Desertion. (prose)

Personne ne s'apercevra de mon absence lorsque j'aurai fuit cette ville grise.
Car le tumulte aura enfin conduit mes pas hors de ses murs, et j'aurai ce bonheur
de ne plus subir les questionnements, les raisonnements, les vaines exigeances
qui m'ont retenu dans ses filets obscurcis d'hypocrisie sournoise...
Là-bas, je serai devenue suffisamment transparente pour qu'on ne se donne plus
la peine de m'adresser la parole. En ayant l'air de rien, me reprocher ce que j'au-
-rais bien pu faire...ou ne pas faire, dire ou ne pas dire...
Et mon incompréhension du monde, celle qui m'aura tant minée, s'éclipsera dans
la brise du petit matin, lorsque j'irai humer les embrums et écouter les notes
parfumées de l'océan, sur la plage du souvenir. Oh, pas du souvenir à la saveur
mitigée,non!...de celui que j'aurais construis pas à pas, sans aucun artifice, ne re-
-levant d'aucun besoin de continuité. Qui n'existerait que pour le plaisir du mo-
ment présent.
Alors la plage changerait souvent de tonalité, sans que cela n'alerte personne
puisque les vents et les marées sont si favorables aux changements. Et j'en aurai
enfin fini de cumuler l'ennui incommensurable d'être cloitrée dans les murs de la
ville.
Car le tumulte aura enfin conduit mes pas hors de ses murs, et j'aurai ce bonheur
de ne plus subir les questionnements, les raisonnements, les vaines exigeances
qui m'ont retenu dans ses filets obscurcis d'hypocrisie sournoise...
Là-bas, je serai devenue suffisamment transparente pour qu'on ne se donne plus
la peine de m'adresser la parole. En ayant l'air de rien, me reprocher ce que j'au-
-rais bien pu faire...ou ne pas faire, dire ou ne pas dire...
Et mon incompréhension du monde, celle qui m'aura tant minée, s'éclipsera dans
la brise du petit matin, lorsque j'irai humer les embrums et écouter les notes
parfumées de l'océan, sur la plage du souvenir. Oh, pas du souvenir à la saveur
mitigée,non!...de celui que j'aurais construis pas à pas, sans aucun artifice, ne re-
-levant d'aucun besoin de continuité. Qui n'existerait que pour le plaisir du mo-
ment présent.
Alors la plage changerait souvent de tonalité, sans que cela n'alerte personne
puisque les vents et les marées sont si favorables aux changements. Et j'en aurai
enfin fini de cumuler l'ennui incommensurable d'être cloitrée dans les murs de la
ville.
11 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 2 novembre 2012 à 22:09
Douce nuit petite Lola. Bisous du coeur. Philip.
bluegirl · le vendredi 2 novembre 2012 à 22:44
"Faut-il se forcer à marcher dans les pas de l'autre, lorsque d'ailleurs l'autre ignore même votre existence ? "
c'est exactement ça qui me fait dire qu'on aura tôt fait de m'oublier (indifférence), alors qu'on me demande d'en faire toujours plus.
deja que je ne supporte plus ces murs
...l'océan est si loin...
merci pour ce doux message du soir,
pensées étoilées et bisous bien sur.
José · le samedi 3 novembre 2012 à 08:30
Il faut l'électrochoc d'un grand malheur, d'une catastrophe pour que cette indifférence soit mise entre parenthèses et que l'entraide et la fraternité reprennent naturellement leurs droits, car il reste malgré tout un fond de générosité dans beaucoup de cœurs.
