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Au delà des Ombres

Damné

Le dimanche 10 mai 2015 à 12:35, posté par Blacksad · 269 lectures

Te voilà de retour
Écumant sans aucun but
Les dortoirs, les rues, les tours
La transe de l'ange déchu

On assassine chaque soir
Dans une nuit sans fin
L'enfant au fil d'un rasoir
Pas la mort juste son parfum

Le toboggan de l'enfance
Recouvert d'aiguilles
La découverte des sens
Perpétuelles banderilles

Certains ce débattent et veulent croire
Que ce tunnel aux parois poisseuses
Est le prélude d'une fin heureuse
Ils attendent aux aguets, dans le noir

D'autres accélèrent
Et par quelque raccourci
Coupent sans sursis
Et très vite, on les enterre

Il y a aussi ceux, les lâches
Qui transigent, sans courage
Bourreaux de l'innocence, ils l 'arrachent
Et jamais ne tournent la page

Pour certains encore
La caresse d'un moment
Le bonheur qu'on déflore
A l'aune du firmament

Les maintien dans l'idée
-saugrenue s'il en est-
Qu'il pourront un jour supporter leur fardeau
Et toucher sur leur peau
Le bonheur d'être aimer

Mais ils ne sont que les pantins
D'enfants insolents
Qui cajolent le matin
Et les renvoient au toboggan

Plus longue est la chute
Quand ils se sont élevé
Et c'est tout en rut
Qu'on vient les émasculer

Comment vivre sans douleur
Quand le diable a pris
L'enfance, l'amour, le bonheur
En silence, sans un cri

Alors quand l'obscurité revient
Il sonne parfois
Il les prend par la main
Comme autrefois

Automate désincarné
Puisque le corps lui appartient
Depuis que l'âme est souillée
Il tire sur les liens

Les voyez-vous marcher sur l'abîme ?
Une croix sur chaque épaule
Marcher sur les braises de l'aube
Que le diable prenne sa dîme

Ils s'imbibent, tristes éponge
De maîtresse brune ou blonde
Dans un râle silencieux ils s'allongent
Et s'offrent a tout le monde

Va succube, exécuter ta lourde besogne
Que l'on rie depuis les cieux
Et fais danser un de ces presque-homme
Pour qu'il tombe encore mieux

Alors main dans la main
Je vois mes frères sombrer
Ils ferment les yeux
-c'est malin!-
Et se laissent porter
Par la promesse des cieux

Oui, elles accompagnent et indiquent
A ces aveugles claudiquant
Les adresses ou forniquent
Les désoeuvrés, les mendiants

En pensant s'élever
Le temps d'une étreinte
Ils viennent retrouver
Un poison, une absinthe

Dans les bas fonds de nos cité
La douleur et l'écoeurement
Viennent les réveiller
Dans leur coeur d'enfant

Reviens goûter la source brûlante
De la roue qui broie
Celui que le diable enfante
Coule et jamais ne se noie
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