A ma rose.
Il y avait dans mon balcon une petite rose rouge protégée de trois grandes feuilles vertes et ni l’hiver ni l’été ne venaient la flétrir. C’est sur elle que je déversais mon chagrin et ma joie et j’étais heureux de la sentir chaque matin inonder mon âme de cette musique parfumée des jardins en fleurs.
Quand, souvent, il m’arrivait de verser des larmes de bonheur, c’était auprès d’elle que je m’isolais et mes émotions étaient alors telles qu’à travers la rosée fraîche qui baignait toutes ses pétales écarlates je croyais chaque fois entrevoir de petits ruisseaux d’argents sur un champ de lilas rouges…
Et, quand, loin d’elle, je me sentais dans le besoin de lui faire part de mes déboires, il me parvenait chaque fois tout un océan de parfums enivrants. J’avais alors conscience de la douce et bienfaisante consolation qu’elle me prodiguait.
Sur le mur, le soir venu, elle semblait vouloir toujours s’appesantir, livrant ainsi au ciel étoilé l’haleine chaste de ses feuilles soudain recroquevillées, comme la prière d’un soir toujours recommencée…Alors, l’instant devenait presque nuptial tant étaient lourds et pénétrants les parfums qu’elle exhalait…C’est ainsi que d’étranges ombres mouvantes sur le mur se profilaient, mues par une soudaine et mystérieuse musique silencieuse, conférant à ce beau concert nocturne un air de profonde félicité, un peu comme si, d’ un coin de paradis, la rose venait soudain en usurper toute la splendide féerie…
Comme à l’accoutumée, l’instant devenait magique à mesure que la nuit profonde m’envahissait. Jamais, au plus profond de moi-même, je n’espérai entrevoir dans le ciel les premières lueurs pâles de l’aube. Ces nuits, venues du cœur, qui n’avaient pourtant pas de matin, miraculeusement éclairaient toute mon existence et prenaient toutes leur raison d’être dés lors qu’elles puisaient de cette magnifique fleur, pensais-je, toute leurs abondante essence…
Pourtant, au plus profond de ce bonheur que je croyais à moi, je la perdis…
Depuis, il ne me reste d’elle qu’une frêle branche dénudée, sèche et fragile qui n’émettra plus jamais d’ombres sur mon visage.
Elle est partie trop tôt, à un moment où elle aurait pu m’inviter encore à tant d’évasion !
Car nulle âme, ici bas, ne se contenterait d’un printemps sans arômes…
Vois ! Ma chère rose, comme les champs pour toi sont soudain pris d’un profond somme !
Vois comme je peine à survivre dans ce monde de lumière et de passion !...
Et dire que dans mon balcon je n’avais pourtant, rien qu’à moi, une petite rose rouge protégée de trois grandes feuilles vertes que ni l’hiver ni l’été n’arrivaient à flétrir…
Slim le poète
Quand, souvent, il m’arrivait de verser des larmes de bonheur, c’était auprès d’elle que je m’isolais et mes émotions étaient alors telles qu’à travers la rosée fraîche qui baignait toutes ses pétales écarlates je croyais chaque fois entrevoir de petits ruisseaux d’argents sur un champ de lilas rouges…
Et, quand, loin d’elle, je me sentais dans le besoin de lui faire part de mes déboires, il me parvenait chaque fois tout un océan de parfums enivrants. J’avais alors conscience de la douce et bienfaisante consolation qu’elle me prodiguait.
Sur le mur, le soir venu, elle semblait vouloir toujours s’appesantir, livrant ainsi au ciel étoilé l’haleine chaste de ses feuilles soudain recroquevillées, comme la prière d’un soir toujours recommencée…Alors, l’instant devenait presque nuptial tant étaient lourds et pénétrants les parfums qu’elle exhalait…C’est ainsi que d’étranges ombres mouvantes sur le mur se profilaient, mues par une soudaine et mystérieuse musique silencieuse, conférant à ce beau concert nocturne un air de profonde félicité, un peu comme si, d’ un coin de paradis, la rose venait soudain en usurper toute la splendide féerie…
Comme à l’accoutumée, l’instant devenait magique à mesure que la nuit profonde m’envahissait. Jamais, au plus profond de moi-même, je n’espérai entrevoir dans le ciel les premières lueurs pâles de l’aube. Ces nuits, venues du cœur, qui n’avaient pourtant pas de matin, miraculeusement éclairaient toute mon existence et prenaient toutes leur raison d’être dés lors qu’elles puisaient de cette magnifique fleur, pensais-je, toute leurs abondante essence…
Pourtant, au plus profond de ce bonheur que je croyais à moi, je la perdis…
Depuis, il ne me reste d’elle qu’une frêle branche dénudée, sèche et fragile qui n’émettra plus jamais d’ombres sur mon visage.