Amitiés.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 3 novembre 2012 à 08:46
oliverjane1950 · le samedi 3 novembre 2012 à 10:11
Et le temps se prête à l'amitiés pluvieuses... Bonne journée tout de même !!! Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
lesprosesdeslim · le samedi 3 novembre 2012 à 19:19
c'est tout de même triste et alarmant à la fois de devoir chercher l'évasion et le rêve toutes les fois que rien ne va plus et que le coeur se retrouve soudain à marée basse. L'idéal, pour le commun des mortels, en vérité, aurait été de connaître chaque jour une vision plus équilibrée de notre monde contemporain qui aurait, à lui seul, contribué à davantage de partage et de solidarité. Et par là, la poésie ainsi que toutes les formes de proses seraient inspirées par miracle de notre vie quotidienne et non de l'image que l'on souhaiterait lui conférer. Mais voilà qu'à mon tour, à ton exemple, je me mets à rêver d'un monde meilleur. Pour l'heure, rêvons pour mieux tenir, c'est déjà faire plus et déjà faire mieux! Amicalement. Slim.
bluegirl · le samedi 3 novembre 2012 à 22:37
merci pour ton témoignage qui reflète bien notre sociéte.
a quoi sert-il d'être généreux s'il faut attendre les grandes dates pour en faire la démonstration?
amitiés José.
OLIVER,
je n'ai parlé que d'une desertion...
si l'essence des chamailleries est l'amour, c'est pas une très bonne nouvelle pour moi, lol!
l'errance c'est bon pour personne, c'est clair, et c'est pour ça que je déserte!...euh, enfin intra-muros!!
j'ai même vu le soleil aujourd'hui...
amicalement.
SLIM,
tu parles du miracle de notre vie quotidienne, comme tu as raison...
comme on peut se sentir parasité pour perdre ça de vue.
les anciens ne se posaient pas tant de questions, et même si je suis plus si jeune, je dois faire partie de la dernière génération pour ça!...et justement, on essaie de rever quand on sait encore le faire, quand on a vu mieux ailleurs...et pourtant on se conforte d'être là, ou la misère est encore occultable!
comme tu dis, c'est deja faire plus que de savoir rever, ça peut même être une contribution bénéfique.
toute contribution si petite soit-elle en apparence n'est pas à négliger.
...nous avons encore des choses à transmettre.
ton com est un doux message d'espoir, merci l'ami.
lola
belespoirs · le dimanche 4 novembre 2012 à 12:00
http://www.mespoemes.net/belespoirs
on a quelques fois envie de s'évader c'est vrai ! de changer d'air , d'aller voir ailleurs mais ce n'est pas toujours possible physiquement, on a des impératifs qui nous empêchent de partir mais on peut s'évader en pensé ! en rêve ça fait du bien même un cour instant ! et ensuite on est plus fort pour affronter la réalité
qui n'est pas toujours évidente. moi quand je suis enfermée au travail et qu'il fait beau dehors si je suis seul et qu'il n'y a que mes bras qui travaillent alors je me mets à penser et à imaginer des poèmes j'essaie de mettre des belles images dans ma tête pour que l'heure de sortie arrive plus vite alors je m'évade pour de bon ,
les gens ne sont pas tous indifférents il suffit quelques fois de gratter un peu pour deviner de la compassion bien caché mais bien là ! avec leur préoccupations quotidiennes les gens oublient un peu les autres mais on peut toujours leur rappeler qu'on est là !
Amitiés
domidom · le lundi 5 novembre 2012 à 17:20
C'est triste de vivre dans une sorte d'isolement, cruel de voir que l'on peut vous oublier du jour au lendemain, sans même penser un seul instant, que bien souvent, les départs comme les ruptures laissent au coeur de profondes cicatrices...
La vie est bien compliquée ma chère Lola, ce n'est pas facile de donner son coeur, car bien souvent, l'amitié et les promesses n'apportent qu'illusion et déception....
Je te fais pleins de bisous Lola...
Sincères amitiés....Domie
http://www.mespoemes.net/domidom
domidom · le lundi 5 novembre 2012 à 17:22
Bisous...Domie...
bluegirl · le lundi 5 novembre 2012 à 19:10
illusions, déceptions, critères, désolation, je finis par me laisser engourdir, je n'ai même plus envie de partir...la grisaille me va bien, mon coeur m'indiffère...
plein de bisous aussi pour toi Domie.
merci pour ton message.
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