Les Nefs Pt.I : La Sirène

LES NEFS Pt. I : LA SIRENE
Les nuits suivaient les jours dans des parfums de menthe.
On y rêvait de nefs errant au vent marin ;
L’océan était noir et la vague était lente,
De longs soupirs soufflaient les flambeaux un par un.
Les ancres fendaient l’eau dans ses plus froids remous
Et labouraient le ciel, aurore après aurore ;
Mais la terre était loin, et devant et dessous :
Les nefs glissaient sans bruit sur un drap piqué d’or.
A leur bord déserté s’invitaient les sirènes
Qui parcouraient leurs ponts, sombres spectres lassés
De la mort, ou valsaient en éclatants phalènes
Puis, languies de la mer, ralliaient leurs lits glacés.
Mais voici qu’un hiver, le soleil au plus bas
Attira une ondine essoufflée par la ronde
Sur un pont d’où la belle évadée contempla
L’étoile en équilibre un soir au bord du monde.
Le crépuscule en feu abandonna les ancres
Dans ses yeux où cillait un phare en plein minuit;
Auprès de ses cheveux lacés de noires encres,
L’onyx fuyait le jour, et l’ébène était gris.
Elle porta la main à l’or brun de sa joue
Où se croisaient le sel, le sommeil et les fables
Chanta pour une terre, et devant et dessous
Où brilleraient le ciel, le soleil et les sables.
Et l’étoile hésita au flanc de l’horizon
Puis regagna la voûte à la pointe des nues ;
La carène trembla, le roc brisa le pont :
Un continent jaillit des vallées inconnues.
* * *
Un désir englouti soulève les tréfonds ;
Une graine sur l’eau porte un arbre en puissance ;
Une pensée filante éclaire les saisons
Dès lors qu’un son échappe au monde du silence.
2 – 17 Février 2005
Remanié 30-31 Mars 2010
Les nuits suivaient les jours dans des parfums de menthe.
On y rêvait de nefs errant au vent marin ;
L’océan était noir et la vague était lente,
De longs soupirs soufflaient les flambeaux un par un.
Les ancres fendaient l’eau dans ses plus froids remous
Et labouraient le ciel, aurore après aurore ;
Mais la terre était loin, et devant et dessous :
Les nefs glissaient sans bruit sur un drap piqué d’or.
A leur bord déserté s’invitaient les sirènes
Qui parcouraient leurs ponts, sombres spectres lassés
De la mort, ou valsaient en éclatants phalènes
Puis, languies de la mer, ralliaient leurs lits glacés.
Mais voici qu’un hiver, le soleil au plus bas
Attira une ondine essoufflée par la ronde
Sur un pont d’où la belle évadée contempla
L’étoile en équilibre un soir au bord du monde.
Le crépuscule en feu abandonna les ancres
Dans ses yeux où cillait un phare en plein minuit;
Auprès de ses cheveux lacés de noires encres,
L’onyx fuyait le jour, et l’ébène était gris.
Elle porta la main à l’or brun de sa joue
Où se croisaient le sel, le sommeil et les fables
Chanta pour une terre, et devant et dessous
Où brilleraient le ciel, le soleil et les sables.
Et l’étoile hésita au flanc de l’horizon
Puis regagna la voûte à la pointe des nues ;
La carène trembla, le roc brisa le pont :
Un continent jaillit des vallées inconnues.
* * *
Un désir englouti soulève les tréfonds ;
Une graine sur l’eau porte un arbre en puissance ;
Une pensée filante éclaire les saisons
Dès lors qu’un son échappe au monde du silence.
2 – 17 Février 2005
Remanié 30-31 Mars 2010
10 commentaires
alto · le jeudi 1 avril 2010 à 10:46
la syllabe(ée)"languies de la mer" "essouflée par) Salut!
http://www.mespoemes.net/alto
Loïc · le jeudi 1 avril 2010 à 13:42
Patrice · le jeudi 1 avril 2010 à 14:49
J'aime bcp le troisième vers, tout simple mais qui me rappelle une image de l'océan qui m'a hanté longtemps. La terre loin, et devant et dessous est une belle formule !
Le problème avec la forme classique, c'est qu'elle est tellement stricte, si on cherche à la respecter complètement, qu'elle finit par prendre le dessus sur tout le reste. Pourquoi ne pas l'abandonner ?
Loïc · le mardi 25 mai 2010 à 03:47
domidom · le jeudi 23 décembre 2010 à 11:14
Pas facile d'expliquer par des mots ce que l'on ressent....
J'adore la chute, elle résume ce que l'on ne sait expliquer..
A bientôt...
amercenaire · le vendredi 15 avril 2011 à 22:56
http://www.mespoemes.net/amercenaire
Loïc · le vendredi 13 mai 2011 à 19:38
J'ai fait 3 "Nefs", à différentes étapes de ma vie : un positif, un négatif et un zen. Comme je le disais récemment à Vincent, écrire sincèrement ce qu'on ressent est un excellent indicateur d'état mental.
Amitiés, merci de ton passage !
oliverjane1950 · le mercredi 8 février 2012 à 10:42
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Loïc · le jeudi 9 février 2012 à 13:22
La fin était censée signifier qu'il ne faut pas avoir peur de l'abandon amoureux, et que s'engager corps et âme peut donner de magnifiques résultats. Mot-clé : "peut". Le sujet est ouvert à discussion...
Merci de ton passage !
oliverjane1950 · le jeudi 9 février 2012 à 21:36
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
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