La naine
Elle promenait son fardeau
Sous le regard lourd des badauds
En aiguisant la curiosité malsaine
Que suscitait l’étrangeté d’une naine.
Qu’il fasse beau, qu’il fasse vilain,
Elle déchargeait son rire plein
Sur les indélicatesses des passants
La scrutant avec des yeux condescendants ;
Elle avait l’air d’un potache
Ou d’une vieille ganache ;
Ses jambes torses et arquées
Soutenaient des cuisses tronquées ;
Sa démarche chaloupée,
Son visage de poupée,
Une allure de paillasse,
Un air renfrogné et coriace,
Donnaient une dimension surréaliste,
A son physique tristement fataliste.
Chaque fois que je la voyais
L’inquiétude me côtoyait ;
Je vivais sous la botte
D’une phobie nabote
Qui me projetais dans l’irréel ;
Je craignais fort le surnaturel.
Aussi évitais-je de la croiser,
J’avais peur qu’elle allât me toiser
Et sonder mon intimité ;
Une grande inimité
Contre cet avorton
S’incrustait en moi pour de bon.
Un jour, vacant à mes occupations,
Je la surprenais, prise de boisson,
Tituber dans la rue
Sous une pluie drue.
Je la pris en pitié,
Me baissa à moitié
Pour lui demander son adresse
D’une voix teintée de tendresse.
Elle me dit : j’habite nulle part,
Si ce n’est avec les gueux, les clochards ».
Je lui offris alors l’hospitalité
Car j’affrontais sa froide réalité.
Elle est devenue ma belle lumière
Illuminant mon existence entière
D’un si vivifiant idéal
Que tout m’est à présent égal.
Je n’ai qu’une envie
C’est de la voir ravie.
Avant, j’avais très peur qu’elle fouillât mon âme,
Puisse-t-elle à présent comprendre mon drame
De n’avoir point fait preuve de charité
Envers une certaine humanité.
Rien que pour cela il valait la peine
De prendre sous son aile cette naine.
Sous le regard lourd des badauds
En aiguisant la curiosité malsaine
Que suscitait l’étrangeté d’une naine.
Qu’il fasse beau, qu’il fasse vilain,
Elle déchargeait son rire plein
Sur les indélicatesses des passants
La scrutant avec des yeux condescendants ;
Elle avait l’air d’un potache
Ou d’une vieille ganache ;
Ses jambes torses et arquées
Soutenaient des cuisses tronquées ;
Sa démarche chaloupée,
Son visage de poupée,
Une allure de paillasse,
Un air renfrogné et coriace,
Donnaient une dimension surréaliste,
A son physique tristement fataliste.
Chaque fois que je la voyais
L’inquiétude me côtoyait ;
Je vivais sous la botte
D’une phobie nabote
Qui me projetais dans l’irréel ;
Je craignais fort le surnaturel.
Aussi évitais-je de la croiser,
J’avais peur qu’elle allât me toiser
Et sonder mon intimité ;
Une grande inimité
Contre cet avorton
S’incrustait en moi pour de bon.
Un jour, vacant à mes occupations,
Je la surprenais, prise de boisson,
Tituber dans la rue
Sous une pluie drue.
Je la pris en pitié,
Me baissa à moitié
Pour lui demander son adresse
D’une voix teintée de tendresse.
Elle me dit : j’habite nulle part,
Si ce n’est avec les gueux, les clochards ».
Je lui offris alors l’hospitalité
Car j’affrontais sa froide réalité.
Elle est devenue ma belle lumière
Illuminant mon existence entière
D’un si vivifiant idéal
Que tout m’est à présent égal.
Je n’ai qu’une envie
C’est de la voir ravie.
Avant, j’avais très peur qu’elle fouillât mon âme,
Puisse-t-elle à présent comprendre mon drame
De n’avoir point fait preuve de charité
Envers une certaine humanité.
Rien que pour cela il valait la peine
De prendre sous son aile cette naine.
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