Au bord du temps

Au bord du temps
Guetter au bord du temps le flot des souvenirs
Revoir le grand soleil des jours de mon enfance
quand les arbres dansaient en noir, ombres chinoises
sur le mur de ma chambre à l'heure de la sieste.
Sentir brûler ma peau comme aux anciens étés
quand aux jours de battage en la cour de la ferme
pleins de poussier de blé ma mère nous lavait
à l'ombre du tilleul, dans le vieux tub de zinc.
Figuier que mon aimée sauva d'un autre monde
je cueille tes fruits murs et j'ai leur goût en bouche
ils sont doux et sucrés comme il y a cinquante ans
dans un jardin peuplé de souriants fantômes.
Mais de nos coeurs secrets, je ne peux en parler
car nous sommes assis sur le bord d'un ruisseau
qui porte nos enfants et nos petits-enfants
et coule encore et fuit vers un futur étrange ...
De la force de vie, du sommeil, qui l'emporte ?
parfois, c'est vrai, la fleur, le papillon, nous parlent
parfois le bruit du vent nous mène aux antipodes
le ciel s'entrouvre alors et la lune sourit.
Et nous vivons tous deux, instant après instant
calmes, main dans la main dans le soleil qui tombe
même si nos deux corps ont perdu leur souplesse
jusqu'au jour où, pour nous, s'abolira le temps.
Glissant au fil des jours comme fait le nuage
qui croit voyager loin quand il est traversé
par le triangle impérieux des oies sauvages
pour se dissoudre enfin dans la douceur du crépuscule.
Guetter au bord du temps le flot des souvenirs
Revoir le grand soleil des jours de mon enfance
quand les arbres dansaient en noir, ombres chinoises
sur le mur de ma chambre à l'heure de la sieste.
Sentir brûler ma peau comme aux anciens étés
quand aux jours de battage en la cour de la ferme
pleins de poussier de blé ma mère nous lavait
à l'ombre du tilleul, dans le vieux tub de zinc.
Figuier que mon aimée sauva d'un autre monde
je cueille tes fruits murs et j'ai leur goût en bouche
ils sont doux et sucrés comme il y a cinquante ans
dans un jardin peuplé de souriants fantômes.
Mais de nos coeurs secrets, je ne peux en parler
car nous sommes assis sur le bord d'un ruisseau
qui porte nos enfants et nos petits-enfants
et coule encore et fuit vers un futur étrange ...
De la force de vie, du sommeil, qui l'emporte ?
parfois, c'est vrai, la fleur, le papillon, nous parlent
parfois le bruit du vent nous mène aux antipodes
le ciel s'entrouvre alors et la lune sourit.
Et nous vivons tous deux, instant après instant
calmes, main dans la main dans le soleil qui tombe
même si nos deux corps ont perdu leur souplesse
jusqu'au jour où, pour nous, s'abolira le temps.
Glissant au fil des jours comme fait le nuage
qui croit voyager loin quand il est traversé
par le triangle impérieux des oies sauvages
pour se dissoudre enfin dans la douceur du crépuscule.
11 commentaires
worrell02 · le lundi 13 septembre 2010 à 22:33
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
imparfaitlibre · le lundi 13 septembre 2010 à 23:00
Retour en arrière avec des images qui me rappelle aussi mon enfance.
Beau partage, merci
amitiés
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Loïc · le lundi 13 septembre 2010 à 23:34
Juste une chose : il y a si peu d'entorses au décompte des alexandrins (ce n'est pas de la rime que je parle) que lorsqu'elles adviennent on ne sait pas si c'est voulu ou non. Peut-être une forme totalement libre aurait-elle mieux convenu ? pour aller avec le vol des oies sauvages...
Amitiés
----
http://www.mespoemes.net/cellox
dagolaborel · le mardi 14 septembre 2010 à 07:28
http://www.mespoemes.net/dagolaborel
alto · le mardi 14 septembre 2010 à 08:52
sont pas délibérément recherchés!Ce serait injurieux de le reprocher !C'est le rythme
Dago:(qui me déroute!) tempétueux !mais
pas intempestif...de la nostalgie...? envahissante ...?et tenace !Salut !
http://www.mespoemes.net/alto
amapoesia · le mardi 14 septembre 2010 à 10:43
José · le mardi 14 septembre 2010 à 17:58
dagolaborel · le mardi 14 septembre 2010 à 22:18
http://www.mespoemes.net/dagolaborel
alto · le mercredi 15 septembre 2010 à 09:37
tous les autres le sont devenus ! Salut !
http://www.mespoemes.net/alto
tourbillon · le mercredi 13 octobre 2010 à 20:38
http://www.mespoemes.net/pastaga
Vos poèmes me touchent profondément.On aimerait les lire et les relire à haute voix, tellement ils ont l'air de couler de source, frais, légers, fluides...Bien cordialement,
tourbillon
alain · le lundi 25 octobre 2010 à 23:22
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