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Les fenêtres de l'âme

vertigo

Le jeudi 17 janvier 2013 à 06:45, posté par michel · 89 lectures

Vertigo



L’absence est assourdissante
Et la présence silencieuse.
Le passé se meurt
Et l’avenir est mort
Avant d’être.
Je ne les pleure pas.
Mes yeux sont secs.
De larmes superflues.
Une économie,
Comme celle de la parole.
En silence
Je me raconte.
Blasé, je ne m'engueule plus.
Les souvenirs deviennent fades
Et doucement s'effacent.
Rien ne vient les remplacer.
Peur.
Les images, les sons, les odeurs
Ne se bousculent plus
Aux portes de ma mémoire.
Comme du tranchant de la main
On trie les lentilles
Sur l'immaculé du plat,
Ma conscience met de côté
L'impropre à la consommation.
Attente de rien,
J’ai vu cent fois le film.
Autocritiques subjectives, tribunal.
Jugement, récidive,
Lourde peine.
Appel !
Au secours !
Coupure pub et ça repart.
Matins.
Des volutes de brumes se dissipent.
Odeur de la terre humide.
Soleil timide aux cimes des grands arbres.
A l’horizon les étoiles disparaissent,
L’aube de la mer est blanche.
Le goémon est encore mouillé sur le sable.
Des milliards de diamants sur un écrin bleu.
C’est le vent qui chasse la neige de la crête.
Une tache noire sur de l’émail blanc.
Une araignée ou une carie.
L'escalope de dinde se décongèle.
Des petits pois « ouverture facile »,
Bouffe.
Une assiette.
Ça n'cause pas, une assiette.
Ça n'fait pas la gueule, une assiette.
Ça n'a pas d'états d’âme, une assiette.
C'est tout con, une assiette.
Ça n'a pas de cœur, une assiette.
Pas de cul non plus.
Pas plus que de poils.
D'ailleurs, si elle en avait
Je me plaindrais au maître d'hôtel.
Et les saisons passent et repassent.
En manque de joies
En manque de peines
Neutres.
J'ouvre mes volets sur d'insipides jours.
Que le soleil est triste parfois
Quand sa lumière ne parvient pas
A chasser l’ombre
La mélancolie.
Quand entouré de chants d'oiseaux
J'ai envie de tuer mon chien.
Par jalousie
Parce que pour lui,
Le temps n'existe pas.
Gymnopédies.
Gnossiennes.
Notes épurées de Satie
Harmonie de l'ennui.
Par trois fois.
Je renie, je maudis et je pisse
Sur le houx qui se refuse à mourir.
Je vais crever en absence,
Dans le disparu du jouir.
L'âme oublie.
Les couilles s'assèchent.
Le moi se refuse.
Clepsydre.
Sans fond,
Les espoirs et la chair
Tombent
Dans le non futur.
Statue de pierre sans statut,
Spectateur sans âge
Je participe passé des verbes
Vivre et aimer.
Con,
J'attends incrédule
Refusant le vouloir
De mon pouvoir
De dire non
A l'angoisse du temps qui passe.
Viens !
Bouleverser mon rien
Avant qu'il ne m'étouffe.
Deviens mon côté pile
Pour équilibrer ma vie
Et que l'espoir éclaire
Ma face cachée.
Un Te Deum au crépuscule
Attente de la fin hertzienne
Pour enfin vivre.
Il y a des gens,
Des paroles,
Des couleurs
Et toi sous un toit
A nous
Dans mes rêves.
Un requiem à l'aube
Attente du jour
Pour encore vivre
L'isolement,
Le silence,
La grisaille,
Et l'absence
De mon quotidien.
Les flammes du crématoire
Qui tous les jours
Sont de plus en plus proches
Me tendent les bras.
Viens !
Me chantent-elles,
Sirènes à la con
De l'irrémédiable.
Viens !
Te crie ma voix d'dedans
Redonne-moi
Des souvenirs
J’ne veux pas partir aux flammes
Trop sec,
Aride d'amour.
Viens !
Ma terre brûlée
Te donnera plus de blé
Que le meilleur avril de Brel.
Avant que ne se pointe à mon horizon
La Semaine que les autres finiront.
Et le lendemain
Que les autres vivront.
Viens !
Te crie ma voix d'dedans
Viens !
Que je te donne l'amour
Qui sommeille,
En réserve de toi.
Viens !
Que je te donne mon vouloir
Qui sommeille,
En réserve de notre futur.
Et puis, non.
Ne viens pas,
Ne viens pas
Perdre ton temps
A réveiller une ombre,
A ouvrir ma bouche
Au souffle de la vie.
L'herminette rituelle
A été perdue dans les sables
De la Vallée des Rois.
Non,
Ne viens pas.
Ne souille pas tes mains
A caresser mon corps.
Ne souille pas tes yeux
A regarder mon âme.
Pardon d'avoir voulu,
T'imposer
Égoïste, le partage
De mes souffrances,
De mon absence de tout,
De mon trop plein de vivre,
De mon moi.
Alors,
Sur la dernière marche
De l’escamoche
De ma vie
J’ai le vertige;
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2 commentaires

domidom · le jeudi 17 janvier 2013 à 14:17

Cet écrit m'a beaucoup bouleversé, je me sentais si proche de ce trop plein de vie, que je suis allée voir ton profil, alors j'ai tout compris...
J'ai pourtant souri en lisant tous ces vers si bien imagés, notamment, (l'assiette qui n'a pas de poil), (Ce chien que tu aimerait tuer par jalousie) et (cette horloge qui tourne inexorablement)...
Tu as passé au tamis toute une longue vie, et qu'en reste -t-il???
Des souvenirs qui parfois nous font frôler la neurasthénie....
Au plaisir de te lire....
Amitiés...
Domie...

Michel (Signes de Vie) · le jeudi 17 janvier 2013 à 19:59

Tu as du souffle, l'ami !
Et de la suite dans les idées !
Le bonjour à la SGDL ;)

http://www.mespoemes.net/signesdevie

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