Morbidité
Ah! L'existence ! Sort inepte et ridicule !
Au bagne du labeur, savamment entravés
De chaînes, encavés au fond d’un ergastule,
Nos muscles ont subi le froid sec des pavés !
Et mon cerveau tressaille aux frappes des cognées,
En vibrant sous leurs chocs et dans leurs longs échos;
Aux claquements des huis, aux cris de leurs poignées,
Ouvrant sur les couloirs sombres des vieux cachots.
Et là, comme au vacarme assourdi d’une bonde,
-Quand mon être meurtri en frissonne d’horreur-
J’ai souvenir du bruit, dans la venelle immonde,
De cette porte, sur la rue remplie d’odeur
Fétide et lourde de lessive et d’étendoir.
Je me vois enfermé dans un sordide coffre
Etroit, ayant gardé l'empreinte du fermoir
Que conserve, écrasée, une cuisson de gaufre.
J’entends fondre sur moi le tourbillon des heures
Qui me happe comme un glissement de terrains,
Emporté dans des boues jaunes comme des beurres,
Dans l’immense chaos des blocs herculéens.
Car j’écoute, interdit, la théorie des morts
Effervescente, et vrai bouillonnement d’abeilles,
Telles ces laves qui déferlent sans efforts,
En s'étalant partout dans leurs coulées vermeilles.
.
Au bagne du labeur, savamment entravés
De chaînes, encavés au fond d’un ergastule,
Nos muscles ont subi le froid sec des pavés !
Et mon cerveau tressaille aux frappes des cognées,
En vibrant sous leurs chocs et dans leurs longs échos;
Aux claquements des huis, aux cris de leurs poignées,
Ouvrant sur les couloirs sombres des vieux cachots.
Et là, comme au vacarme assourdi d’une bonde,
-Quand mon être meurtri en frissonne d’horreur-
J’ai souvenir du bruit, dans la venelle immonde,
De cette porte, sur la rue remplie d’odeur
Fétide et lourde de lessive et d’étendoir.
Je me vois enfermé dans un sordide coffre
Etroit, ayant gardé l'empreinte du fermoir
Que conserve, écrasée, une cuisson de gaufre.
J’entends fondre sur moi le tourbillon des heures
Qui me happe comme un glissement de terrains,
Emporté dans des boues jaunes comme des beurres,
Dans l’immense chaos des blocs herculéens.
Car j’écoute, interdit, la théorie des morts
Effervescente, et vrai bouillonnement d’abeilles,
Telles ces laves qui déferlent sans efforts,
En s'étalant partout dans leurs coulées vermeilles.
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12 commentaires
louis · le mercredi 25 février 2015 à 11:56
louis · le mercredi 25 février 2015 à 14:55
louis · le mercredi 25 février 2015 à 16:14
"Que conserve, écrasée, la cuisson de la gaufre".
Or, le maître Salus m'avait fait observer (je ne sais plus à quelle occasion) que le "e" muet ne s'élide pas derrière une consonne. J'ai alors modifié mon vers tel qu'écrit ci-dessus. Je l'espère maintenant correct bien que je considère ladite règle comme un peu excessive.
A plus.
Salus · le mercredi 25 février 2015 à 16:18
Et j'en ai des renvois ;
Je suis fâchè, tu vois,
Avec les rimes tristes...
Salus · le mercredi 25 février 2015 à 16:19
Michel (Signes de Vie) · le mercredi 25 février 2015 à 16:56
Cependant, en te lisant, je me disais qu'il s'agit là de la spécificité d'un regard.
Il y a mille façons de voir les choses, la vie comme le reste.
Amitié
louis · le mercredi 25 février 2015 à 19:22
Haineuse lui jeta:<< Vas donc te faire fiche !
Tel un troupeau de laies s'ébrouant dans les seigles,
Je prendrai du plaisir à démonter tes règles !>>
louis · le mercredi 25 février 2015 à 19:45
Même si le poème l'est.
Evitons d'être casuistes,
Je ne te dis point <<aime-les!>>
S'agissant de vers masochistes !
Salus · le mercredi 25 février 2015 à 21:17
(Qui n'était qu'en général)
n'hésite pas : que s’efface
Tout ce qui n'est pas ton Graal !
Lemecducerclezutique · le mercredi 25 février 2015 à 21:50
Amitiés Zutiques
Micheline 1940 · le jeudi 26 février 2015 à 05:03
J'ai beaucoup aimé votre poème, et ne vous en étonnez pas.
J'ai quelquefois et même bien trop souvent, je le crois, un grand goût du morbide qui me fait dire parfois que ma place n'est plus parmi nos bons vivants ... Aussi votre texte si parlant a sensibilisé mon être à ce qu'enfin sera ce que je deviendrai, cette boue jaune ou brune qui coulera sous terre nourrir abondamment vermines et vermisseaux.
Bien amicalement, M.
louis · le jeudi 26 février 2015 à 10:31
Ne crois surtout pas que je sois fâché ou contrarié. Il n'en est rien. Comme je l'ai souvent expliqué sur le net, la poésie n'est pour moi qu'un jeu de lettres pour lequel tous les thèmes sont bons. C'est cet assemblage de mots, de sons, de rimes qui lui confère ce caractère ludique, dans le cadre, bien sûr, d'un minimum de règles. Quelque part, une sorte de scrable (auquel, d'ailleurs, je ne joue jamais). Quand à moi, je n'ai rien de morbide, plutôt du style joyeux luron.
Amitiés à toutes et à tous.
Richard.
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