Le Randonneur
Quand le ciel rampe et traîne une douleur blafarde,
Comme un linceul jeté sur des matins tremblants,
J’erre dans les senteurs de pluies et les relents
De terre humide où le silence me regarde.
Le long des chemins creux où des soupes bouillonnent
Dans l’épais macérat d’un feuillage automnal,
Des marques sur les troncs guident comme un fanal,
Mes pas mal assurés et mes yeux qui s’étonnent.
L’aube délivre la forêt de ses ténèbres,
Paisible cathédrale où veillent des quinquets ;
Des langues de vapeurs s’élèvent des bosquets
Où je buvais naguère aux sources de tes lèvres.
Mon regard s’émerveille aux couleurs d’incendie
Des fougères couvrant le talus embrasé ;
Pourtant mon sac à dos ne m'a pas écrasé
L'échine qui se brise au joug de l'acédie..
Alors, sur le parcours d’une flamme déçue,
Désespéré, je marche et contraint par le choix
D’emprunter les sentiers balisés d’une croix,
Ceux qui vont nulle part, ceux qui sont sans issue.
Comme un linceul jeté sur des matins tremblants,
J’erre dans les senteurs de pluies et les relents
De terre humide où le silence me regarde.
Le long des chemins creux où des soupes bouillonnent
Dans l’épais macérat d’un feuillage automnal,
Des marques sur les troncs guident comme un fanal,
Mes pas mal assurés et mes yeux qui s’étonnent.
L’aube délivre la forêt de ses ténèbres,
Paisible cathédrale où veillent des quinquets ;
Des langues de vapeurs s’élèvent des bosquets
Où je buvais naguère aux sources de tes lèvres.
Mon regard s’émerveille aux couleurs d’incendie
Des fougères couvrant le talus embrasé ;
Pourtant mon sac à dos ne m'a pas écrasé
L'échine qui se brise au joug de l'acédie..
Alors, sur le parcours d’une flamme déçue,
Désespéré, je marche et contraint par le choix
D’emprunter les sentiers balisés d’une croix,
Ceux qui vont nulle part, ceux qui sont sans issue.
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4 commentaires
domidom · le lundi 9 janvier 2017 à 21:18
Quelle belle prosodie, sans la moindre anicroche, c'est ainsi que j'aime le classique, merci pour ce chef d’œuvre...
A bientôt, Domie
louis · le mardi 10 janvier 2017 à 12:15
Lorsque l'amour de l'art ne prend pas une ride.
yoh · le vendredi 13 janvier 2017 à 17:15
L'aube délivre la... Une petite entorse à l'équilibre des hémistiches qui n'est déplaisante ni à la vue ni à l'oreille (comme si La forêt s'appuyait sur son article défini)
Des mots et expressions choisis avec soin qui accompagnent le poète dans les délices de l'automne.
Bien à vous, cher ami Louis
louis · le dimanche 15 janvier 2017 à 12:14
Ex. : Baudelaire, Semper Eadem :
« Vivre est un mal, c’est un//secret de tous connu… »
Mallarmé, Le Pitre Chatié :
« Yeux, lacs avec ma sim//ple ivresse de renaître… »
Mais il me semble que tu pratiques aussi, avec délice, ces constructions, non ?
(Il y a de fait, en toute rigueur classique, certains « défauts » dans mes vers, mais là on entrerait dans un perfectionnisme outrancier. Je veux parler des « e » finaux en fin de mots qui ne s’élident pas et qui, dès lors, font compter ce « e » comme une syllabe à part entière.
Vraiment du détail et difficile à mettre en œuvre.)
A bientôt pour d’autres discussions constructives.
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