Un Instant De Silence

UN INSTANT DE SILENCE
Le fracas des trottoirs s’accroche à nos volets.
J’écrase le réveil – trop tard, les jeux sont faits :
Le portable vrombit de fureur contenue
Et comment échapper aux chœurs de l’avenue ?
Les habitants des lits s’éveillent à l’aurore ;
Au chant pur des livreurs une nuit s’évapore ;
Seule une tête brune étire le matin,
Noyée dans l’oreiller qui caresse le mien.
Ses cheveux en bataille, aux marges du conflit,
Protègent deux tympans contre leur ennemi.
Quelques accords de chambre la bercent peut-être ;
J’espère que c’est moi qui dirige l’orchestre…
Un cil a tressailli, furtif, dans la lumière :
C’est elle qui sans doute épiait la première,
En maîtresse d’un dé qui roule à tous les jeux ;
Je souffle sur son front pour qu’elle ouvre les yeux.
Elle approche et s’enfuit, se cache et se dévoile,
Je pars et je reviens au gré de mon étoile ;
La musique a péri sous les pas d’un ballet,
Une esquive à deux temps sur le fil d’un reflet.
Exit les décibels, les cris et les chahuts,
Frivolités, serments, rages et mots perdus :
Place au flot de l’instant qui baptise un navire,
Au feu des doigts qui peint et dilue un empire.
Un bouton de soleil tremble sur un cheveu,
Et moi, moi je regarde – et je voyage un peu ;
Franchir le mur du son n’est plus une science ;
Il ne faut rien de plus qu'un instant de silence.
26 Octobre - 28 Novembre 2003
Remanié 26 Avril 2010
Le fracas des trottoirs s’accroche à nos volets.
J’écrase le réveil – trop tard, les jeux sont faits :
Le portable vrombit de fureur contenue
Et comment échapper aux chœurs de l’avenue ?
Les habitants des lits s’éveillent à l’aurore ;
Au chant pur des livreurs une nuit s’évapore ;
Seule une tête brune étire le matin,
Noyée dans l’oreiller qui caresse le mien.
Ses cheveux en bataille, aux marges du conflit,
Protègent deux tympans contre leur ennemi.
Quelques accords de chambre la bercent peut-être ;
J’espère que c’est moi qui dirige l’orchestre…
Un cil a tressailli, furtif, dans la lumière :
C’est elle qui sans doute épiait la première,
En maîtresse d’un dé qui roule à tous les jeux ;
Je souffle sur son front pour qu’elle ouvre les yeux.
Elle approche et s’enfuit, se cache et se dévoile,
Je pars et je reviens au gré de mon étoile ;
La musique a péri sous les pas d’un ballet,
Une esquive à deux temps sur le fil d’un reflet.
Exit les décibels, les cris et les chahuts,
Frivolités, serments, rages et mots perdus :
Place au flot de l’instant qui baptise un navire,
Au feu des doigts qui peint et dilue un empire.
Un bouton de soleil tremble sur un cheveu,
Et moi, moi je regarde – et je voyage un peu ;
Franchir le mur du son n’est plus une science ;
Il ne faut rien de plus qu'un instant de silence.
26 Octobre - 28 Novembre 2003
Remanié 26 Avril 2010
17 commentaires
alto · le lundi 26 avril 2010 à 17:38
Salut !
http://www.mespoemes.net/alto
Loïc · le lundi 26 avril 2010 à 19:51
Merci pour "qui-embrasse". Pas vu...
"Etre-orchestre": je me suis creusé la tête sans trouver de solution. Je vais laisser reposer.
Vers 11: débordement de césure... Je sais... On verra si je suis assez motivé pour démolir le vers en gardant "accords de chambre"...
Merci Alto!
dagolaborel · le mardi 27 avril 2010 à 07:57
http://www.mespoemes.net/dagolaborel
jardinderimes · le mercredi 28 avril 2010 à 16:46
http://www.mespoemes.net/jardinderimes
Excellent !!!
Monsieur Jean est un ancien instit, nostalgique des corrections... Mais tant qu'il ne donne pas la fessée, ça passe !
denhall · le mardi 18 mai 2010 à 10:29
http://www.mespoemes.net/denhall
rocky · le samedi 17 juillet 2010 à 20:43
ca m'a fait rever, bravo!
http://www.mespoemes.net/rocky
Amande · le samedi 15 janvier 2011 à 03:14
A bientôt Amande
Loïc · le samedi 15 janvier 2011 à 15:57
bluegirl · le lundi 31 octobre 2011 à 22:05
j'ai lu quelques uns de tes poemes,
pour certains, je me perds dans les méthaphores, c'est troublant comme je m'y égare...même si je m'y retrouve...
