Sur le faux chemin
J’arpentais la forêt de trembles endormis
En écoutant le vent rebelle et insoumis,
J’enfonçais mes talons dedans la neige grise
Que cette fin de mars salissait à sa guise.
Le vent s’entortillait autour des rameaux nus
Et j’entendais flotter dans ces bois ingénus
Des bruits secs et soudains, des râles tourmentés,
Et des craquements creux sans cesse répétés.
La crainte m’enserrait dans sa chape de froid
Car j’avoue que ce vent me remplissait d’effroi.
Dans la morne forêt d’où fuyaient les mésanges,
Je frissonnais d’humer ces bruissements étranges.
Le souffle de l’hiver me figeait jusqu'aux os
Et son sifflement sourd faisait fuir les oiseaux,
Je sentais mes genoux s’entrechoquer entre eux
Dès que je m’arrêtais sur le chemin noueux.
Un coup de vent brutal a secoué les troncs,
Il tournoyait autour et m’attaquait de front,
Il se glissait partout, jusque dans la feuillée,
Soufflant son air glacial sous la neige affolée.
Autour, les baliveaux continuaient de ployer
Et j’entendais souffrir l’écorce du noyer,
Soumise et indomptable en cette saison morte,
Elle impose le Temps, la Nature est trop forte !
J’étais seule à marcher sur ces étroits sentiers,
Longeant les joncs plaintifs et les vieux noisetiers,
Je sentais la frayeur, pas à pas, m’envahir :
La forêt et mon cœur, tous deux semblaient gémir…
Que le printemps est loin, comme il est attendu !
Mais sur quel faux chemin s’est-il encor perdu ?
N’est-il pas impatient de cesser son errance
Et de voir les bourgeons sortir du long silence ?
En écoutant le vent rebelle et insoumis,
J’enfonçais mes talons dedans la neige grise
Que cette fin de mars salissait à sa guise.
Le vent s’entortillait autour des rameaux nus
Et j’entendais flotter dans ces bois ingénus
Des bruits secs et soudains, des râles tourmentés,
Et des craquements creux sans cesse répétés.
La crainte m’enserrait dans sa chape de froid
Car j’avoue que ce vent me remplissait d’effroi.
Dans la morne forêt d’où fuyaient les mésanges,
Je frissonnais d’humer ces bruissements étranges.
Le souffle de l’hiver me figeait jusqu'aux os
Et son sifflement sourd faisait fuir les oiseaux,
Je sentais mes genoux s’entrechoquer entre eux
Dès que je m’arrêtais sur le chemin noueux.
Un coup de vent brutal a secoué les troncs,
Il tournoyait autour et m’attaquait de front,
Il se glissait partout, jusque dans la feuillée,
Soufflant son air glacial sous la neige affolée.
Autour, les baliveaux continuaient de ployer
Et j’entendais souffrir l’écorce du noyer,
Soumise et indomptable en cette saison morte,
Elle impose le Temps, la Nature est trop forte !
J’étais seule à marcher sur ces étroits sentiers,
Longeant les joncs plaintifs et les vieux noisetiers,
Je sentais la frayeur, pas à pas, m’envahir :
La forêt et mon cœur, tous deux semblaient gémir…
Que le printemps est loin, comme il est attendu !
Mais sur quel faux chemin s’est-il encor perdu ?
N’est-il pas impatient de cesser son errance
Et de voir les bourgeons sortir du long silence ?
5 commentaires
Imparfait · le mercredi 1 avril 2015 à 20:41
Je me demande qu'elle est la température actuelle chez toi en ce début avril mais je suppose qu'elle doit être bien en-dessous de la notre et pourtant, les hirondelles tardent à venir et avec elles c'est le printemps tout entier qui cherche sa route!
Merci pour ce partage dans ce paysage glacial mais toujours magnifique qui fait de notre nature un émerveillement de tous les jours et en toute saison.
Au plaisir de te lire Lucille et je te souhaite une bonne journée.
Amitiés poétiques
Christophe B. · le mercredi 1 avril 2015 à 21:16
Cela devrait être sympathique de faire une promenade en foret avec vous deux )) ! Entre les dents de l'une et les genoux de l'autre , il ne vous manque plus qu'un homme pour se geler les ... ! Rires bien sur!
C'est un magnifique poème! Vraiment bien écrit, comme Marie, j'ai eu l'impression de marcher avec toi tant tout ce que tu vois et ton feeling de la nature est juste . C'est la première fois que je te lis et je reviendrais, je t'envoie un peu de soleil et de chaleur de Cannes. Bien à toi.
Christophe.
domidom · le mercredi 1 avril 2015 à 22:18
Lire ce poème fut un régal...
Je ne connais pas le Canada, mais, je suis une fidèle de l'émission télé (les convois de l’extrême), et si j'admire toujours la beauté des paysages, je frisonne, rien qu'à l'idée de vivre au milieu de cette neige, je suis comme Imparfait, très frileuse, mais, si tu n'as pas le bout des doigts gelés, continues à nous régaler par tes écrits....
A bientôt...
Amitiés, Domino/pour Domie...
domi · le jeudi 2 avril 2015 à 10:49
(amimots)
Lucille · le jeudi 2 avril 2015 à 16:12
C'est sans doute difficile à imaginer pour vous mais, en ce début d'avril, les boisés et les forêts du Québec sont encore enneigés et le retour des oiseaux et des bourgeons n'est pas pour demain. Merci de vos commentaires et à bientôt!
Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.