The White Walls (Les Murs Blancs)
Comme je n'arrivais décidément pas à faire un poème libre en français et que je suis en train de relire Dylan Thomas (poète gallois), je suis passé par l'anglais pour l'écrire. Malheureusement la traduction qui suit rend très mal, comme il se doit, les rimes, les sons, le rythme d'origine et les doubles sens.
Les bilingues apprécieront (ou pas, d'ailleurs.).
THE WHITE WALLS
There is no illusion like that of certainty
No greater lies than love or water in the sea
There on the island, the barren cities kneel
Waist-high white walls – I feel
Each and every dream carved off a rock is blind
As mills grinding the wind; a bare few stones, I find
The ivory towers trampled by elephants
Years by hours
And hours by seconds
The death warrants signed black
When the sudden full stop of the quill stabbed my back
And yours
By a tree and a door that opens to no room
I see you waiting, unchanged and free
And uprooted from the light
Wrapped in a silent mind woven by the tricks of the loom
You long to feel the humming sea
– If senses left are senses right
You might believe that you can hear
The blue sand sea rolling onto white liquid shores
Where dream-white walls await the crashing of the crest
And blood roses fight off the disease of the salt
The last robin flowers that sing from a red breast
And crawl up the chalk to the clouds.
LES MURS BLANCS
Il n’y a de pire illusion que celle de la certitude
De plus grands mensonges que l’amour ou que l’eau dans la mer
Ici sur l’île, les cités arides s’agenouillent
Murs blancs à hauteur de taille – je sens
Que le moindre rêve sculpté de roc est aveugle
Ainsi que les moulins qui écrasent (*) le vent ; réduites à quelques pierres, je trouve
Les tours d’ivoire renversées (**) par les éléphants
Les années par les heures
Et les heures par les secondes
Les arrêts de mort signés de noir
Lorsque le soudain point final de la plume a transpercé mon dos
Et le tien
Près d’un arbre et d’une porte qui ne s’ouvre sur aucune pièce
Je te vois qui attends, inchangée et libre
Et déracinée de la lumière
Enveloppée d’un esprit silencieux tissé par les artifices du métier (***)
Tu voudrais de nouveau sentir la mer fredonnante
-- Si les sens qui te restent sont les sens qui comptent,
Il se pourrait que tu croies entendre
La mer de sable bleu roulant sur de blanches plages liquides
Où des murs blancs comme les rêves attendent la retombée de la crête
Et où des roses de sang repoussent la maladie du sel
Les dernières fleurs rouges-gorges qui chantent d’un sein rouge (****)
Et gravissent la chaux jusqu’aux nuages.
Samedi 1er Mai 2010
* : ou « moulent » (du verbe moudre)
** : « foulées aux pieds », en fait
*** : « loom » a souvent le sens mystique du « métier à tisser du destin »
**** : pas de répétition dans la version anglaise. Les " robin roses " sont par ailleurs
une variété réelle de roses.
Les bilingues apprécieront (ou pas, d'ailleurs.).
THE WHITE WALLS
There is no illusion like that of certainty
No greater lies than love or water in the sea
There on the island, the barren cities kneel
Waist-high white walls – I feel
Each and every dream carved off a rock is blind
As mills grinding the wind; a bare few stones, I find
The ivory towers trampled by elephants
Years by hours
And hours by seconds
The death warrants signed black
When the sudden full stop of the quill stabbed my back
And yours
By a tree and a door that opens to no room
I see you waiting, unchanged and free
And uprooted from the light
Wrapped in a silent mind woven by the tricks of the loom
You long to feel the humming sea
– If senses left are senses right
You might believe that you can hear
The blue sand sea rolling onto white liquid shores
Where dream-white walls await the crashing of the crest
And blood roses fight off the disease of the salt
The last robin flowers that sing from a red breast
And crawl up the chalk to the clouds.
LES MURS BLANCS
Il n’y a de pire illusion que celle de la certitude
De plus grands mensonges que l’amour ou que l’eau dans la mer
Ici sur l’île, les cités arides s’agenouillent
Murs blancs à hauteur de taille – je sens
Que le moindre rêve sculpté de roc est aveugle
Ainsi que les moulins qui écrasent (*) le vent ; réduites à quelques pierres, je trouve
Les tours d’ivoire renversées (**) par les éléphants
Les années par les heures
Et les heures par les secondes
Les arrêts de mort signés de noir
Lorsque le soudain point final de la plume a transpercé mon dos
Et le tien
Près d’un arbre et d’une porte qui ne s’ouvre sur aucune pièce
Je te vois qui attends, inchangée et libre
Et déracinée de la lumière
Enveloppée d’un esprit silencieux tissé par les artifices du métier (***)
Tu voudrais de nouveau sentir la mer fredonnante
-- Si les sens qui te restent sont les sens qui comptent,
Il se pourrait que tu croies entendre
La mer de sable bleu roulant sur de blanches plages liquides
Où des murs blancs comme les rêves attendent la retombée de la crête
Et où des roses de sang repoussent la maladie du sel
Les dernières fleurs rouges-gorges qui chantent d’un sein rouge (****)
Et gravissent la chaux jusqu’aux nuages.
