Enfance secrète (prose)

On me dit souvent de me taire, on me suggère d'en dire le moins
possible en tout cas. Alors comment saurais-je dénoncer le
silence qui a pesé sur mon enfance?
... Ainsi je fus leur plus proche complice!
Je sentais bien qu'on me cachait des choses mais j'étais pas assez
futée pour écouter aux portes, et du coup pas facile de deviner
ce qu'on occulte, son étentendue, ses répercutions...
Puis un jour je finit par me sentir une intrue sans même savoir
pourquoi. J'ai 10 ans et une immagination débordante, d'autant
que je garde tout pour moi. Je ne discute jamais avec qui que ce soit.
Personne ne me demande jamais mon avis.
Mon seul échappatoire c'est les jeux au jardin, seule ou avec les
petits voisins, ou bien encore ces quelques jours de vacances ou
on me lache un peu de lest.
Je ne suis pas seule, j'ai une soeur, toujours citée en exemple
pour sa docilité. Nous ne vivons pas vraiment dans le même
monde bien que nous avons les mêmes parents.
Elle a écouté aux portes, entendu un secret, ne l'a jamais répété.
Mais inquiète, elle a choisit de protéger la mère, en étant à ses petits
soins, jusqu'à son dernier souffle, car bien sur un secret pareil...
Elle n'a rien entendu sur moi, non. Que des histoires de grands.
Pour moi, l'écart se creuse, je me retouve bien trop souvent seule
face à l'autorité du père.Je ne sait rien, je n'ai pas le choix que de
persévérer dans ce mutisme ou quelques échos entourant ma nais-
-sance flottent. Puis un grand VIDE.
Je cherche des repères. Un sentiment profond de solitude
s'ancre en moi, et losque qu'on m'annonce un déménagement
lointain, le monde semble s'écrouler...
On me cache des choses, personne ne connait les troubles réper-
-cutés... quel avenir m'attend de recommencer une nouvelle vie
avec eux? je suis très inquiète, l'idée de devoir les suivre m' op-
-presse, je commence à les détester!
L'envie de disparaître, de partir très loin d'eux commence à germer.
Mais je me résouds à l'idée que ce sera pas pour tout de suite...
Je n'ai que 10 ans!
possible en tout cas. Alors comment saurais-je dénoncer le
silence qui a pesé sur mon enfance?
... Ainsi je fus leur plus proche complice!
Je sentais bien qu'on me cachait des choses mais j'étais pas assez
futée pour écouter aux portes, et du coup pas facile de deviner
ce qu'on occulte, son étentendue, ses répercutions...
Puis un jour je finit par me sentir une intrue sans même savoir
pourquoi. J'ai 10 ans et une immagination débordante, d'autant
que je garde tout pour moi. Je ne discute jamais avec qui que ce soit.
Personne ne me demande jamais mon avis.
Mon seul échappatoire c'est les jeux au jardin, seule ou avec les
petits voisins, ou bien encore ces quelques jours de vacances ou
on me lache un peu de lest.
Je ne suis pas seule, j'ai une soeur, toujours citée en exemple
pour sa docilité. Nous ne vivons pas vraiment dans le même
monde bien que nous avons les mêmes parents.
Elle a écouté aux portes, entendu un secret, ne l'a jamais répété.
Mais inquiète, elle a choisit de protéger la mère, en étant à ses petits
soins, jusqu'à son dernier souffle, car bien sur un secret pareil...
Elle n'a rien entendu sur moi, non. Que des histoires de grands.
Pour moi, l'écart se creuse, je me retouve bien trop souvent seule
face à l'autorité du père.Je ne sait rien, je n'ai pas le choix que de
persévérer dans ce mutisme ou quelques échos entourant ma nais-
-sance flottent. Puis un grand VIDE.
Je cherche des repères. Un sentiment profond de solitude
s'ancre en moi, et losque qu'on m'annonce un déménagement
lointain, le monde semble s'écrouler...
On me cache des choses, personne ne connait les troubles réper-
-cutés... quel avenir m'attend de recommencer une nouvelle vie
avec eux? je suis très inquiète, l'idée de devoir les suivre m' op-
-presse, je commence à les détester!
L'envie de disparaître, de partir très loin d'eux commence à germer.
Mais je me résouds à l'idée que ce sera pas pour tout de suite...
Je n'ai que 10 ans!
13 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 4 novembre 2012 à 06:49
Ici, ni jugement, ni fausse compassion. Je devine un peu les coms qui succèderont au mien. Subtils ou même un peu maladroits, ils seront chargés d'amitié. Je ne sais qui a écrit "La solitude est très belle... quand on a quelqu'un à qui le dire". Très belle, enfin pas toujours ! Gros bisous du coeur, Lola. Philip.
José · le dimanche 4 novembre 2012 à 09:21
Amitiés.
bluegirl · le dimanche 4 novembre 2012 à 11:37
j'aime bien que le site soit le recueil de tous mes écrits, car même si je ne reviens que très rarement dessus je sais qu'ils ne sont pas éparpillés.
j'ai plus hésité à en proposer le partage, car je souhaite pas que ça s'apparente à un premier chapitre, et d'ailleurs je vous rassure il n'y aura pas de suite...en tout cas pas dans un futur prochain!
tu vois, j'ai pas peur des jugements, je suis pas la première ni la dernière gamine à avoir eu des troubles.
pour la compation, je pense qu'elle est de circonstance et qu'elle devrait pas être déplacée, vu le recul qui se compte en plusieurs dizaines d'années.
comme tu dis la solitude n'est pas si belle...quand elle est subie.
le choix est un privilège, et pas que pour ça bien sur.
bisous du cour Philip.
