Heureux Dans Ma Douleur

Infirme d’une poésie
Tellement froissée de soupirs,
Je repasse les souvenirs
Du temps passé au ralenti.
Au dessus du pont reconstruit
Où claque spectral ton drapeau,
Superflus je pose des mots
Dans le brouillard où tu t’enfuis.
Malade de tous ces poèmes
Où je te vois par illusion,
Mes lèvres savent leur poison
Mais je dois boire car je t’aime.
Et sous ce ciel qui goutte et meurt
Reluisant d’or et d’agonie,
Il me semble qu’enseveli
Je gis, heureux dans ma douleur.
Tellement froissée de soupirs,
Je repasse les souvenirs
Du temps passé au ralenti.
Au dessus du pont reconstruit
Où claque spectral ton drapeau,
Superflus je pose des mots
Dans le brouillard où tu t’enfuis.
Malade de tous ces poèmes
Où je te vois par illusion,
Mes lèvres savent leur poison
Mais je dois boire car je t’aime.
Et sous ce ciel qui goutte et meurt
Reluisant d’or et d’agonie,
Il me semble qu’enseveli
Je gis, heureux dans ma douleur.
15 commentaires
Larose · le mercredi 28 octobre 2015 à 22:19
Marie!
marine · le mercredi 28 octobre 2015 à 23:09
heureux dans ma douleur
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 29 octobre 2015 à 11:00
Oui, Marine a raison, le bonheur n'est pas une obligation. Il n'est peut-être que le fugitif rayon de soleil que l'on attends pas quand le ciel est noir. Allégorie, si l'on veut, dans ce que je dis.
Oui, je comprends aussi que notre poésie puisse être parfois (souvent ?) froissée de soupirs. Est-ce indécent de faire entendre ces soupirs ? Ils font partie des couleurs collectives de la vie, c'est une partie de l'Univers qui crie, être vivant. Mais le poète reprends sa plume et peint toujours l'Instant. Son instant. Et s'il ne trempe pas sa plume dans ses propres larmes, le prochain poème-paysage sera lumineux et lisse, lisse de lumière.
Merci pour ces très beaux vers, José. Avec toutes mes amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
imparfait · le jeudi 29 octobre 2015 à 11:04
Le mal d'aimer est souvent tellement fort qu'on préfère vivre avec que de mourir sans et tu sais très bien l'exprimer en poésie.
Merci pour la beauté pleine de bonheur et de tristesse de ce sentiment.
Bises et bonne journée à toi
domi/amimots · le jeudi 29 octobre 2015 à 15:39
domidom · le jeudi 29 octobre 2015 à 20:27
On dit souvent, (après la pluie le beau temps), alors, dans le domaine du cœur, pourquoi ne pas dire, l'amour, on peut aussi dire, après la souffrance, le bonheur.....
Toujours charmée par ta poésie...
Amitiés, Domie...
domidom · le jeudi 29 octobre 2015 à 20:28
Mes excuses...Domie...
Ivy · le jeudi 29 octobre 2015 à 20:42
Ivy · le jeudi 29 octobre 2015 à 20:44
Cantique anglais tiré d'un poème de
Lizette Woodworth Reese
Bises
José · le mardi 3 novembre 2015 à 19:55
Amitiés.
bluegirl · le mercredi 26 avril 2017 à 18:05
...et pourtant cette poésie permet de s'alléger, même un instant, de la douleur qui semble être notre ultime fil conducteur.
le troisième quatrain est vraiment intense.
je me sens moins seule en te lisant.
mais c'est un triste constat quand on sait que la solitude peut être vécue comme une libération, et qu'on ne souhaite pas à l'autre d'endurer ce qu'on endure.
en tout cas, ca fait plaisir de te retrouver avec ce poème épuré.
je te souhaite d'être aussi heureux dans le bonheur.
amitiés José.
Agrippa ( Thierry Demercastel ) · le mercredi 26 avril 2017 à 18:07
estrella28 · le mercredi 26 avril 2017 à 18:09
amitiés estrella
http://www.mespoemes.net/estrella28
Michel (Signes de Vie) · le mercredi 26 avril 2017 à 18:10
Etre heureux dans sa douleur, c'est de la plénitude ou de l'abnégation ?
En tous cas heureux de te lire.
Amitié
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 26 avril 2017 à 18:14
Te revoici avec un poème qui nous interpelle tous, dans le même sens, quasiment. Des vers d'une grande intensité, car ils reflètent nos ressentis, à nous tous qui hurlons parfois, sans impudeur nullement, rien qu'un besoin, notre détresse, surtout quand c'est celle du cœur. Gésir, heureux dans la douleur ? Ce n'est pas du masochisme. C'est, je pense, lorsque l'on aime encore, se dire que notre aimance est/était bien réelle, sincère... Sinon, nos sentiments n'auraient été qu'un voile de fumée.... C'est, pour tous les romantiques, perpétuer pour notre Eternité, nos "je t'aime", à l'infini.
Quelle force en effet, et combien est vrai ton 3ème quatrain. Oh oui, ce "mais je dois boire, car je t'aime" nous le connaissons en posant chacun de nos mots sur le poème. Une ivresse ? Un cri déchirant qui nous broie et qui nous fait écrire ? "Je pose superflus des mots/Dans la brume où tu t’enfuis". Il suffit, résolument, d'enlever "superflu" et de se mettre, à son tour à courir dans la brume. Mais, dans cette brume, plus de repères. Poursuivant et poursuivi sont perdus, errants. Brume du désarroi qui nous enseveli perfidement. Mais continuons sans relâche, sinon notre brume devient notre mort. Amitiés sincères mon cher José. Philip.
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