Samedi 1er Mai 2010
* : ou « moulent » (du verbe moudre)
** : « foulées aux pieds », en fait
*** : « loom » a souvent le sens mystique du « métier à tisser du destin »
**** : pas de répétition dans la version anglaise. Les " robin roses " sont par ailleurs
une variété réelle de roses.
12 commentaires
alto · le dimanche 2 mai 2010 à 08:57
http://www.mespoemes.net/alto
worrell02 · le dimanche 2 mai 2010 à 23:08
La traduction n'est pas si mal! J'ai vu bien pire!Parole de Britannique! Smiles!
Amitiés
http://www.mespoemes.net/worrell02
Loïc · le lundi 3 mai 2010 à 03:31
http://www.mespoemes.net/cellox
http://www.mespoemes.net/cellox2
Ivy · le lundi 3 mai 2010 à 23:07
Amitiés
Loïc · le mardi 4 mai 2010 à 01:52
worrell02 · le mardi 4 mai 2010 à 16:57
I well appreciate your sense of humour with that little Brittish touch
Je ne suis pas experte en syntaxe anglaise, loin de là Mais tu as tout à fait raison pour l'octosyllabe et le rythme. A ta place je laisserais tel.
If you try to get everything RIGHT, there'll be nothing LEFT of the original! Sourires!
Amitiés
http://www.mespoemes.net/worrell02
liberty47 · le mercredi 5 mai 2010 à 18:26
----
http://www.mespoemes.net/liberty47
bluegirl · le jeudi 27 juin 2013 à 07:09
Seul "détail", je peux pas deviner ton état d'esprit quand tu as écris ces lignes percutantes, et oui le mot "mur" passe bien aussi en poésie en tout cas!...
Amitiés.
Loïc · le jeudi 27 juin 2013 à 18:39
Bises Lola !
bluegirl · le samedi 29 juin 2013 à 13:21
"un des derniers textes", dis tu...soit, la deception amoureuse ne fait-elle pas écho à un manque de lucidité, comme un mur imperturbable devant lequel s'écoule tant de peines? L'état amoureux à lui seul, ne renvoit-il pas à cette incapacité à être au clair?
Hum, si la lucidité était un antidote à l'état amoureux, ça se saurait, mais c'est en fait un peu plus compliqué que ça...
Bref, tout s'imbrique dans ton poème, mais les "robin roses" qui gravissent jusqu'au nuages, est un détail du coup très symbolique, car pour s'élever juqu'au ciel, on ne choisit pas forcément une chose enracinée...(bien trouvé!)
Enfin, j'ai pas oublié que l'original est en anglais, et qu'il y a un monde de perceptions innaccessibles pour celui qui ne le parle pas, ou peu.
Tiens j'y pense, il faudrait que tu fasses pousser des roses rouge dans ton jardin, pour voir...jusqu'où elles grimperaient!... : )
Bises Loïc!
Loïc · le dimanche 30 juin 2013 à 13:42
Quant à l'incapacité d'être au clair : refuser de voir les choses en face sous-entend qu'on *sait*, mais qu'on choisit de ne pas le reconnaître. C'est de ça qu'on parle quand on parle d'illusion ; parce que quand on est déçu simplement parce qu'on n'avait pas toutes les infos en main avant, ce n'est pas vraiment une question d'illusion ; on n'est pas extra-lucides !
Quant aux roses, j'aime bien la symbolique des plantes poussant vers le soleil, et peut-être que là-dedans le mur-obstacle n'était pas destiné à être franchi mais simplement, à terme, à être dépassé en taille pour voir ce qu'il y a de l'autre côté.
Des roses dans mon jardin, j'y compte bien, et c'est déjà le cas dans ma cour actuelle ! En déménageant, je vais abandonner en déménageant un rosier rouge qui faisait 30 cm quand je l'ai planté il y a 2 ans et fait maintenant 2 mètres. Et il pousse devant un mur blanc...
Bises Lola !
bluegirl · le dimanche 7 juillet 2013 à 01:59
Bé dis donc, un rosier de 2 mètres,
c'est pas un rosier parisien ça!...
il a du en absorber du soleil pour pousser pareillement! Et puis même si on n'est pas extra lucide, il y a parfois de (belles) coïncidences, à moins que tu as juste gardé ce cliché de roses rouges devant un mur blanc dans un coin de ta tête, depuis 2010...hum, ça m'étonnerait pas.
Pour la symbolique des plantes poussant vers le soleil, voir s'ouvrant et se refermant en suivant la courbe du jour, c'est vraiment superbe!
Bonnes floraisons.
*
Bises.
http://www.mespoemes.net/bluegirl
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