JOSE,
j'ai maintenant tendance à dire ce que les autres préfèrent ne pas aborder, ce qui me dessert pas toujours...tout est une question de juste milieu!!
a notre époque, nous nous voyons encore bien souvent confrontés dans mon équipe pluridiciplinaire (petite enfance), à expliquer aux parents l'intéret de mettre des mots sur ce qu'il se passe dans le contexte familiale (sans en faire un roman non plus), et il faut se mettre à la portée de gens qui "ne trouvent pas les mots"...
amitiés.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 4 novembre 2012 à 12:01
belespoirs · le dimanche 4 novembre 2012 à 12:24
http://www.mespoemes.net/belespoirs
parler aux enfants leur expliquer se qui se passe en choisissant bien les mots ! c'est pas toujours facile pour les parents mes c'est nécessaire! les non dit sont encore pire ! et on peut se faire aider par des professionnels si on à besoin d'aide seulement certain parents n'y pense pas ! ou ne le souhaite pas ! le monde à quand même bien évolué sur ce point avant on caché tout aux enfants et des secrets de famille continuaient à faire du mal de génération en génération ce n'est plus pareil aujourd'hui bien qu'il reste encore beaucoup à faire pour certains!
merci de ton partage,
Amitiés
bluegirl · le dimanche 4 novembre 2012 à 13:45
l'idée d'un poème sur le petit enfant...mais qui?...le petit Philip?
SMILE...sans blague, tu me proposes de faire un poème sur des théories?...
alors qu'à mon niveau je reste aussi prudente que possible, et dans l'individualité.
bisous Philip
BELESPOIR,
oui beaucoup reste à faire dans l'accompagnement à la parentalité, et ça complique considérablement les choses quand les parents ne le souhaitent pas.
en plus nous vivons souvent bien éloignés de la famille proche qui avait un rôle de transmission.
amitiés.
lesprosesdeslim · le dimanche 4 novembre 2012 à 21:17
si l'enfance reste un passage nécessaire à l'homme pour vivre la personnalité dont il aime souvent à se prévaloir dans sa vie de tous les jours, elle ne se passe pas toujours sans embûches ni de bleus à l'âme. Dés lors, notre quotidien restera à jamais entaché de ce vécu d'autrefois bon ou mauvais et qui pourtant va devoir conditionner tous nos gestes, toutes nos approches et surtout les décisions les plus capitales de notre existence.
Nul doute que d'aucuns revendiqueront à qui veut l'entendre une enfance des plus clean, ce qui est très loin d'être toujours vrai car l'enfance, même nourrie de nos plus vertes années, finit toujours par nous rattraper en nous rappelant que tout de même nous sommes tous tombés par terre à force de courir à plein poumons.
Alors, chère Lola rassure toi, ton vécu, ton enfance c'est aussi quelque part la notre même vécue différemment à quelques égards car toutes les fois qu'on se la rappelle il nous vient une grande joie certes mais qui toujours est mêlée quelque peu à de l'appréhension, une sorte d’angoisse au creux du ventre et que notre âge d'adulte ne réussira jamais à dissiper malheureusement... Amicalement. Slim
bluegirl · le lundi 5 novembre 2012 à 19:37
c'est ça avec la grande joie en moins, alors comme tu dis c'est pas si différent.
en tout cas, merci pour le ton encourageant de ton com et ton optimisme. et merci d'être là.
amicalement.
domidom · le lundi 5 novembre 2012 à 21:40
Gros bisous à toi...
Domie...
bluegirl · le lundi 5 novembre 2012 à 23:16
oui, tu sais de quoi tu parles...heureusement que je n'écrirai pas de suite lol.
gros bisous Domie.
Loïc · le mercredi 7 novembre 2012 à 18:06
Je ne sais pas si c'est du vécu ou qu'une fiction brodée sur du vécu ; le détachement par rapport à la soeur et l'antagonisme du père vis-à-vis de l'héroïne -- mais pas de sa soeur -- suggèrent en tous cas une préférence dont l'explication peut être évidente si on remarque l'importance donnée à un lourd "secret".
Enfin, fiction ou réalité, c'est un voyage dans l'esprit troublé de l'enfance cherchant ses repères (s'il y en a) qui ne laisse pas indifférent.
http://www.mespoemes.net/cellox
bluegirl · le mercredi 7 novembre 2012 à 19:10
pour la suite, on est ok, pas besoin !surtout que ça s'assombrit grave à l'adolescence et moi pas envie de tomber dans le pathétisme, lol!
une préférence évidente, ça a commencé comme ça dans la réalité.
ce qui suit avec le recul de quelques dizaines d'années serait discutable suivant l'angle de vu de chacun, mais je suis sencée savoir mieux que quiquonque ce qui m'est arrivé.
et justement avec ce sentiment troublant de manque de repère, j'en suis encore à me demander ce qui m'est arrivé pour avoir autant detesté mes parents.
depuis quelques années, j'ai commencé à mettre des mots face à ce vide sidéral, et puis j'ai eu quelques indices sur la nature du fameux secret. mes recherches s'arrètent là, car inutile de remuer le couteau dans la plaie qui a deja du mal à cicatriser.
là, j'ai une vie stable, et inutile de trop revenir sur les conséquences du manque....on ne peut être qu'atypique quand on s'est "construit seul".
----
http://www.mespoemes.net/bluegirl
salus · le jeudi 6 mars 2014 à 21:36
7éme ligne : "son étentendue"
en dessous : intrue - pour intruse
"ces quelque jours de vacances "où" (accent)
"quel avenir m'attend de recommencer" ça va pas, erreur de syntaxe
A la fin :
"que ce ne sera pas pour tout de suite" (ce NE) sauf intention...
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