La Grotte

Sur les mondes intérieurs.
LA GROTTE
Un jour, un homme a fui le soleil pour la terre,
A trouvé son essence au fusain de ses doigts
Et a peint à la torche et au sang un bestiaire
De fantômes noircis, de monstres et de rois.
A présent, la flamme hante un antre clair-obscur
Dont des danseurs défunts parent les antichambres,
Glacés sous la lueur qui caresse les murs,
Pétrifiés à jamais comme insectes dans l’ambre.
Epées de Damoclès ou décors d’opérette
Surplombant le théâtre figé dans la ronde,
Des pics de pierre et d’eau jettent leurs silhouettes
Vers celles des premiers hommes de l’inframonde.
Et pourtant leur tombeau sera d’une autre époque ;
Poing serré sur l’épieu qui pâlit lentement,
Le chasseur abattra sans relâche un aurochs
Qui blessé mugira dans les échos du temps,
Et les enfants de l’aube étreindront l’éphémère
De cinq doigts trempés d’ocre au milieu de leur rires,
Apposés fièrement près des lions de leurs pères,
Avant de voir ces mains grandir et se flétrir.
* * *
Celui qui dans la grotte a cherché l’espérance,
Et lui a donné corps de ses mains, de sa vie,
Devra mourir de voir disparaître sa lance
Ou pourchasser l’aurochs jusqu’au bout de la nuit.
Mer 8 - Jeu 9 Juillet 2009
LA GROTTE
Un jour, un homme a fui le soleil pour la terre,
A trouvé son essence au fusain de ses doigts
Et a peint à la torche et au sang un bestiaire
De fantômes noircis, de monstres et de rois.
A présent, la flamme hante un antre clair-obscur
Dont des danseurs défunts parent les antichambres,
Glacés sous la lueur qui caresse les murs,
Pétrifiés à jamais comme insectes dans l’ambre.
Epées de Damoclès ou décors d’opérette
Surplombant le théâtre figé dans la ronde,
Des pics de pierre et d’eau jettent leurs silhouettes
Vers celles des premiers hommes de l’inframonde.
Et pourtant leur tombeau sera d’une autre époque ;
Poing serré sur l’épieu qui pâlit lentement,
Le chasseur abattra sans relâche un aurochs
Qui blessé mugira dans les échos du temps,
Et les enfants de l’aube étreindront l’éphémère
De cinq doigts trempés d’ocre au milieu de leur rires,
Apposés fièrement près des lions de leurs pères,
Avant de voir ces mains grandir et se flétrir.
* * *
Celui qui dans la grotte a cherché l’espérance,
Et lui a donné corps de ses mains, de sa vie,
Devra mourir de voir disparaître sa lance
Ou pourchasser l’aurochs jusqu’au bout de la nuit.
Mer 8 - Jeu 9 Juillet 2009
4 commentaires
imparfaitlibre · le dimanche 28 novembre 2010 à 17:39
Il y a des vers de toute beauté qui mélange la mort avec le merveilleux!
j'aime beaucoup le dernier quatrain.
amitiés sincères cher Loïc.
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
oliverjane1950 · le mercredi 8 février 2012 à 10:25
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Loïc · le jeudi 9 février 2012 à 13:15
J'aime bien ton "une goutte d'eau qui, sans elle, l'océan n'aurait de sens" ! On a tous quelque chose à apporter ; si on s'en sent incapable (ou indigne), on ne peut le faire, et si tout le monde s'en sent incapable ou indigne, alors il n'y a pas d'océan du tout, aucune transmission d'expérience et de connaissance.
Amitiés !
oliverjane1950 · le jeudi 9 février 2012 à 21:24
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
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