Un rêve dans son nuage

Un coup frappé à la porte de mon cœur m’imposa brusquement le silence. Je sentis aussitôt mon sang se glacer dans mes veines. Après une brève hésitation, je quittai la maison pour suivre le geai bleu qui m’appelait de son chant. Il volait en direction du saule solitaire où se perchait son nid. Depuis longtemps déjà cet arbre, vieux confident courbé par dessus la rivière, servait de refuge à mes secrètes peines. Pressée d’arriver, je courais parmi les fleurs sauvages, essayant d’éviter les cailloux du chemin qui perçaient au travers de l’herbe. Mes pas martelaient la terre jusque dans ma tête.
En ce début de saison des amours, le chant striduleux des cigales emplissait la fin de ce jour particulier. Tout était paisible, tout sauf mon cœur troublé. Ma main gardait précieusement un papier froissé rempli d’une écriture cursive jetée sur la feuille d’une main courante et fébrile.
Arrivée près du rocher surplombant le ruisseau, je m’assis à l’ombre des rameaux retombants pour réfléchir, mais le silence s’imposait encore. Peu à peu, les ombres commencèrent à s’échapper de ma mémoire. L’émotion retenue captive dans l’espace suspendu tremblait du désir de sortir du chaos. Le silence, envahi de peine, de crainte et de chagrin, s’approchait lentement du moment où il se dépouillerait de ses chaînes. Trouverais-je le courage de relire ces adieux, mots complices intimes, qui menaient mon cœur jusqu’à un échalier me paraissant, cette fois, insurmontable ? Une cécité brumeuse me dissimulait mes véritables sentiments.
Soudain, à travers le brouillard, je crus voir un homme arriver. Était-ce bien celui que je n’attendais plus ? Paralysée par la frayeur de me tromper, je croyais néanmoins apercevoir sa toison argentée, ses épaules larges, ses yeux caressants… Allait-il, d’un moment à l’autre se pencher vers moi pour m’embrasser? Je m’abandonnerais sans réserve, sans résistance, ici même, à l’instant, en écoutant le chuchotement de la rivière. Lentement, sans se presser, nous irions ensemble reconquérir le pays de la tendresse, de la douceur et des délices.
Si près de ce bel homme aux allures de paysan heureux, je ne pouvais plus bouger. Déposant la canardière qu’il tenait à l’épaule, il eut un long soupir et me dit… « Je reviens de la mare, et ce n’est pas encore aujourd’hui qu’on cuira du canard! » Comme un rêve dans son nuage, j’entends la voix familière ajouter : « Que fais-tu là chérie, tapie dans la pièce sombre, que tiens-tu donc dans ta main ? Tes mots croisés… tu t’es encore endormie sur tes mots croisés! »
En ce début de saison des amours, le chant striduleux des cigales emplissait la fin de ce jour particulier. Tout était paisible, tout sauf mon cœur troublé. Ma main gardait précieusement un papier froissé rempli d’une écriture cursive jetée sur la feuille d’une main courante et fébrile.
Arrivée près du rocher surplombant le ruisseau, je m’assis à l’ombre des rameaux retombants pour réfléchir, mais le silence s’imposait encore. Peu à peu, les ombres commencèrent à s’échapper de ma mémoire. L’émotion retenue captive dans l’espace suspendu tremblait du désir de sortir du chaos. Le silence, envahi de peine, de crainte et de chagrin, s’approchait lentement du moment où il se dépouillerait de ses chaînes. Trouverais-je le courage de relire ces adieux, mots complices intimes, qui menaient mon cœur jusqu’à un échalier me paraissant, cette fois, insurmontable ? Une cécité brumeuse me dissimulait mes véritables sentiments.
Soudain, à travers le brouillard, je crus voir un homme arriver. Était-ce bien celui que je n’attendais plus ? Paralysée par la frayeur de me tromper, je croyais néanmoins apercevoir sa toison argentée, ses épaules larges, ses yeux caressants… Allait-il, d’un moment à l’autre se pencher vers moi pour m’embrasser? Je m’abandonnerais sans réserve, sans résistance, ici même, à l’instant, en écoutant le chuchotement de la rivière. Lentement, sans se presser, nous irions ensemble reconquérir le pays de la tendresse, de la douceur et des délices.
Si près de ce bel homme aux allures de paysan heureux, je ne pouvais plus bouger. Déposant la canardière qu’il tenait à l’épaule, il eut un long soupir et me dit… « Je reviens de la mare, et ce n’est pas encore aujourd’hui qu’on cuira du canard! » Comme un rêve dans son nuage, j’entends la voix familière ajouter : « Que fais-tu là chérie, tapie dans la pièce sombre, que tiens-tu donc dans ta main ? Tes mots croisés… tu t’es encore endormie sur tes mots croisés! »
7 commentaires
rivaudais · le samedi 20 février 2016 à 22:12
Pierre · le samedi 20 février 2016 à 22:21
te littéraire ! Amitiés, Pierre
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 21 février 2016 à 07:54
Il me vient une idée. Tu n'es surtout pas obligée d'y adhérer. Une autre invitation : à écrire quelque chose avec moi et à le poster sur le site. Un poème ou un texte en prose ? En ce moment, j'ai en projet de faire des poèmes à deux (un avec Aline), c'est très sympa, très groovy ! Et puis, pour le site, dont nous sommes déjà des anciens, je trouve que ce lien francophone entre tous les poètes, est une chose magnifique. Tu n'es pas la plus éloignée, un nouveau sur le site habite en Nouvelle-Calédonie (près de la Nouvelle Zélande !).
Alors, un écrit partagé, transocéanique (Paris-St-Laurent/Québec, 3,160 miles, 5,100 km), ça serait super pour notre cher site de poésie.
Bien entendu si cela ne t'intéresse pas, il n'y a aucun problème. Je te laisse la réflexion. Tiens, un th-me d'écriture qui se situerait simultanément sur les rives du St-Laurent et à Paris. Bon dimanche à venir pour toi, Lucille, il fait encore nuit au Québec et l'aube se lève à Paris. Avec toutes mes amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Lucille · le lundi 22 février 2016 à 00:21
Rivaudais: Je suis toujours très heureuse de lire un de tes commentaires et, je l'avoue, encore plus lorsqu'il s'agit de l'un de mes textes!
Pierre merci à toi d'avoir pris le temps de lire ce( long?) texte et d'avoir manifesté ton appréciation :-)
Philippe... Ah mais oui, bien sur, ce sera avec plaisir que je croiserai mes vers avec les tiens. Je sens que nous allons nous amuser et j'attends ta proposition avec impatience!
PHILIP (JARDIN DE LUNE) · le lundi 22 février 2016 à 19:10
Nous conviendrons en commun du thème à retenir. Bien sûr, ça peut-être un constraste Québec/France, Paris/bords du St-Laurent ou tout autre sujet. Si tu dis "je sens que nous allons nous amuser" c'est que ça t'enthousiastes. C'est good ! Bonne vibes en perspective. On va vite s'y mettre. "Attache ta tuque" comme on dit en québecquois !!!! Bises de Paris, Lucille. Amitiés. Philip.
Réjane · le vendredi 26 février 2016 à 22:08
Lucille · le samedi 27 février 2016 à 02:10
Euh... Est-ce bien Réjane qui sort de sa tanière? C'est vrai que si c'est encore l'hiver ici, c'est déjà le printemps chez toi. C'est vrai aussi que c'est un «vieux » texte... Tu sais mieux que quiconque reconnaître l'écriture de ta petite sœur québécoise...
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