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Chemin de vie

Tiré du docum. Kinshasa Symphonie (en vers libres)

Le mardi 16 août 2016 à 16:04, posté par benadel · 175 lectures

Le cagnard darde à plomb
Ses myriades de doigts brûlants
Sur les visages émaciés
Les bouches criant famine
Avalent du soleil
Avant l’éternel sommeil
L’astre désastre de l’Afrique
Buvote l’océan
Et le crache sur d’autres continents
Le soleil peint les figures faméliques
D’un hâle recouvrant leur pâleur
Mais la lune lare au visage pâle
Les suspend au noir firmament
Dans la nuit elles scintillent
Et éclairent la petite vertu

Dans la précarité africaine
Sur la poussière oubliée
Des hommes aux mines fatalistes
Des femmes aux allures accablées
Sous la férule d’un chef d’orchestre
Forment une chaîne pendue aux cieux
Une cinquantaine d’anneaux humains s’imbriquent
Fatigués mais élevés aux hautes ferveurs
Bien des yeux entourés de cernes
Rappelant l’auréole des martyres
S’accrochent à la lamentation mélodieuse
Des mains tailladées par un dur labeur
Se donnent aux instruments de leur crû
Entraînées par la magique cadence
Elles se vêtent d’élégance
Des lèvres asséchées par la soif
Boivent les notes de Beethoven
Conçues dans la surdité
Elles résonnent de félicité

Dans cette Afrique cadavérique
L’homme repu est éperdu
Les damnés chantent «Nous sommes frères»
Une gerbe d’harmonie s’élève
Elle prend la forme d’une contrition
Le fortuné se joint au miséreux
Et des larmes de sang
Au couard arrière-goût
Et des larmes de cœur
Au bienveillant avant-goût
Se fondent dans l’hymne à la joie
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