Jeunesse d'antan où êtes-vous ?
Hier, à l’aéroport,
Mon cœur battait très fort ;
Les vingt-quatre heures en ta présence
Ont fortement mis à mal mon aisance ;
J’étais incroyablement décontenancé
Par la mélancolie qui s’était déversée
Sur ta figure malmenée
Par la pesanteur des années.
En quel endroit es-tu, jeune maman
Qu’as-tu fait de ta jeunesse d’antan ?
Lorsque tu resplendissais de gaîté,
Avec toi, on sentait toujours l’été ;
Oncles et tantes sans cesse défilaient
Pour goûter ton merveilleux faux-filet ;
Les gens du voisinage restaient assis
Tant qu’ils n’avaient pas mangé ta carpe farcie ;
Chacun louait ta magnificence
Et ta si merveilleuse science.
L’amertume vint d’un coup ravager
Ton doux visage déjà saccagé
Lorsque avec moi tu marchas dans les rues,
Et que tu mesuras le temps parcouru
Depuis le temps où ta démarche était souple
Et que vous arpentiez ces venelles en couple,
Toi, chère maman, et papa,
Jusqu’au moment de son trépas ;
Maintenant que père n’est plus,
Tes larmes, sans arrêt, affluent.
Tu scrutais les enseignes des magasins
Pour retrouver tes anciens et chers voisins
Et te remémorer la si belle époque
Où tu t’achetais des robes un peu loufoques.
Tu cherchas l’estaminet
Où tu guettas un tantinet
Un mystérieux freluquet
Sur lequel tu te braquais ;
Tu fis sa connaissance
Quand père pris de l’essence
Dans une station service,
Ce beau gosse fut novice
Et maladroit dans ces gestes,
Papa le prit pour une peste ;
C’est alors que tu te portas à son secours
En arguant : « Peut-être est ce son premier jour » ;
Depuis lors, tu faisais en sorte
De l’admirer entre deux portes ;
C’était ton petit jardin secret
Qui mettait dans ta vie plus d’attrait.
Las ! Beaucoup de choses ont disparu,
Tu ne reconnais plus certaines rues.
Mais enfin ! En quel endroit êtes-vous,
Jeunesse d’antan au ventre mou,
Verdeur de la ville de Genève
D’où s’élevait la prodigue sève
De l’optimisme béat
Ignorant les aléas ?
Nous étions joyeux, plein d’esprits
Lorsque nous n’étions point meurtris
Par les soucis délétères
Mettant notre ardeur à terre ;
Ils anéantissent notre confiance
L’hilarité devient de l’inconscience.
Éperdu par mon grand tourment,
Je m’endormis profondément.
Hé ! Dans quel paradis perdu
Nos défunts se sont-ils rendus ?
Questionnai-je le fantôme
Qui ma jeune maman embaume.
Il éclata d’un rire
Et finit par me dire :
« Mais que veux-tu donc de moi, ils sont tous là,
C’est à vous de leur donner l’illustre éclat
En voyageant à travers les âges
Avec le souvenir comme bagage ;
Seulement ceux qui sont joyeux et beaux
Doivent faire partie de votre lot ;
Ces réminiscences ne vous déçoivent point,
Elles vous sautent dessus à pieds joints
Habillé de ce même vêtement
Qu’elles avaient lors de l’événement ;
Les trépassés toujours en vous grouillent
Si les douces souvenances en vous bouillent ».
Je me réveillai en sueur et en sursaut
Et me dis que ce n’était point un rêve sot.
Je compris pourquoi dans certaines traditions
Le culte du souvenir est une passion
Car il s’empare de nos afflictions
Et canalise bien des émotions.
Mon cœur battait très fort ;
Les vingt-quatre heures en ta présence
Ont fortement mis à mal mon aisance ;
J’étais incroyablement décontenancé
Par la mélancolie qui s’était déversée
Sur ta figure malmenée
Par la pesanteur des années.
En quel endroit es-tu, jeune maman
Qu’as-tu fait de ta jeunesse d’antan ?
Lorsque tu resplendissais de gaîté,
Avec toi, on sentait toujours l’été ;
Oncles et tantes sans cesse défilaient
Pour goûter ton merveilleux faux-filet ;
Les gens du voisinage restaient assis
Tant qu’ils n’avaient pas mangé ta carpe farcie ;
Chacun louait ta magnificence
Et ta si merveilleuse science.
L’amertume vint d’un coup ravager
Ton doux visage déjà saccagé
Lorsque avec moi tu marchas dans les rues,
Et que tu mesuras le temps parcouru
Depuis le temps où ta démarche était souple
Et que vous arpentiez ces venelles en couple,
Toi, chère maman, et papa,
Jusqu’au moment de son trépas ;
Maintenant que père n’est plus,
Tes larmes, sans arrêt, affluent.
Tu scrutais les enseignes des magasins
Pour retrouver tes anciens et chers voisins
Et te remémorer la si belle époque
Où tu t’achetais des robes un peu loufoques.
Tu cherchas l’estaminet
Où tu guettas un tantinet
Un mystérieux freluquet
Sur lequel tu te braquais ;
Tu fis sa connaissance
Quand père pris de l’essence
Dans une station service,
Ce beau gosse fut novice
Et maladroit dans ces gestes,
Papa le prit pour une peste ;
C’est alors que tu te portas à son secours
En arguant : « Peut-être est ce son premier jour » ;
Depuis lors, tu faisais en sorte
De l’admirer entre deux portes ;
C’était ton petit jardin secret
Qui mettait dans ta vie plus d’attrait.
Las ! Beaucoup de choses ont disparu,
Tu ne reconnais plus certaines rues.
Mais enfin ! En quel endroit êtes-vous,
Jeunesse d’antan au ventre mou,
Verdeur de la ville de Genève
D’où s’élevait la prodigue sève
De l’optimisme béat
Ignorant les aléas ?
Nous étions joyeux, plein d’esprits
Lorsque nous n’étions point meurtris
Par les soucis délétères
Mettant notre ardeur à terre ;
Ils anéantissent notre confiance
L’hilarité devient de l’inconscience.
Éperdu par mon grand tourment,
Je m’endormis profondément.
Hé ! Dans quel paradis perdu
Nos défunts se sont-ils rendus ?
Questionnai-je le fantôme
Qui ma jeune maman embaume.
Il éclata d’un rire
Et finit par me dire :
« Mais que veux-tu donc de moi, ils sont tous là,
C’est à vous de leur donner l’illustre éclat
En voyageant à travers les âges
Avec le souvenir comme bagage ;
Seulement ceux qui sont joyeux et beaux
Doivent faire partie de votre lot ;
Ces réminiscences ne vous déçoivent point,
Elles vous sautent dessus à pieds joints
Habillé de ce même vêtement
Qu’elles avaient lors de l’événement ;
Les trépassés toujours en vous grouillent
Si les douces souvenances en vous bouillent ».
Je me réveillai en sueur et en sursaut
Et me dis que ce n’était point un rêve sot.
Je compris pourquoi dans certaines traditions
Le culte du souvenir est une passion
Car il s’empare de nos afflictions
Et canalise bien des émotions.
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