.... plus facile pour moi de commenter celui-ci, j'aime la sensualité qui s'en dégage, l'intimité de l'instant auprès de l'être aimé, c'est joliment doux et léger ce silence que tu évoques.
j'aimerais avoir de belles choses a écrire moi aussi, mais les bons souvenirs m'ont fuis.
reste le rève, l'humanité,
...ma sincère amitié.
a bientot, lola
Loïc · le mardi 1 novembre 2011 à 03:23
Quant à ce poème (infiniment plus "peuple" à la Renaud dans sa version d'origine), il est un de mes rares poèmes "hors du moment" : à la fois une réminiscence du passé et ce que je projetais sur une fille dont j'étais amoureux fou au moment de la composition.
Quant à avoir de belles choses à écrire... tu peux si tu veux, car comme tout le monde, tu as de belles choses à conter. Le tout est d'en ressentir le besoin au-delà de la catharsis des choses négatives... J'ai largement connu ce problème.
Amitiés Lola !
bluegirl · le mardi 1 novembre 2011 à 13:09
je reviendrais commenter la rose de verre, les aubes d'argent, a l'heure ou pas ...quand je serai moins dispersée, car justement tes belles métaphores me plongent dans une méditation innaccessible a mes mots, je crains de ternir tes magnifiques tableaux.
...
dans ma recherche d'un équilibre spirituel, je ressens très fort le besoin de poser du répis a ma noirceur, mais pour le moment il n'intervient qu'en pales touches dans ma poésie...
au plaisir de te lire bientôt, Loic
Loïc · le mardi 1 novembre 2011 à 15:43
En tous cas, tu peux t'aider de ce que je révèle en coms avant de faire le tien sur tel ou tel poème. Ou pas ; certains préfèrent dire directement ce qu'ils ont ressenti, avant que ce soit pollué par ce qu'ils pourraient lire dans les coms des autres ou les réponses de l'auteur. Mais en tous cas, non, tu ne terniras rien : une présence humaine chaleureuse ne saurait être négative.
Quant à espérer un répit dans la noirceur, c'est bien, si le déséquilibre penche en faveur du noir ; mais il est aussi important de savoir entretenir la noirceur pour se rappeler qu'elle existe, au lieu de la laisser libre d'échafauder ses plans sans surveillance. J'ai fait un poème sur le sujet : "Le Visage Dans L'Ombre". On ne doit pas aimer la noirceur, mais on doit la respecter.
Quant à tes "pâles touches" de lumière, j'espère que tu verras ça non comme un crépuscule, mais comme une aube.
Amitiés Lola
bluegirl · le mardi 1 novembre 2011 à 16:23
j'adore ta nuance entre le crépuscule et l'aube, merci.
j'irai lire le visage dans l'ombre,
tu iras lire mon dernier poème,
...c'est sympa.
n'hésite pas a me faire remarquer quand je ne réagis pas a tes commentaires si tu aimerais que je le fasse.
merci d'être la, a bientôt.
lola
Loïc · le mercredi 2 novembre 2011 à 04:29
Il m'est arrivé d'avoir des conversations à deux totalisant 10 coms ou plus, mais ce n'est absolument pas obligé une fois qu'on a dit tout ce qu'on a à dire ! Même si une question a été posée en attendant visiblement une réponse, personne ne prend pour acquis qu'un commentateur revient là où il est déjà passé. Alors si la question reste sans réponse, on peut la reposer directement sur le compte de l'interlocuteur, mais autrement ce n'est pas la fin du monde.
Amitiés Lola, merci de ton dynamisme rare !
bluegirl · le mercredi 2 novembre 2011 à 16:47
Il m est arrive avec une personne d insister pour avoir une reponse, je l ai pas eu, elle n a pas compris l importance que ca avait pour moi, et le monde continue de tourner...ca tombe bien!
Ce que je t evoquais c est plutot en rapport avec une ommission involontaire de ma part car desfois mon esprit se disperse et je fais des gaffes, rien de grave je crois.
Le boulot m aide bien a me recentrer, et puis je suis pas savante, mais j aurais aime...c est loupe avec ma confusion mais tant pis.
Apres je voulais juste te faire remarquer que les choses qui vont de soit peuvent etre communes si elles se rattachent a des valeurs universelles, sinon c est chacun son feeling.
Et pour ce qui est des conversations, et bien avec une messagerie dans le site ca peut etre bien, mais comme tu me le faisais remarquer au debut, on se fait a tout et moi j aime bien les echanges alors je m y fait d ecrire dans les commentaires des poemes.
Voili voilou, alors bisous. O:-)
melifica · le mardi 19 juin 2012 à 08:57
Ce poème apaisé n'a pas la spontanéité du l'original qui lance dans l'escalier les pièces de la société. Dans l'un la maison vit et l'escalier en est la bouche l'estomac et aussi l'intestin ou peut être le mille pattes , dans l'autre une forme apaisée de l'oeil du cyclone mais il faut avoir lu le premier pour apprécier le second dans toute sa finesse. Un poème est le fruit du ressenti de celui qui l'écrit. J'apprendrais donc chez vous les codes de René Thimonier,merci.
Loïc · le mardi 19 juin 2012 à 11:49
Mes amitiés
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