Ladyboy
Votre pays comptait sept-mille-cent-sept îles.
Je m'étais exilé pour briller aux trinquets.
Les lobes excités par de vaillants criquets
J'ouvrais mon œil dispos sur des astres stériles.
Mon nez pissait le sang et j'avais mal aux dents.
J'avais sur la pommette une deuxième bouche
Recevant le baiser d'une première mouche.
Les grillons m'agaçaient de leurs psaumes stridents.
Je me remémorais les méfaits de la fête:
Dans un bar d'Angeles la veille un roux mataf,
Singe de Bornéo , gros bras d'Abu Sayyaf,
N'avait apprécié que je ris du prophète.
Ores à ma décuite, approchait un jeune homme
L'œil gauche emporté par les griffes d'un « cyclope »
(Ce fut un chat castré l'enfant se trouvait lope)
Il me dit: « Casque d'or, Magtanggol je me nomme. »
Il me prit par la main, m'emmena voir sa sœur.
« Elle a des doigts de fée elle te recoudra
Nous vivons dans l'ordure au cœur de Capaya. »
Et tu m'apparus comme un cerisier en fleur.
Une fois recousu, semblant un canevas
Aussi joli que ceux fait par ma pauvre mère,
Tu me dis: « D'où sors-tu? je t'aime plus qu'un frère. »
Lors mon calot revit pour mourir sur tes bas.
Les jambes tu croisas comme pour dire non
Sans doute craignais tu que d'un poing je décroche
Le bouton de l'amour que tu portais à gauche.
(Pour un Russe singer dont je chéris le nom.)
Je compris le jour où pour te remercier
Je passai l'alliance, aux éclats chus d'Apex,
A ton doigt esclave et plus grand que ton index.
Dans mes charbons ardents naquit un brasier.
Pourtant tu ne voulus de charnel entre nous
Que délicats baisers et furtives caresses
Laissant parfois ma main s'égarer sur tes fesses
Tu me disais « Arrête ...» en utilisant vous.
Mais le temps est bien court et déjà tu devais,
Pour faire ton boulot, partir en Thaïlande :
Pole dance en nightclubs plus de la contrebande.
Phuket, dans ma mémoire, est noyée à jamais.
Souvent on s'imagine un germain gras du bide
Proche de la retraite ou même en plein dedans
Je savais les ricains et leur blanc plein les dents
Ces touristes jeunots venus combler un vide.
La nuit comme le jour je n'avais de sommeil,
M'éblouissait enfin ton attitude étrange :
Tu tenais notre amour, au dessus de la fange,
De la merde du temps, plus brillant qu'un soleil.
Je me mis à ma table et à la plume d'oie
J'écrivis quinze vers au matin du dix-huit
Sept jours avant Noël et huit avant la nuit
En serrant dans ma poche un bas de fausse soie.
Cet appel au grand jour, Trésor, l'as-tu reçu?
Voguez-vous tous les deux aux flots impétueux ?
Êtes-vous enfouis sous des kilos boueux?
N'as-tu pu lire à temps mon amour éperdu?
Ce matin j'ai quitté Magtanggol et ta mère
En leur disant adieu j'ai couvert ta paillasse
De perles mais aussi d'une belle liasse.
Pour l'or que j'ai perdu l'argent ne peut rien faire.
Traversant le jardin, s'est accru mon malaise.
Le narra m'a parlé de nous, nos envolées...
Puis il m'a rappelé la douceur des soirées
Nos lèvres partageant un stick de Purple Haze.
Je m'étais exilé pour briller aux trinquets.
Les lobes excités par de vaillants criquets
J'ouvrais mon œil dispos sur des astres stériles.
Mon nez pissait le sang et j'avais mal aux dents.
J'avais sur la pommette une deuxième bouche
Recevant le baiser d'une première mouche.
Les grillons m'agaçaient de leurs psaumes stridents.
Je me remémorais les méfaits de la fête:
Dans un bar d'Angeles la veille un roux mataf,
Singe de Bornéo , gros bras d'Abu Sayyaf,
N'avait apprécié que je ris du prophète.
Ores à ma décuite, approchait un jeune homme
L'œil gauche emporté par les griffes d'un « cyclope »
(Ce fut un chat castré l'enfant se trouvait lope)
Il me dit: « Casque d'or, Magtanggol je me nomme. »
Il me prit par la main, m'emmena voir sa sœur.
« Elle a des doigts de fée elle te recoudra
Nous vivons dans l'ordure au cœur de Capaya. »
Et tu m'apparus comme un cerisier en fleur.
