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Grimoire

L'EMBARRAS DU FELIBRE

Le samedi 27 décembre 2014 à 18:24, posté par richard · 328 lectures

Nos gestes ont hersé la glèbe de l’amour.
Et l’amphore où fermente une antique tisane,
Je te la verserai, ma belle courtisane,
O ma pâle Circé, à la tombée du jour !

Tu t'étires sous les clartés de l'abat-jour
Et la lueur du soir, sur ta peau, se pavane,
Mais moi, pour honorer tes poses de sultane,
Je ne suis que poète et pauvre troubadour.

Sur le vaste océan où toi seule est mon île,
Perdu dans le lointain, mon vieux luth chante seul.
C’est qu’autour de ton corps une onde étrange oscille

Sans que je sois certain d’échapper au linceul,
Tant mon cœur se fissure et se lézarde et vibre.
Tremble-t-il pour l'amant, bât-il pour le félibre ?
Note : 7/10 (1 vote) · connectez-vous pour noter

8 commentaires

quercylibre · le samedi 27 décembre 2014 à 22:48

Quand un poème me fait oublier le temps qui passe, par sa trame intelligente où les rimes ne sont pas de vains mots placés pour arrondir la mélodie je suis hureux .
Heureux de vous lire car vus avez du talent. Meilleurs voeux!

rivaudais · le samedi 27 décembre 2014 à 23:08

je ne puis qu'approuver et redire ce que Quercylibre a si bien exprimer. Heureux de saluer UN POETE. Et merci pour ce moment privilégié qu'est toujours la lecture d'un (bon)sonnet où chante un romantisme musical et délicat.

bluegirl · le dimanche 28 décembre 2014 à 02:00

Un embarras si poétique, une bien belle lecture !
Amicalement, Lola.
mespoemes.net/bluegirl

louis · le dimanche 28 décembre 2014 à 08:52

Merci à toutes et à tous.
Juste une remarque: relisant ce sonnet, j'ai considéré que le 10ème vers:
Et si, là-bas, souvent, mon vieux luth chante seul,
était lourd, en raison de sa succession disgracieuse d'adverbes.
Je viens donc de le modifier:
"Et si, dans le lointain, mon vieux luth chante seul".
Merci encore pour vos compliments, mais au fond, quelle est la signification précise d'un tel sonnet ?
Peut être le seul plaisir d'assembler des rimes ?
Amitiés. Richard.

Guy · le dimanche 28 décembre 2014 à 11:14

Tu es le félibre amoureux de la chanson des corps !
C'est très beau Richard, et tout ce qui participe à la beauté ne peut être vain.
Amitiés

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 28 décembre 2014 à 18:51

Il n'y a rien à rajouter, ami poète. C'est très très agréable à lire et à relire. Le simple plaisir d'assembler des rimes, dis-tu ? Mais tu sais bien que la poésie c'est plus que cela. Tout en restant les uns les autres modestes, je crois que, l'idée d'un poème étant là, nous sommes certes devant la page blanche, mais aussi devant cette partition vierge aussi, où il n'y a pas encore de notes de musique. Chef d'orchestre, de notre épistolaire baguette, nous allons secouer cet orchestre composé de lettre, de mots, d"idées et faire de chacun de nos poèmes des symphonies chatoyantes. Ah d'ailleurs, l'ami Rivaudais le dis bien. Il a bien vu un chant musical et romantique délicat. Oui, une symphonie peut être tonitruante. Mais une sonatine sait être délicate. Amitiés poétiques. Philip.

Micheline 1940 · le lundi 29 décembre 2014 à 12:44

Superbe pièce que ce sonnet à la courtisane, cousine de l'amante aux bijoux de Baudelaire !
Félicitations au poète émérite,
Amicalement, Micheline.

domidom · le lundi 29 décembre 2014 à 21:21

C'est toujours un grand bonheur de vous lire....
Un magnifique sonnet, digne d'un grand auteur...
Amitiés, Domie...

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