Le Pont Au-Dessus Du Vide

LE PONT AU-DESSUS DU VIDE
C’est en face du pont que je vins prendre place,
Pour me servir un verre au nom des souvenirs
Qui me liaient à l’arche enjambant la mélasse
Des joies et des échecs, passés et à venir.
Mon godet n’était plein que déjà le premier
Amateur d’unité, de sa jambe valide,
Boitait sur l’arc-en-ciel, se penchant pour jeter
Sa ligne au fond du fleuve et son espoir au vide.
Je vis le fil tendu se lier d’amitié
Avec ceux qui bientôt rejoignirent la fête ;
On eût cru que la ville entière s’initiait
A contrôler les flots telle une marionnette !
Je descendais mon verre. Ils remontaient leurs lots
Tantôt immense rien, tantôt petit miracle,
Mais trop souvent trop peu est ce qu’ont les idiots :
Surprise, rien ne plut, et ce fut la débâcle.
L’avare en eut après l’argent de l’invalide,
Laissant tomber du pont un amour d’autrefois
Que l’amoureux faillit imiter, trop avide
Et trop distrait, butant sur la béquille en bois.
Qu’ils relancent l’appât, qu’ils s’entendent enfin
Ou passent les éons à s’écharper sans trêve,
Qu’importe ! Je saisis mon verre à moitié plein
Et le levai bien haut à la santé des rêves.
Samedi 11 Juillet 2009
Remanié 31 Mars 2010
C’est en face du pont que je vins prendre place,
Pour me servir un verre au nom des souvenirs
Qui me liaient à l’arche enjambant la mélasse
Des joies et des échecs, passés et à venir.
Mon godet n’était plein que déjà le premier
Amateur d’unité, de sa jambe valide,
Boitait sur l’arc-en-ciel, se penchant pour jeter
Sa ligne au fond du fleuve et son espoir au vide.
Je vis le fil tendu se lier d’amitié
Avec ceux qui bientôt rejoignirent la fête ;
On eût cru que la ville entière s’initiait
A contrôler les flots telle une marionnette !
Je descendais mon verre. Ils remontaient leurs lots
Tantôt immense rien, tantôt petit miracle,
Mais trop souvent trop peu est ce qu’ont les idiots :
Surprise, rien ne plut, et ce fut la débâcle.
L’avare en eut après l’argent de l’invalide,
Laissant tomber du pont un amour d’autrefois
Que l’amoureux faillit imiter, trop avide
Et trop distrait, butant sur la béquille en bois.
Qu’ils relancent l’appât, qu’ils s’entendent enfin
Ou passent les éons à s’écharper sans trêve,
Qu’importe ! Je saisis mon verre à moitié plein
Et le levai bien haut à la santé des rêves.
Samedi 11 Juillet 2009
Remanié 31 Mars 2010
7 commentaires
alto · le jeudi 1 avril 2010 à 18:02
http://www.mespoemes.net/alto
Loïc · le jeudi 1 avril 2010 à 22:55
Bien entendu, les pêcheurs sont handicapés. Il leur manque à chacun quelque chose qu'ils espèrent sortir du fleuve; leur problème est qu'ils en ont une idée trop précise et qu'ils ne savent pas se contenter de ce que le hasard leur offre.
den hall · le mercredi 26 mai 2010 à 23:09
imparfaitlibre · le mardi 1 mars 2011 à 16:50
Amitiés sincères---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Loïc · le mardi 1 mars 2011 à 16:54
Merci de ton passage !
oliverjane1950 · le jeudi 9 février 2012 à 21:48
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Loïc · le mardi 21 février 2012 à 12:15
J'ai fait quelques poèmes parfaitement classiques, mais de nos jours je fais du presque-classique, comme je dis toujours. Je connais toutes les nombreuses règles, mais il y en a trois, infimes, que je ne respecte plus. Par contre, celle que j'ai enfreinte ici (le nombre) fait partie des plus importantes que je n'enfreins plus. Le classique, c'est comme le sudoku : on se casse la tête, mais avec plaisir.
Amtiés !
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