakkar.
L'un avait le nez envolé
Qui de Kovaliov lui donnait
L'air qu'il gobait par la pantière
Ainsi que parfois un diptère.
L'autre avait la langue féline
Souple comme une ballerine
Mais il n'avait plus qu'un seul bras
Pour faire danser ses brouttas.
Ils avaient le crâne rasé
Et portaient le rouge béret.
Dans des pays souvent fantasques
S'étaient trimbalés en bleus casques.
P4 j'étais réformé
Les armes me faisaient trembler.
Chevelu comme Coverdale
Mais chantant comme une crécelle.
De temps en temps pour faire le pitre
Je me conduisais en bélître
Fauchant derrière le comptoir
Pour me coiffer un entonnoir.
Nous tournions au casse-poitrine
Et nos trois dos à la carline
Et nos cinq coudes nous levions
Entre de longues mictions.
Quand surgit du fond de la salle
Un jeune baba cool et sale
Qui vint nous chercher des totos
En soufflant dans ses biscotos :
_« Messieurs vous êtes des artères
Assurément légionnaires !
Aussi vous le rockeur raté
Semblez un prêtre défroqué !
Vous trois faites triste fratrie !
Je vous emmerde et la patrie !
Quant à vous dont le poil est long
Vous êtes aussi con que blond ! »
_ « Monsieur je suis leur camarade,
Comme eux je ne crains la camarde
Sachez que vos réflexions
Attirent les noirs papillons !
Épargnez-nous vos concetti ! »
pour finir dis-je à l'abruti
Et avant qu'il ne se recule
J'estourbis d'un poing l'homoncule !
Vinrent pour l'aider deux amis
Voulant « le major » à tout prix
L'un s'escrimait en vains crochets
Qui forcément rataient le nez.
Chose qu'il n'aurait pas dû faire
Car Kovaliov « le débonnaire »
D'un coup au dixième passa
Et pour mort le gamin laissa.
L'autre s'en prenait au manchot
Lui portant une clef de do
Mais il fit une triste mine
Ne froissant que la gabardine.
Et mon para goba sa chèvre
D'un direct éclata la lèvre
Et nous partîmes en courant
Et en riant et en riant...
Là haut tu sais sur la colline
Où ne va jamais Colombine
Nous nous passâmes la pissarde
En mollardant à la moucharde.
Kova' sortit de sa pelisse
Un petit sac plein de silice
Il me dit vois-tu mon enfant
C'est de la terre du Liban.
Sont là cinquante-huit de nos frères
Mon nez, son bras et nos prières
Et si le ciel est bas et noir*
C'est qu'à jamais meurt tout espoir.*
Nous bûmes un dernier gorgeon
En honneur à Napoléon
D'un Hennessy chargeant l'haleine
Et un trois-mâts pour Sainte-Hélène.
Mais si les chemins font des croix
C'est pour se séparer je crois
Et je quittai mes invalides
En shootant dans des boîtes vides...
*(Référence au chant " Ceux du Liban")
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2 commentaires
domidom · le lundi 4 avril 2016 à 16:41
Je ne connais pas ce chant, où peut-être, que je l'ai tout simplement oublié....
Ce poème écrit avec beaucoup de talent nous fait revivre une formidable aventure, un seul petit truc me chiffonne...
(Avais-tu soufflé dans tes biscotos avant de l'estourbir de ton poing?)...Rire...
Merci Bartkley, j'ai adoré cet instant de lecture...
Amitiés, Domie.
Bartkley · le lundi 4 avril 2016 à 21:06
Je te rassure tout de suite, dans la vie, je n'ai jamais estourbi qui que ce soit et pourtant, je t'assure que très souvent, c'est pas l'envie qui me manquait !:)
Le 23 octobre 1983 les plus anciens d'entre nous se rappellent sans doute de l'attentat du « Drakkar » au Liban ; j'avais un copain de mon âge (17) dont le frère faisait partie des victimes, un type qui était guère plus âgé que nous, ça m'avait chamboulé cette histoire.
Mais ce n'est pas un hommage ; cette petite scène légère d'une rixe d'estaminet un peu dans le "style dessin animé" était l'occasion de parler de la complexité des rapports humains et de cette garce de solitude qui colle à travers comme le sparadrap du capitaine Haddock (comme on dit et pour rester dans le dessin.) :)
Bonne soirée !
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