PREMIER AMOUR "Le retour aux sources"
L’air est calme, le temps est beau. Tout semble se reposer, se stabiliser. Le moment me paraît propice pour écrire quelque chose sur les plus beaux moments de ma vie, les époques que l’on ne rencontre qu’une seule fois. Les plus beaux ornements de mon existence. Aujourd’hui, des ornements, je n’en ai plus besoin. Seul le Savoir m’attire, je ne rêve plus que de ce joyau. Et les seuls ornements, les seules parures qui ont traversé mon histoire tels des éclairs transperçant le ciel par une nuit orageuse, ces perles, je voudrai à jamais les immortaliser afin qu’à défaut de rester inscrites seulement dans ma mémoire, qu’elles restent aussi graver sur un bout de papier, pour toujours, pour toujours… Pour toute l’éternelle l’éternité.
Nous nous trouvions en plein dans le mois de Mars. Je m’étais enfui de Bafoussam, loin de ma marâtre et de mon bourreau de tuteur, afin de me réfugier à Douala où se trouvait mes grandes-sœurs qui habitaient seules la maison familiale depuis la séparation de mes parents. Dès mon arrivée dans la capitale économique, j’étais allé rendre visite à l’instituteur qui m’avait tenu lors de ma dernière année dans cette ville; je faisais alors le C.E.2 à l’époque. Mais avant, par ma sœur aînée, j’avais appris qu’il n’était plus simple instituteur, mais Directeur du moule qui avait guidé mes premiers pas dans le château de Charlemagne.
A 15h exactement, je me trouvais devant les murs de l’école St Luc à New-Bell, un des quartiers populaires et populeux que seul sait fabriquée l’Afrique. J’entrai et me dirigeai à la direction. Le Directeur était là ; et c’était lui. C’était bel et bien Monsieur Moukala, un de ces rares instituteurs qu’on oublie difficilement sinon jamais. Je le trouvai enfoui dans la paperasse.
-Bonjour M’sieur.
Je dus crier pour me faire entendre. Il leva la tête, me considéra pendant un bref instant avant de s’écrier.
-Boyoum, mon petit Boyoum, viens ici. Viens, viens dans mes bras.
Je me jetai sans enthousiasme majeur sur son énorme poitrine et il me serra chaleureusement contre lui pendant quelques secondes. Physiquement, il n’avait pas beaucoup changé, il était toujours aussi costaud grand de taille et costaud, il aurait fait un bon nègre à l’époque ; un véritable géant. On aurait dit que c’était lui qui avait joué le rôle de Goliath dans une de ses vies antérieures. Et péniblement, mes pensées me renvoyèrent l’image de ce gamin que j’étais au cours élémentaire, fessé à longueur de journée, le matin parce que je n’avais pas pu résoudre en entier un problème de mathématiques et le soir parce que j’avais oublié un mot de la leçon apprise la veille. Je crois avec du recul qu’il aurait pu faire un bon négrier. Il était taillé pour car pour nous ses élèves, c’était le diable en personne. A son accoutrement, nous reconnaissions ses humeurs. Du complet jeans qui nous faisais savoir que nous devions nous tenir à carreau - d’ailleurs peu importait qu’on fût sage ou pas ce jour, on passait tous à la casserole – au complet kaki qui nous faisons savoir que notre maître était de bonne humeur, plusieurs autres combinaisons passaient qui nous laissaient entrevoir l’humeur de notre maître. Et comble de malheur pour nous, il était très souvent en complet jeans.
-Alors mon petit, où te trouves-tu actuellement ?
Au son de sa voix presque paternelle mais toujours aussi grave, je ne pus m’empêcher de laisser transparaître un mince sourire. C’était bien loin le passé.
-A Bafoussam.
-Quelle classe fais-tu actuellement ?
-La troisième.
-C’est pas vrai !
Il avait raison de douter. En cinq ans, je devais logiquement me retrouver en classe de quatrième. Mais seulement, j’avais sauté une classe, le C.M.1. A Bafoussam, mon instituteur avait trouvé mon niveau au dessus de la classe et un matin d’Octobre, il m’avait demandé de prendre mes affaires et d’aller en classe supérieure. J’avais donc débouché au C.M.2 avec mes livres et mes cahiers du C.M.1. Et c’est pour cette raison que jamais je n’arriverai à oublier Monsieur Moukala. Car cette prouesse était en grande partie son œuvre. Et dire que rien ne pouvait égaler ma joie lorsque cinq ans auparavant je quittai Douala. Car, Monsieur Moukala avait décidé de continuer en classe supérieure avec ses « enfants » en classe supérieure.
-Cà l’est pourtant M’sieur, je fais la troisième.
Là, il m’étreignit encore.
-Attends que je finisse çà, je vais aller te présenter aux autres élèves.
