Voici la mort du ciel ( Agrippa d'Aubigné )

Voici la mort du ciel en l'effort douloureux
Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux.
Le ciel gémit d'ahan, tous ses nerfs se retirent,
Ses poumons près à près sans relâche respirent.
Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux,
Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux ;
L'âme de tant de fleurs n'est plus épanouie,
Il n'y a plus de vie au principe de vie :
Et, comme un corps humain est tout mort terrassé
Dès que du moindre coup au coeur il est blessé,
Ainsi faut que le monde et meure et se confonde
Dès la moindre blessure au soleil, coeur du monde.
La lune perd l'argent de son teint clair et blanc,
La lune tourne en haut son visage de sang ;
Toute étoile se meurt : les prophètes fidèles
Du destin vont souffrir éclipses éternelles.
Tout se cache de peur : le feu s'enfuit dans l'air,
L'air en l'eau, l'eau en terre ; au funèbre mêler
Tout beau perd sa couleur.
Ce grand poète que fut Théodore Agrippa d'Aubigné mon aïeul
Qui lui noircit la bouche et fait saigner les yeux.
Le ciel gémit d'ahan, tous ses nerfs se retirent,
Ses poumons près à près sans relâche respirent.
Le soleil vêt de noir le bel or de ses feux,
Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux ;
L'âme de tant de fleurs n'est plus épanouie,
Il n'y a plus de vie au principe de vie :
Et, comme un corps humain est tout mort terrassé
Dès que du moindre coup au coeur il est blessé,
Ainsi faut que le monde et meure et se confonde
Dès la moindre blessure au soleil, coeur du monde.
La lune perd l'argent de son teint clair et blanc,
La lune tourne en haut son visage de sang ;
Toute étoile se meurt : les prophètes fidèles
Du destin vont souffrir éclipses éternelles.
Tout se cache de peur : le feu s'enfuit dans l'air,
L'air en l'eau, l'eau en terre ; au funèbre mêler
Tout beau perd sa couleur.
Ce grand poète que fut Théodore Agrippa d'Aubigné mon aïeul
6 commentaires
phantom · le mardi 29 novembre 2011 à 20:37
Vesta · le mardi 29 novembre 2011 à 22:01
domidom · le mercredi 30 novembre 2011 à 11:38
J'aime beaucoup ce vers, (Le bel oeil de ce monde est privé de ses yeux), c'est vrai que tout change, tout bascule, tout se perd et s'abîme au fils du temps...
J'ai vraiment adoré...
Amitiés....Domie...
José · le mercredi 30 novembre 2011 à 16:30
imparfaitlibre · le mercredi 30 novembre 2011 à 23:31
Merci de partager avec nous cette page du passé de ta famille car c'est un vrai bonheur que de la découvrir.
Amitié sincère Thierry et merci encore.---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Agrippa (Thierry Demercastel) · le mercredi 30 novembre 2011 à 23:38
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