Une fois recousu, semblant un canevas
Aussi joli que ceux fait par ma pauvre mère,
Tu me dis: « D'où sors-tu? je t'aime plus qu'un frère. »
Lors mon calot revit pour mourir sur tes bas.
Les jambes tu croisas comme pour dire non
Sans doute craignais tu que d'un poing je décroche
Le bouton de l'amour que tu portais à gauche.
(Pour un Russe singer dont je chéris le nom.)
Je compris le jour où pour te remercier
Je passai l'alliance, aux éclats chus d'Apex,
A ton doigt esclave et plus grand que ton index.
Dans mes charbons ardents naquit un brasier.
Pourtant tu ne voulus de charnel entre nous
Que délicats baisers et furtives caresses
Laissant parfois ma main s'égarer sur tes fesses
Tu me disais « Arrête ...» en utilisant vous.
Mais le temps est bien court et déjà tu devais,
Pour faire ton boulot, partir en Thaïlande :
Pole dance en nightclubs plus de la contrebande.
Phuket, dans ma mémoire, est noyée à jamais.
Souvent on s'imagine un germain gras du bide
Proche de la retraite ou même en plein dedans
Je savais les ricains et leur blanc plein les dents
Ces touristes jeunots venus combler un vide.
La nuit comme le jour je n'avais de sommeil,
M'éblouissait enfin ton attitude étrange :
Tu tenais notre amour, au dessus de la fange,
De la merde du temps, plus brillant qu'un soleil.
Je me mis à ma table et à la plume d'oie
J'écrivis quinze vers au matin du dix-huit
Sept jours avant Noël et huit avant la nuit
En serrant dans ma poche un bas de fausse soie.
Cet appel au grand jour, Trésor, l'as-tu reçu?
Voguez-vous tous les deux aux flots impétueux ?
Êtes-vous enfouis sous des kilos boueux?
N'as-tu pu lire à temps mon amour éperdu?
Ce matin j'ai quitté Magtanggol et ta mère
En leur disant adieu j'ai couvert ta paillasse
De perles mais aussi d'une belle liasse.
Pour l'or que j'ai perdu l'argent ne peut rien faire.
Traversant le jardin, s'est accru mon malaise.
Le narra m'a parlé de nous, nos envolées...
Puis il m'a rappelé la douceur des soirées
Nos lèvres partageant un stick de Purple Haze.
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6 commentaires
domidom · le lundi 11 avril 2016 à 16:54
Je reviendrai te lire à tête reposée, car une fois de plus, le texte est un peu long, et je manque de temps...
Amitiés, à plus, Domie.
Bartkley · le lundi 11 avril 2016 à 18:53
J'utilise le site un peu comme un cimetière, je dépose les cadavres! Alors, ils ne devraient pas s'en aller de suite! Et chacun peut (ou non)venir (ou pas) se recueillir(ou non) en silence (ou pas)! :)
Bonne soirée!
Domidom · le mercredi 13 avril 2016 à 20:44
J'aime beaucoup le coup de griffe du cyclope, ainsi que le le travail de cette fée, (elle devait avoir des doigts d'or), car recoudre une plaie qui ressemble à un canevas, c'est tout un art....
Je me suis arrêtée un instant sur ton avant dernier quatrain, superbe !!!
Bonne soirée à toi, j'ai pris bien du plaisir à venir te relire...
Amitiés, Domie...
Bartkley · le jeudi 14 avril 2016 à 18:50
Pour en revenir à la longueur dont tu parlais, c'est vrai que c'est un peu long, on ne peut pas le nier, j'ai pris garde pourtant de faire en sorte que l'histoire défile le plus rapidement possible et que chaque quatrain ait sa fonction et ne soit pas du remplissage mais à la fin ça fait long quand même, mais bon, c'est pas bien grave, vu que nous sommes sur un site d'écriture !
Sinon, au chapitre des bestioles sympas mais pénibles y a les tourterelles, aussi!
Ça me fout le cafard ces bêtes!La dépression totale!Je les crèverais ! :)
Bonne soirée et merci pour le repassage !
Philip (JARDIN DE LUNE) · le samedi 7 mai 2016 à 12:25
Amicalement, Bartkley. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Bartkley · le dimanche 8 mai 2016 à 21:44
Alors de temps en temps, on fait une loi, pour faire bonne figure.
Et voilà où nous en sommes.:)
Sinon, à part ça, il fait pas bon fumer des joints aux philippines!:)
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