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L'imaginaire

Rue Rambuteau, draguent les filles

Le dimanche 20 mars 2016 à 20:03, posté par Magnouac · 181 lectures

Rue Rambuteau, draguent les filles

Le soir, rue Rambuteau, campent nombre de filles,
Toutes venues d’Oran et du bled alentour.
Entre halles et marais, le soleil disparu,
Un silence pesant règne sur la ruelle.
Les filles sont alignées, bottes contre le mur,
Les sacs en bandoulière, cigarettes aux doigts,
Toutes plus aguichantes les unes que les autres,
Têtes rondes et brunes, aux cheveux noirs bouclés,
Des corps gracieux moulés dans des habits de cuir,
Des poitrines saillantes suscitant le désir,
Des jupes coupées court, fendues sur le côté,
Exhibant aux curieux des jambes attrayantes,
Des cambrures de rein invitant à monter,
Des lèvres et des prunelles accrochant le regard.
Rue Rambuteau.

Mais le jeu se complique quand le rôdeur s’approche.
Car sortent les barbeaux des voitures et bistrots,
Mines patibulaires, les deux mains dans les poches,
Entourant autant filles que clients aguichés.
Rue Rambuteau.

Que souhaites-tu mon gars ? La passe la moins chère !
L’on transige un peu et l’on se met d’accord.
L’on monte l’escalier craquant et escarpé,
Sa main gantée caresse la rampe qui le borde,
Ses hanches se dandinent, son sac se balance,
Ses talons hauts martèlent chaque marche de bois.
Sa courte mini-jupe remonte à chaque pas
Exposant jarretelles et dessous provoquants.
Rue Rambuteau.

Lit, lavabo, bidet garnissent sa mansarde.
Si son sourire est doux, ses yeux noirs sont brillants.
Ses déambulations attisent l’impatience.
Visage et gorgerette aiguillonnent l’ardeur.
Rapide est le plaisir, habiles sont ses gestes.
Un baiser accompagne les ultimes frissons,
Et la flamme s’éteint à l’ultime caresse.
Reste à mettre un billet sur un bas guéridon
Et à se dire adieu par un amer sourire.
Brave fille, pauvre gars, indicible plaisir,
Rue Rambuteau.



texte
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1 commentaire

domidom · le lundi 21 mars 2016 à 16:42

Un plaisir aussi vieux que la nuit des temps....
Autrefois, il y avait les maisons closes pour ce genre de service, aujourd'hui c'est un peu différent, seuls les macs sont toujours d'actualité, ils sont là pour surveiller et surtout empocher le pognon......
(pauvres filles), comme c'est bien écrit...
Au plaisir, Domie...

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