Ce Triste Don Que Je N'ai Plus

Mais où donc suis-je entre les lignes
Entrelacées du vieux recueil
Que j’ai écrit taillant sa vigne
De coups de sang gonflés de deuil ?
Où suis-je dans cette mémoire,
Aux alcôves de ces feuillets
Où j’avais cru de mon histoire
Avoir biné bien des allées ?
Je me cherche, ne vois personne,
Celui qui jardinait n’est plus,
Au creux des vers rien ne bourgeonne
Qu’un art falot et révolu.
L’ancienne terre se désole
Sous l’aquilon en grand chahut,
Rendue au sort des herbes folles
D'un triste don que je n’ai plus.
Entrelacées du vieux recueil
Que j’ai écrit taillant sa vigne
De coups de sang gonflés de deuil ?
Où suis-je dans cette mémoire,
Aux alcôves de ces feuillets
Où j’avais cru de mon histoire
Avoir biné bien des allées ?
Je me cherche, ne vois personne,
Celui qui jardinait n’est plus,
Au creux des vers rien ne bourgeonne
Qu’un art falot et révolu.
L’ancienne terre se désole
Sous l’aquilon en grand chahut,
Rendue au sort des herbes folles
D'un triste don que je n’ai plus.
10 commentaires
imparfait · le samedi 17 octobre 2015 à 10:59
Cette terre attend que le poète que tu es vienne y déposer les vers qui feront qu'elle ne sera jamais complètement en friche!
Ta plume la retourne, ton encre l'arrose, et ta poésie y fait pousser de bien belles choses.
Bises cher José et bon repos.
domi/amimots · le samedi 17 octobre 2015 à 13:05
marine · le samedi 17 octobre 2015 à 16:32
les fruits cachés de son travail
amitié
Larose · le samedi 17 octobre 2015 à 23:09
Marie!
José · le mardi 20 octobre 2015 à 13:58
Merci Domi, Marine : le jardinier doit persévérer, même planter sous la pluie. Amitiés à toutes deux.
Merci beaucoup Larose, Domie.
Bises.
poesie101 · le samedi 27 juillet 2019 à 20:01
En tout cas, pour quelqu'un qui juge être dans un passage à vide, côté spirituel, si je puis m'exprimer ainsi, le poème, lui seul, vaut un grand poème. Et je ne rigole point; c'est vraiment un excellent poème.
Les deux derniers quatrains sont sublimes. Peut-être que mon intérêt si puissant envers ton poème côtoie une certaine reconnaissance dans cet écrit et dans d'autres où tu y fais mention.
Je sais très bien ce dont je parle, car je l'ai vécu pendant environ six mois. L'illusion de croire que notre talent a disparu au grand jour est chose difficile à accepter, surtout lorsque ledit talent est notre seule source de valorisation potentielle, en ce qui me concerne. Or, bien qu'écrire soit une sorte de tampon qui sert la catharsis à merveille, je ne suis pas d'avis qu'en rédigeant sempiternellement sur notre fragilité présente peut être de bon goût pour le moral — je crois, en fait, qu'elle entretient cette tare illusoire.
Écoute, le meilleur moyen de se sortir de ce syndrome est de l'affronter en sous-jacence et de façon intelligente : n'écris que si tu en ressens le besoin; forcer l'inspiration, habituellement, ne donne que des ratées, ce pour quoi il faut te donner du TEMPS pour retrouver ta touche de façon permanente. Abandonne-toi à autre chose qu'à la poétique : souvent, c'est en faisant d'autres choses qu'on trouve des trouvailles.
Mes amitiés,
Maxime
domidom · le samedi 27 juillet 2019 à 20:02
Au plaisir de te lire....
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
didou · le samedi 27 juillet 2019 à 20:05
MERCI pour ce partage ---
http://www.mespoemes.net/didou
Vesta · le samedi 27 juillet 2019 à 20:06
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 27 juillet 2019 à 20:07
Je me joins à la cohorte de tous nos ami(e)s poètes qui t'ont commenté : tu n'a pas perdu en tout cas le don de l'écriture poétique avec ce poème où le fond un peu nostalgique et une tout petit peu triste est en filigrane de tes mots. Cela donne un bien bel écrit tant dans le choix que dans l'association des mots, qui nous suggèrent des images.
Amitiés. Philip
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