Les sages et leur loi

Restez assis messieurs, la douleur passe,
Et l ‘arène, rougie du sang de vos lois,
Aux clameurs aveugles qu’un ciel amasse,
Ouvre son douloureux tombeau à sa proie.
Le vin des estaminets coule dans les gorges,
Le soleil rampe vers son horizon de nuit,
Enveloppant un gémissement qu’on égorge
Dans les poussières ocres d’ignominie.
Savez vous la douleur qui vous transperce ?
Il faut rester debout, sans rien comprendre,
Mettre les genoux à terre, au sang que l’on verse,
Ne plus avoir ici que des pas de cendre.
N’êtes vous pas rassasiés de vieilles souffrances ?
Celle des enfants de Ravensbrück et de Dachau,
De ce même regard perdu qui me dérange,
Qui ne sait pourquoi son inutile fardeau.
Savez vous la douce ivresse de la liberté,
Vous que l’on dit sages et signé la torture,
La bête meurtrie qui se couche à vos pieds
Et le bruit du silence venant comme une injure.
Regardez le visage horrible de la mort,
Celle qui vous hante, vous caresse de son aile noire,
C’est la même, quand votre ombre vient sans remord,
Aux arènes où s’immole le soleil dans le soir.
23/09/12
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Et l ‘arène, rougie du sang de vos lois,
Aux clameurs aveugles qu’un ciel amasse,
Ouvre son douloureux tombeau à sa proie.
Le vin des estaminets coule dans les gorges,
Le soleil rampe vers son horizon de nuit,
Enveloppant un gémissement qu’on égorge
Dans les poussières ocres d’ignominie.
Savez vous la douleur qui vous transperce ?
Il faut rester debout, sans rien comprendre,
Mettre les genoux à terre, au sang que l’on verse,
Ne plus avoir ici que des pas de cendre.
N’êtes vous pas rassasiés de vieilles souffrances ?
Celle des enfants de Ravensbrück et de Dachau,
De ce même regard perdu qui me dérange,
Qui ne sait pourquoi son inutile fardeau.
Savez vous la douce ivresse de la liberté,
Vous que l’on dit sages et signé la torture,
La bête meurtrie qui se couche à vos pieds
Et le bruit du silence venant comme une injure.
Regardez le visage horrible de la mort,
Celle qui vous hante, vous caresse de son aile noire,
C’est la même, quand votre ombre vient sans remord,
Aux arènes où s’immole le soleil dans le soir.
23/09/12
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12 commentaires
Agrippa (Thierry Demercastel) · le dimanche 23 septembre 2012 à 23:27
J’ai tout simplement retrouvé dans le regard du taureau terrassé (voir photo ci-dessus) l’incompréhension terrorisée d’un être vivant face à la cruauté.
Cela dit, j’ai aussi écrit un poème sur les camps de concentration : « L’enfance des supplices ».
http://www.mespoemes.net/cauria
Michel (Signes de Vie) · le lundi 24 septembre 2012 à 11:28
Comme ils doivent être malheureux, les défenseurs des "traditions",
de ne plus avoir de pendaisons publiques sur les places des villages,
des ânes précipités du haut d'un clocher en Espagne, et achevés à coups de bâtons et de pics,
des gladiateurs qui combattent jusqu'à la mort,
des chrétiens jetés aux lions dans les arènes ... !
Tout se perd, tout se perd, braves gens ! Sauf la connerie !
http://www.mespoemes.net/signesdevie
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 24 septembre 2012 à 11:59
worrell02 · le lundi 24 septembre 2012 à 15:40
A mon avis, dès lors qu'il s'agit de dénoncer la souffrance, tout est comparable !
Merci du partage.
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
domidom · le lundi 24 septembre 2012 à 22:09
Comment l'humain peut-il se réjouir d'une telle sauvagerie...
L'homme est avant tout un sanguinaire, de tout temps , il s'est gorgé de bonheur en voyant le sang rougir le sol, ce pauvre animal, le plus souvent drogué, a-il la moindre chance???
Amitiés....
Domie...
claude · le mardi 25 septembre 2012 à 00:23
claude · le mardi 25 septembre 2012 à 00:48
Agrippa (Thierry Demercastel) · le mardi 25 septembre 2012 à 23:23
oliverjane1950 · le lundi 8 octobre 2012 à 20:22
Coco · le dimanche 21 octobre 2012 à 20:43
A part ça, la déchéance humaine se mesure à son taux de sadisme et d'horreur gratuite, se repaît de la jouissance à voir la souffrance de l'autre et de son propre ego démesurément accroché à sa couronne d'imbécilité.
C'est dire si l'humain a régressé au lieu d'évoluer depuis quelques millions d'années.
Quoi ? J'étais calme là pourtant ;)
Becs Thierry
Coco
Agrippa (Thierry Demercastel) · le lundi 22 octobre 2012 à 17:41
http://www.mespoemes.net/cauria
armandstas18 · le jeudi 6 décembre 2012 à 18:08
http://www.mespoemes.net/armandstas18 quelle horreur dans cette double évocation de la corrida et des camps et quelle réussite dans la réalisation poétique!
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