Mélancolie II
Ce soir là, un doux silence exhorta mon âme sensible au rêve et à l’oubli.
Un vent frais, légèrement parfumé par la première germination des roses, vint, charmant précurseur !, me dire l’avènement de la divine création que J’étais las d’attendre.
Ma soif fut étanchée. J’étais gai et, sitôt dans l’immensité formidable de la nuit, je me sentis comme enveloppé d’une douceur ineffable mêlée à une singulière ivresse et à laquelle je ne me serais jamais soustrait si, faible créature que j’étais, je n’avais succombé aux effets conjugués de l’engouement et de la mélancolie.
Hélas ! Comme témoin à mon état euphorique, seule mon ombre furtive m’assistait…
C’en était trop pour une âme aussi frêle et sensible que la mienne !...
Les parfums venant des champs lointains, le retour silencieux des hirondelles auquel, ému, j’assistais, le ciel parsemé d’innombrables scintillements, le souffle épuisant des plantes que je sentais frémir sous mes pieds, tout cela m’enivrait, m’enchantait à un tel point que je voulais pleurer afin que les plantules, davantage arrosées de mes larmes, pussent, dans la nuit douce et étoilée, éclore dans la terre moite et annoncer, d’un souffle léger et parfumé le retour du printemps à toutes les âmes de l’univers.
C’en était trop pour une âme aussi frêle et sensible que la mienne…
Il est des moments où le cœur, aux prises d’une soudaine mélancolie, ne cède qu’au besoin de tout donner. Ne rien recevoir en échange si ce n’est le bonheur d’une sempiternelle sérénité. Tout pardonner, tout chérir jusqu’à cet ennemi dans la raillerie triomphant, tout sacrifier y compris ma propre personne pour espérer voir un moineau quitter sa cage.
Tout en marchant dans la nuit calme et profonde, Je songeais que je pardonnais tout, absolument tout au fond de moi-même, je me sentais capable de ne rien faire, sinon d’aimer, non aimer pour recevoir mais aimer sans espoir de retour, aimer pour aimer, pour voir sourire de nouveau à la vie tous ceux qui, lésés dans leur vie de tous les jours, restaient dans l’attente d’un petit souffle d’espoir, d’un mot, d’une rencontre à la croisée des chemins, d’un café chaud devant le percolateur dans le petit matin, aux côtés d’un ami retrouvé…
Perdu dans mes pensées, je marchais, sans but précis, des miracles pleins les oreilles, si bien enivré par tant de merveilles que j’avais une hâte folle de connaître l’issue de cette extraordinaire escapade nocturne. L’envie, impérieuse, me prenait de vouloir courir, pleurer de joie et crier mon bonheur à tous ceux qui, en ce moment là, dormaient déjà dans un monde meilleur…
Oui, vraiment, c’en était trop pour une âme aussi frêle et sensible que la mienne…
Oh Seigneur ! En cette douce saison où la nature toute entière semblait si bien se faire et se défaire, en ce moment même où les parfums des champs lointains mêlés aux magnifiques chants des oiseaux nocturnes prenaient par miracle l’immensité des vertus humaines, que ne donnerais-je, que ne sacrifierais-je pour espérer caresser le visage de mon premier amour de ce souffle épuisant que déverse dans la plaine chaste et ondoyante l’haleine de tant de boutons de roses !...
Car, Seigneur, c’en était trop pour une âme frêle et sensible comme la mienne…
Slim le poète.
Un vent frais, légèrement parfumé par la première germination des roses, vint, charmant précurseur !, me dire l’avènement de la divine création que J’étais las d’attendre.
Ma soif fut étanchée. J’étais gai et, sitôt dans l’immensité formidable de la nuit, je me sentis comme enveloppé d’une douceur ineffable mêlée à une singulière ivresse et à laquelle je ne me serais jamais soustrait si, faible créature que j’étais, je n’avais succombé aux effets conjugués de l’engouement et de la mélancolie.
Hélas ! Comme témoin à mon état euphorique, seule mon ombre furtive m’assistait…
C’en était trop pour une âme aussi frêle et sensible que la mienne !...
