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Les fenêtres de l'âme

criss!!!criss!!!

Le lundi 28 janvier 2013 à 16:53, posté par michel · 81 lectures

Criss ! ! ! Criss ! ! !



La nuit a déposé du coton hydrophile sur les rameaux du fusain. Elle a peint en blanc le village et la campagne d’une couche épaisse comme celle déposée par Vlaminck sur ses fauves d’hiver. La neige emprisonne les bruits, elle redonne aux sons leurs vibrations originelles, sans écho. Elle étouffe les plaintes de ceux qui souffrent. Tu ne peux pas gueuler quand t’as les pieds gelés et que ton menton tremble de froid.
J’ai envie de façonner un bonhomme de neige et de lui donner la vie en lui plantant une carotte à la place du nez. Mais, tout bien réfléchi, pourquoi créer un être dont la nature éphémère est tellement semblable à la notre. Et puis, je ne veux pas pleurer la perte de mon enfant de neige tué par une hausse de température venue du sud.
Et si la neige était noire, les bonshommes de neige chanteraient des gospels et les robes des mariées seraient les robes de deuil de leur pucelage depuis longtemps perdu. On aurait mangé du pain blanc pendant la guerre. J’aurais des idées blanches et Damia aurait chanté « Les roses noires ».
La neige, c’est la housse que met la nature sur son œuvre comme on le fait dans les maisons des riches pour protéger les meubles de la poussière pendant une longue absence. C’est peut-être, aussi, le linceul qui nous cache l’image de la mort sous lequel la gestation s’opère silencieuse, immuable, mystérieuse.
Criss ! Criss ! Le bruit des pas. L’empreinte du passage s’inscrit déjà dans le passé. Quel dommage de rompre l’harmonie immaculée de la moquette blanche du pré que Saint Maclou a découpé aux dimensions du cadastre. Pas une trace, aucun passage d’animal n’a violé la feuille blanche comme pour respecter sa beauté. Moi, je ne peux m’empêcher de prendre un certain plaisir à souiller de mes pas ce que la nature à bien voulu me donner à admirer. Ça n’a servi à rien car maintenant c’est laid ces traces dans la neige. Il est trop tard le mal est fait, mais comme un gamin j’ai fait crisser la neige, j’ai cassé mon nouveau jouet.
Ne crois-tu pas, camarade, qu’il est temps d’arrêter de casser.
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1 commentaire

armandstas18 · le lundi 28 janvier 2013 à 21:41

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http://www.mespoemes.net/armandstas18 très beau texte michel merci amitiés armand

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