Si j’étais la mort

Si j’étais la mort, au regard qui attend
Dans les salons, les ombres mystérieuses,
Je pourrais t’emporter, et jalousement,
Voir ton visage en nuit lumineuse,
Je pourrais regarder les chevaux mourir,
Leur nasaux d’écume s’avancer vers moi,
Sur leur socle de poussière, sans hennir,
En l’arpège solitaire des grands froids.
Dans la chambre au silence funèbre,
Je regarderais, là, les fleurs s’étioler
Et mes yeux d’arcane, jusqu’au marbre,
Par les larmes ne seraient point voilés.
Dans les pauvres soirs d’hiver, près de la croix,
Quand les cœurs tristes se brisent et pleurent,
Je serais enfoui en moi-même, en joie,
Quand d’autres, Ô douleur, apportent des fleurs.
Je caresserais tes rêves engloutis
Et la mort si froide, aux murs de glace,
Où tu es allé, où tu as fait ton lit,
Sera mienne comme l’aube qui s’efface.
Pour nous, les printemps, en un vaste déclin,
Seront fructueux d’ineffables instants,
Je serai la mort, tu seras ses mains,
Enveloppant le peu de nous pour des ans.
Je verrai la nuit comme un jour sans fin,
Un soleil bas rabattant la lumière,
Sur nos lèvres, nos fronts, l’oubli d’un chagrin,
Et mon sombre habit n’en aura que faire.
**
Dans les salons, les ombres mystérieuses,
Je pourrais t’emporter, et jalousement,
Voir ton visage en nuit lumineuse,
Je pourrais regarder les chevaux mourir,
Leur nasaux d’écume s’avancer vers moi,
Sur leur socle de poussière, sans hennir,
En l’arpège solitaire des grands froids.
Dans la chambre au silence funèbre,
Je regarderais, là, les fleurs s’étioler
Et mes yeux d’arcane, jusqu’au marbre,
Par les larmes ne seraient point voilés.
Dans les pauvres soirs d’hiver, près de la croix,
Quand les cœurs tristes se brisent et pleurent,
Je serais enfoui en moi-même, en joie,
Quand d’autres, Ô douleur, apportent des fleurs.
Je caresserais tes rêves engloutis
Et la mort si froide, aux murs de glace,
Où tu es allé, où tu as fait ton lit,
Sera mienne comme l’aube qui s’efface.
Pour nous, les printemps, en un vaste déclin,
Seront fructueux d’ineffables instants,
Je serai la mort, tu seras ses mains,
Enveloppant le peu de nous pour des ans.
Je verrai la nuit comme un jour sans fin,
Un soleil bas rabattant la lumière,
Sur nos lèvres, nos fronts, l’oubli d’un chagrin,
Et mon sombre habit n’en aura que faire.
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6 commentaires
worrell02 · le lundi 20 mai 2013 à 16:24
Mais une façon originale de voir la mort .
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 20 mai 2013 à 17:02
domidom · le lundi 20 mai 2013 à 21:58
Cette mort froide aux murs de glace donne le frison...
Amitiés, Domie...
armandstas18 · le mardi 21 mai 2013 à 17:23
http://www.mespoemes.net/armandstas18 c'est un poème tragique mais écrit avec fougue et maîtrise on dirait que la mort se confond avec ses sujets ...ou ses "proies"; heureux de te retrouver, cher thierry; amitiés, armand; et ton recueil publié, ça boume?
Loïc · le lundi 10 juin 2013 à 16:17
Etre jaloux de la mort, perspective intéressante : elle est la dernière étape (je ne suis pas croyant, tu le sais) et a le pouvoir de prendre ce que nous voulons garder pour nous. C'est le lent adversaire.
Une note : Si jamais, comme le poème a l'air de l'indiquer, les vers sont dédiés à une femme, alors "où tu es allé" devrait prendre un E.
Amitiés !
http://www.mespoemes.net/cellox
Thierry · le lundi 10 juin 2013 à 21:15
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