Les parfums venant des champs lointains, le retour silencieux des hirondelles auquel, ému, j’assistais, le ciel parsemé d’innombrables scintillements, le souffle épuisant des plantes que je sentais frémir sous mes pieds, tout cela m’enivrait, m’enchantait à un tel point que je voulais pleurer afin que les plantules, davantage arrosées de mes larmes, pussent, dans la nuit douce et étoilée, éclore dans la terre moite et annoncer, d’un souffle léger et parfumé le retour du printemps à toutes les âmes de l’univers.
C’en était trop pour une âme aussi frêle et sensible que la mienne…
Il est des moments où le cœur, aux prises d’une soudaine mélancolie, ne cède qu’au besoin de tout donner. Ne rien recevoir en échange si ce n’est le bonheur d’une sempiternelle sérénité. Tout pardonner, tout chérir jusqu’à cet ennemi dans la raillerie triomphant, tout sacrifier y compris ma propre personne pour espérer voir un moineau quitter sa cage.
Tout en marchant dans la nuit calme et profonde, Je songeais que je pardonnais tout, absolument tout au fond de moi-même, je me sentais capable de ne rien faire, sinon d’aimer, non aimer pour recevoir mais aimer sans espoir de retour, aimer pour aimer, pour voir sourire de nouveau à la vie tous ceux qui, lésés dans leur vie de tous les jours, restaient dans l’attente d’un petit souffle d’espoir, d’un mot, d’une rencontre à la croisée des chemins, d’un café chaud devant le percolateur dans le petit matin, aux côtés d’un ami retrouvé…
Perdu dans mes pensées, je marchais, sans but précis, des miracles pleins les oreilles, si bien enivré par tant de merveilles que j’avais une hâte folle de connaître l’issue de cette extraordinaire escapade nocturne. L’envie, impérieuse, me prenait de vouloir courir, pleurer de joie et crier mon bonheur à tous ceux qui, en ce moment là, dormaient déjà dans un monde meilleur…
Oui, vraiment, c’en était trop pour une âme aussi frêle et sensible que la mienne…
Oh Seigneur ! En cette douce saison où la nature toute entière semblait si bien se faire et se défaire, en ce moment même où les parfums des champs lointains mêlés aux magnifiques chants des oiseaux nocturnes prenaient par miracle l’immensité des vertus humaines, que ne donnerais-je, que ne sacrifierais-je pour espérer caresser le visage de mon premier amour de ce souffle épuisant que déverse dans la plaine chaste et ondoyante l’haleine de tant de boutons de roses !...
Car, Seigneur, c’en était trop pour une âme frêle et sensible comme la mienne…
Slim le poète.
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13 commentaires
oliverjane1950 · le vendredi 20 avril 2012 à 14:49
Ces moments-là sont sublimes et je dirais... frustrant à la fois car ces extases ou approche de l'extase que l'on voudrait faire durer nous sont reprises et il faut une âme très expérimentée au calme intérieur pour reproduire cet évènement... exceptionnel ! Il m'est arrivé de vivre des moments semblables mais la vie stressante du travail n'était pas du même avis... Il faut choisir ! Je te conseille de lire : Autobiographie d'un yogi aux Éditions Adyar. Une approche différente du spirituel sans croyance sans dogme, en toute liberté.
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
domidom · le vendredi 20 avril 2012 à 17:29
Prière secrète que l'on fait souvent au fond de soi-même, rêve inaccessible pour des âmes sensibles....
J'ai adoré ce texte, bien écrit, profond, qui nous transporte comme le ferait le souffle léger du vent, telle une main invisible qui vous guide à travers cette vie parsemée de ronces, d'utopie et de mirages....
Mes amitiés cher Slim....
Domie...
lesprosesdeslim · le vendredi 20 avril 2012 à 18:08
ce sont pourtant les tumultes de la vie qui, à notre corps défendant, développent en nous cette inclinaison à nous replier sur nous même, une façon comme une autre de réduire encore davantage l'espace de recueillement et de recherche de soi même. Cette prose, pour habile et sublime qu'elle soit à tes yeux, procède tout de même de cette tendance que je viens d'évoquer. Comme tu l'as stipulé, ces moments volés aux grands vacarmes de la vie sont faits d'extases que l'on voudrait effectivement faire durer. Pour cela, cependant, il suffirait que l'on soit davantage assailli par cette vie tellement stressante. Merci de toujours me lire. Amitiés. Slim.
lesprosesdeslim · le vendredi 20 avril 2012 à 18:22
comme à l'accoutumée, tes commentaires sont toujours un appel du coeur, le cri d'une douleur partagée et d'un sentiment déjà vécu. C'est pour cela, n'est-ce pas, qu'à sa première lecture, cette prose tu l'as tout de suite faite tienne car qui n'a pas traversé les douloureux méandres de l'amour et qui, parmi nous tous, n'en est pas sorti grandi en dépit de toutes les terribles fractures de l'âme...