Il m’indiqua un siège en face de lui, je m’assis et attendis. Son travail fini, il se leva et m’invita à en faire de même. Nous sortîmes du bureau et traversâmes sur le sens de la longueur la petite cour de l’école avant de pénétrer dans une salle de classe qui visiblement se trouvait être toujours le C.M.2. Tous les élèves s’étaient levés dès que nous avions franchis le seuil de leur salle de classe. Monsieur Moukala se dirigea vers le maître, le salua avant de prendre la parole.
Nous nous trouvions en plein dans le mois de Mars. Je m’étais enfui de Bafoussam, loin de ma marâtre et de mon bourreau de tuteur, afin de me réfugier à Douala où se trouvait mes grandes-sœurs qui habitaient seules la maison familiale depuis la séparation de mes parents. Dès mon arrivée dans la capitale économique, j’étais allé rendre visite à l’instituteur qui m’avait tenu lors de ma dernière année dans cette ville; je faisais alors le C.E.2 à l’époque. Mais avant, par ma sœur aînée, j’avais appris qu’il n’était plus simple instituteur, mais Directeur du moule qui avait guidé mes premiers pas dans le château de Charlemagne.
A 15h exactement, je me trouvais devant les murs de l’école St Luc à New-Bell, un des quartiers populaires et populeux que seul sait fabriquée l’Afrique. J’entrai et me dirigeai à la direction. Le Directeur était là ; et c’était lui. C’était bel et bien Monsieur Moukala, un de ces rares instituteurs qu’on oublie difficilement sinon jamais. Je le trouvai enfoui dans la paperasse.
-Bonjour M’sieur.
Je dus crier pour me faire entendre. Il leva la tête, me considéra pendant un bref instant avant de s’écrier.
-Boyoum, mon petit Boyoum, viens ici. Viens, viens dans mes bras.
Je me jetai sans enthousiasme majeur sur son énorme poitrine et il me serra chaleureusement contre lui pendant quelques secondes. Physiquement, il n’avait pas beaucoup changé, il était toujours aussi costaud grand de taille et costaud, il aurait fait un bon nègre à l’époque ; un véritable géant. On aurait dit que c’était lui qui avait joué le rôle de Goliath dans une de ses vies antérieures. Et péniblement, mes pensées me renvoyèrent l’image de ce gamin que j’étais au cours élémentaire, fessé à longueur de journée, le matin parce que je n’avais pas pu résoudre en entier un problème de mathématiques et le soir parce que j’avais oublié un mot de la leçon apprise la veille. Je crois avec du recul qu’il aurait pu faire un bon négrier. Il était taillé pour car pour nous ses élèves, c’était le diable en personne. A son accoutrement, nous reconnaissions ses humeurs. Du complet jeans qui nous faisais savoir que nous devions nous tenir à carreau - d’ailleurs peu importait qu’on fût sage ou pas ce jour, on passait tous à la casserole – au complet kaki qui nous faisons savoir que notre maître était de bonne humeur, plusieurs autres combinaisons passaient qui nous laissaient entrevoir l’humeur de notre maître. Et comble de malheur pour nous, il était très souvent en complet jeans.
-Alors mon petit, où te trouves-tu actuellement ?
Au son de sa voix presque paternelle mais toujours aussi grave, je ne pus m’empêcher de laisser transparaître un mince sourire. C’était bien loin le passé.
-A Bafoussam.
-Quelle classe fais-tu actuellement ?
-La troisième.
-C’est pas vrai !
Il avait raison de douter. En cinq ans, je devais logiquement me retrouver en classe de quatrième. Mais seulement, j’avais sauté une classe, le C.M.1. A Bafoussam, mon instituteur avait trouvé mon niveau au dessus de la classe et un matin d’Octobre, il m’avait demandé de prendre mes affaires et d’aller en classe supérieure. J’avais donc débouché au C.M.2 avec mes livres et mes cahiers du C.M.1. Et c’est pour cette raison que jamais je n’arriverai à oublier Monsieur Moukala. Car cette prouesse était en grande partie son œuvre. Et dire que rien ne pouvait égaler ma joie lorsque cinq ans auparavant je quittai Douala. Car, Monsieur Moukala avait décidé de continuer en classe supérieure avec ses « enfants » en classe supérieure.
-Cà l’est pourtant M’sieur, je fais la troisième.
Là, il m’étreignit encore.
-Attends que je finisse çà, je vais aller te présenter aux autres élèves.
Il m’indiqua un siège en face de lui, je m’assis et attendis. Son travail fini, il se leva et m’invita à en faire de même. Nous sortîmes du bureau et traversâmes sur le sens de la longueur la petite cour de l’école avant de pénétrer dans une salle de classe qui visiblement se trouvait être toujours le C.M.2. Tous les élèves s’étaient levés dès que nous avions franchis le seuil de leur salle de classe. Monsieur Moukala se dirigea vers le maître, le salua avant de prendre la parole.
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1 commentaire
Ivy · le vendredi 28 mars 2014 à 14:04
Je repasserai les lire tranquillement.
Amitiés
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http://www.mespoemes.net/worrell02
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