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Les fenêtres de l'âme

transe

Le mercredi 20 février 2013 à 08:12, posté par michel · 77 lectures

Transe



Octobre 1981...

Les bougies, posées à même le sol, projettent des ombres vacillantes sur les murs de la remise. Les dieux et les démons s’infiltrent avec le vent dans la pièce sombre. Doucement, l’atmosphère se charge. L’angoisse, alors, pénètre l’âme, loin, très loin, là où les origines sont cachées.

L’esprit de la Brésilienne entend la musique des sphères. Symphonie de notes nées de la pluie tropicale martelant l’arbre mort il y a longtemps très longtemps. La métisse, entre en transe. Dans le silence pesant, le rituel du geste s’accomplit. La sueur perle sur son visage déformé par un rictus de souffrance interne.

Un gémissement s’échappe de sa gorge à chaque expiration. D’abord imperceptible, les fantômes présents semblent tous vouloir s’exprimer par la bouche grimaçante de l’initiée. Les convulsions de la Brésilienne sont de plus en plus fréquentes. Ma propre respiration devient de plus en plus haletante. Les parfums d’encens et de cannabis sont brassés par les mouvements syncopés et frénétiques de l’ioa qui s’exécute aux rythmes des tambours, là-bas près de Bahia.

Les jambes écartées, les yeux exorbités fixant les profondeurs indicibles du royaume des morts, elle s’arrête. Seules, ses épaules sont agitées de légères secousses. La prêtresse vient de prendre possession d’une âme. Et, d’une voix venue, d’outre tombe, elle parle.
Je suis assis en tailleur sur le ciment glacé de la pièce avec Denis, le mari de Maria la Brésilienne, et Dominique un ami récent. Nous sommes placés en triangle, à égale distance les uns des autres. Je les distingue plus que je ne les vois. Tout comme moi, ils retiennent leur souffle, figés, étonnés, surpris par la réalité de ce qui devait être une parodie, un jeu, une provocation. Maria nous ayant affirmé être prêtresse vaudou, possédant les pouvoirs de son ministère, nous l’avons mis au défi de nous en faire la preuve après quelques ti-punch et pétards dont l’herbe de bonne qualité provenait des hauts plateaux afghans.

Elle est debout, me fait face et pointe vers moi un doigt tremblant « Toi, tu finiras clochard ! »

La sentence vient de tomber. Des trois, je suis le seul auquel l’esprit s’est adressé. Je mentirais si je n’avouais pas, qu’à cet instant, un frisson me parcouru et qu’un vide imperceptible et fugace envahit mon cerveau.

Perplexes, nous quittons la petite maison du bord de Seine. Le destin me prenant la main.

Octobre 1996

R.M.I.
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2 commentaires

zzzzzzz1622 · le mercredi 20 février 2013 à 12:00

--------Bonjour Michel, quelle belle fin. Je pense que destin est une forme de foi en soi, Je pense que nous avons tous une unique raison de paraitre dans l'apparence, parce qu'il faut savoir se reconnaitre dans le miroir pour que l'espoir estompe tout désespoir. Femme fatal, idéale, banale ? Qu'importe ! L'important, c'est bien la rose ? Amitiés<3
http://www.mespoemes.net/zzzzzzz1622

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 20 février 2013 à 16:08

Mystères insondables aux portes de l'irrationnel ! Rêve éveillé ou expérience vécue stupéfiante ? Hum...hum.... j'observe toutefois qu'il y avait de l'herbe au menu....puis, plus tard, du ti-punch !!!!! C'est vrai, ça booste l'ambiance et favorise la transe, n'est-il pas ? Moi je suis plus dans la méditation, je me nourris de la musique des sphères....enfin, quand, je peux !!!! J'attends ton poème pour demain. On verra bien si tout est tout noir ou tout blanc ! Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

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