Et pourtant, au grand dam des détracteurs de la noble poésie, le printemps nous revient chaque année, fidèle comme une ombre, qui nous rappelle combien dans le fond et malgré tout la vie mérite tout de même d'être vécue. Toujours et à chaque instant. Merci pour ton commentaire. Amitiés. Slim.
bluegirl · le vendredi 20 avril 2012 à 22:18
tout cela semble envahir la sensibilité de ton âme tant et si bien qu'on dirait que tu troquerais toutes ces choses pour caresser son doux visage...
la lecture de ta prose en est très profonde, et une jolie prouesse poétique, un régal de délicatesse.
c'est toujours un grand plaisir de te lire mon ami Slim.
didou · le vendredi 20 avril 2012 à 22:50
à bientot pour te lire
amitié didou
imparfaitlibre · le samedi 21 avril 2012 à 09:40
Il y a beaucoup de calme et de sérénité mais aussi d'espoir et de désespoir dans ton message et c'est le mélange de tout ça qui traduit très bien toute cette mélancolie.
Amitiés Slim----
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
Loïc · le samedi 21 avril 2012 à 12:54
Amitiés Slim !
lesprosesdeslim · le samedi 21 avril 2012 à 21:52
je suis fier que tu ais perçu le sens du sacrifice dont je voulus que mon poème fût porteur. Te sachant très attachée à ce genre de message humain, je sais que ma prose t'a touchée à plus d'un titre. Aussi, je ne saurais comment te remercier pour ta fidélité. Amicalement. Slim.
pour Didier,
puisse t'elle tenir bon la diagonale de ton coeur si grand et si généreux! Le fait même de me lire et d'aimer ce que j'écris témoigne encore une fois de ta grande amitié. Merci pour ton commentaire. Amicalement. Slim.
Pour Imparfaitlibre,
quand, au sein même de l'espace contraignant dans lequel nous nous débattons chaque jour que Dieu fait, l'air se fait de plus en plus irrespirable et que l'horizon alentour se réduit inéluctablement comme une misérable peau de chagrin, tout au fond de nous, surgissant de nos plus profonds soupirs, s'élève miraculeusement toute l'aube vermeille d'un nouveau jour. Et là, seuls n'y ont droit de cité que ceux par la voix de qui Dieu s'est toujours manifesté. Merci pour ton commentaire. Fort heureusement, nous avons encore cette capacité de rêver pour savoir parfois nous évader. Amitiés. Slim.
Pour Loïc,
ce qu'il y a d'extraordinaire dans cette extase, c'est que non seulement on déserte ce cadre si intime de l'inspiration poétique d'où découla cette prose mélancolique mais en plus on accède à une sorte d'élévation surréaliste qui dés lors nous suggère un thème autrement plus louable encore et plus ensorcelant que celui grâce auquel "Mélancolie II" a vu le jour. Merci d'être passé me lire et d'avoir placé l'extase au centre de ton commentaire. Amitiés. Slim
bluegirl · le samedi 21 avril 2012 à 23:32
si tu veux me faire plaisir, demande à Loïc de me transmettre ton adresse mail.
a bientôt de toute façon j'espère.
lesprosesdeslim · le dimanche 22 avril 2012 à 09:01
fais moi le plaisir, cher Loïc, de transmettre mon adresse mail à Lola. Je te fais toute mes amitiés. Slim.
Larose · le dimanche 22 avril 2012 à 11:35
bonne journée poète!
amitié!
lesprosesdeslim · le lundi 23 avril 2012 à 09:30
je suis très heureux que mon poème ait pu te plaire. Sans doute, y as-tu perçu beaucoup de faiblesse mais comme tu l'as stipulé il s'y dégage dans le même temps une grande force que l'on ne ressent qu'au terme de sa lecture. L'extase, comme l'a remarquée Loïc, reste dans le fond au centre de cette ivresse nocturne. Merci de m'avoir lu. Amicalement Slim.
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