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Moments de grace

Dans une pièce

Le jeudi 18 octobre 2007 à 21:01, posté par Lenchanteur · 283 lectures

La pièce n’est pas si grande, et il y a toi, il y a moi. La pièce n’est pas si claire pourtant il n’existe pas la moindre lumière, pas la moindre fenêtre. Il ne fait ni jour ni nuit, cette lueur, cette couleur qui nous entoure je ne la connais pas mais elle me rassure.
C’est une simple pièce, sans meuble, sans obstacle, pleine de vide, une pièce venue de nulle part, en dehors du temps, du monde réel, une pièce qui possède une âme, une raison d’être, un lieu entre deux instants vécus, entre deux instants à venir, une pièce si familière comme renfermant tout ce que nous sommes. Une pièce, juste quatre murs pour deux portes qui se font face…
Une porte pour toi, une porte pour moi, deux portes qui ne mènent pas au même endroit mais qui nous ont réunis comme une évidence dans cette pièce ; deux portes, comme deux bras tendus nous montrant le chemin tracé jusqu’ici, deux portes comme deux bras en croix leur interdisant de nous suivre.
Et il y a toi, il y a moi, seuls au monde, seuls dans notre monde. Je n’ai pas besoin de mes yeux pour te voir, je te ressens au plus profond de moi. Chaque pore de ma peau te regarde, chaque respiration touche les lignes de ton corps, tes silences forment une gamme de mots étranges dont je comprends le sens, je te connais si bien. Je te connais si fort ; tes pensées sont les miennes, tes gestes précèdent les miens, tes rêves effacent mes cauchemars. Reste de nous, une fusion, une alchimie idéale, une aventure inespérée, une bouffée de bonheur, un seul battement pour deux cœurs, je suis si bien avec toi, protége des autres, apaisé et aimé.
Tu es tout près de moi, j’entends ta silhouette effleurer mon épaule, ton souffle guider mes mains qui te cherchent. Tu te rapproches encore, nos ombres se rencontrent, n’en forment plus qu’une. Ensemble, tout est devenu possible, tout est maintenant permis; s’abandonner à l’autre sans limite, sans préjugé, sans pudeur, sans autre explication que le désir de s’échanger, de se mélanger.
…
…
La pièce n’est pas si grande et je ne peux en faire le tour.
Mais nous avons le temps pour nous puisqu’il n’existe plus ici.
Non la pièce n’est pas assez grande pour cette forme d’amour, mais heureusement la fin n’existe plus, et pour nous, tout commence ici...
Note : 6/10 (1 vote) · connectez-vous pour noter

1 commentaire

isa · le lundi 17 décembre 2007 à 19:14

Tout peut s'imaginer .... j'aime cette prose bien écrite . Instant suspendu .. ... amour ... petite ou vrai mort

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