LEVY Danse
Dans les fins fonds indéfinis
d'une épicerie orientale
emplie de miel d'Abyssinie
couverte de fleurs de santal
il sourit, et il rêve
lançant quelques doux mots
au jour qui s'achève
Valsant comme un marmot
autour des jarres d'olive
remerciant tour à tour
les pluies, chargées d'eau vive
les nuits d'été, les soleils lourds
Ses yeux pétillent,
ses prunelles brillent
Il livre aux égarés du p'tit matin
ses thés poivrés, ses brins de thym
ses fruits confits, ses fruits séchés
botte de céleris, fleurs de péchés
tout ce qui flatte les narines
embaume, exalte en ses vitrines
cannelle, gingembre ou bien jasmin
toutes senteurs extraites du monde
à l'intérieur naissent et abondent
dans le creux usé de ses paumes
au pli du sillon de ses mains.
Dans cette échoppe des bords de Seine
s'envolent les heures, les soirs de peine
quand il chantonne et tournicote
comme un moustique sous les « loupiotes »
Sa bonne humeur est bien connue
Quai de la Tournelle, toi l'inconnu
entre, sans manière, dans ce dédale
pour découvrir, en arrière salle...
...Bien plus que mille et une nuits
Bien plus qu'un remède pour l'ennui
C'est tout une vie qui se dévoile,
un peu comme une princesse sans voile
toute la magie d'un cœur ardent
un détenteur du Feu Sacré
douceurs amères, plaisirs sucrés
un rire qui montre toutes ses dents
Et virevoltant dans la lumière
Vois ses souvenirs, les souks du Caire
les beaux marchés de Marrakech
les filles d'émir dans leur calèche
les brasseries turques, cafés viennois
ses amis d'Inde, les vieux chinois
Alors tu comprendras mieux pourquoi
Cet épicier sans importance
que tout le monde aime :
les freluquets, les petits vieux
les paltoquets, les ambitieux
peuvent lui tirer une révérence
Cet homme emplit l'âme d'un quartier
et valait bien ces petits vers
Lui qui sifflote comme un pinson
joyeux l'automne, gai en hiver
avec ses regards polissons,
Il mérite même une chanson.
d'une épicerie orientale
emplie de miel d'Abyssinie
couverte de fleurs de santal
il sourit, et il rêve
lançant quelques doux mots
au jour qui s'achève
Valsant comme un marmot
autour des jarres d'olive
remerciant tour à tour
les pluies, chargées d'eau vive
les nuits d'été, les soleils lourds
Ses yeux pétillent,
ses prunelles brillent
Il livre aux égarés du p'tit matin
ses thés poivrés, ses brins de thym
ses fruits confits, ses fruits séchés
botte de céleris, fleurs de péchés
tout ce qui flatte les narines
embaume, exalte en ses vitrines
cannelle, gingembre ou bien jasmin
toutes senteurs extraites du monde
à l'intérieur naissent et abondent
dans le creux usé de ses paumes
au pli du sillon de ses mains.
Dans cette échoppe des bords de Seine
s'envolent les heures, les soirs de peine
quand il chantonne et tournicote
comme un moustique sous les « loupiotes »
Sa bonne humeur est bien connue
Quai de la Tournelle, toi l'inconnu
entre, sans manière, dans ce dédale
pour découvrir, en arrière salle...
...Bien plus que mille et une nuits
Bien plus qu'un remède pour l'ennui
C'est tout une vie qui se dévoile,
un peu comme une princesse sans voile
toute la magie d'un cœur ardent
un détenteur du Feu Sacré
douceurs amères, plaisirs sucrés
un rire qui montre toutes ses dents
Et virevoltant dans la lumière
Vois ses souvenirs, les souks du Caire
les beaux marchés de Marrakech
les filles d'émir dans leur calèche
les brasseries turques, cafés viennois
ses amis d'Inde, les vieux chinois
Alors tu comprendras mieux pourquoi
Cet épicier sans importance
que tout le monde aime :
les freluquets, les petits vieux
les paltoquets, les ambitieux
peuvent lui tirer une révérence
Cet homme emplit l'âme d'un quartier
et valait bien ces petits vers
Lui qui sifflote comme un pinson
joyeux l'automne, gai en hiver
avec ses regards polissons,
Il mérite même une chanson.

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