Elle est partie trop tôt, à un moment où elle aurait pu m’inviter encore à tant d’évasion !
Car nulle âme, ici bas, ne se contenterait d’un printemps sans arômes…
Vois ! Ma chère rose, comme les champs pour toi sont soudain pris d’un profond somme !
Vois comme je peine à survivre dans ce monde de lumière et de passion !...
Et dire que dans mon balcon je n’avais pourtant, rien qu’à moi, une petite rose rouge protégée de trois grandes feuilles vertes que ni l’hiver ni l’été n’arrivaient à flétrir…
Slim le poète
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11 commentaires
rose · le jeudi 29 novembre 2012 à 21:31
Amitiés
http://www.mespoemes.net/rose
lesprosesdeslim · le vendredi 30 novembre 2012 à 18:24
très heureux que ma prose vous ait plu. Merci. Amicalement. Slim
domidom · le vendredi 30 novembre 2012 à 19:15
A travers ce texte, on sent cette émotion qui à la fois te réjouit et te meurtrit...
Il te faudra désormais vivre sans elle, et les larmes que tu verseras ne la feront pas revivre, s'il pouvait en être autrement, les douleurs ne seraient qu'éphémères....
Au plaisir de te lire....
Toutes mes sincères amitiés....
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
lesprosesdeslim · le vendredi 30 novembre 2012 à 19:26
ton commentaire m'a beaucoup touché surtout que tu l'as apprécié à sa juste valeur. Il est vrai que l'on ne peut garder à jamais tous ceux que l'on aime. Amicalement. Slim.
bluegirl · le samedi 1 décembre 2012 à 00:08
" c'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante".
tu as développé cette idée avec un coté presque passionnel et très poétique.
amicalement.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 1 décembre 2012 à 10:41
La Rose a donné lieu à mon premier poème inventé/improvisé alors que j'avais 8 ans, devant mon instituteur : "Monsieur, j'ai inventé un poème !" lui-ai je dis. Etonné, il m'a écouté. Le texte était simple et naïf, comme peuvent l'être les paroles d'un enfant, du genre : "la belle rose, si belle et fraîche, au doux parfum, habillée de rosée....". Et voici que des années après, à l'automne de ma vie, cette rose réapparait par ta plume. C'est la même, elle a traversé les ans. Elle traverse mes larmes. Elle est toujours aussi tendre, belle et fragile. Entre temps je lui ai donné un visage, une âme. Et dans ma nuit elle brille encore. Merci de l'avoir fait revivre un instant mon cher Slim. Amitiés sincères. Philip.
oliverjane1950 · le samedi 1 décembre 2012 à 18:39
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
didou · le samedi 1 décembre 2012 à 18:57
BRAVO SLIM
amitié didou
lesprosesdeslim · le lundi 3 décembre 2012 à 19:28
que mon poème ait pu t'inspirer un passage de Saint-Exupery est pour moi un grand honneur. Je t'en remercie. Amicalement. Slim.
Pour Philip,
l'honneur est pour moi mon cher Philip d'avoir à tes yeux réussi à ressusciter le souvenir de cette rose qui berça tellement ton enfance.
J'espère qu'au fond de notre coeur elle continuera toujours à briller à la manière d'un grand soleil. Amitiés. Slim.
Pour Oliver,
c'est vrai que lorsque tout meurt, ne subsiste en nous que le souvenir et parfois l'évocation de tout ce qu'on a pu chérir dans notre vie peut miraculeusement nous faire revivre exactement les émotions fortes des beaux instants passés. C'est un peu la fameuse image de la madeleine de Marcel Proust. Amicalement. Slim.
Pour Didier,
la vie d'une rose a toujours été perçue de mille et une façon par les poètes. Seuleument, le message en fin de parcours nous mène chaque fois au même port de l'amour, la tendresse et surtout les chaleureux souvenirs qui ont fait la beauté de tant de poèmes. Je te remercie d'avoir aimé mon histoire. Amicalement. Slim.
oliverjane1950 · le jeudi 3 janvier 2013 à 06:26
oliverjane1950 · le mercredi 15 janvier 2014 à 12:19
Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
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