L'ABSENTE -suite- n°2
Youcef était un gars simple et honnête, au physique plutôt agréable, une expression de
bienveillance avait marqué ses traits, et son sourire chaleureux en faisait quelqu'un avec qui on aime laisser le temps s'écouler, ses paroles étaient empreintes de douceur et de sagesse.
La journée s'étiolait dans la chaleur diffuse qui semblait accabler le village tentier...il embraserait peut être cet univers ou le temps paraissait avoir suspendu son cours, si rien ni personne ne venait le réveiller de sa torpeur.
Loubna était restée sous le palmier dont l'ombre grandissait à mesure que le jour baissait, tout en le dévorant des yeux.. Elle était abassourdie par la cocasserie de la situation: ils étaient là tous deux, continuant à attendre leur improbable retrouvaille, malgrés la distance qui les séparait, et qui était dérisoire, désormais.
Elle n'arrivait pas à se résoudre à sortir de sa "retraite", sous son arbre et son souffle s'était enfin régulé. Elle profitait maintenant d'une très légère brise qui s'était levée,
comme si son regard porté par l'espoir qu'il se lèverait du banc pour venir à sa rencontre suffirait par son intensité...Il n'en n'était pas possible autrement: Il allait sortir de sa léthargie, voir qu'elle l'attendait, s'approcher, balbutier un timide bonjour, et plus rien n'aurait désormais d'importance puisqu'ils se seraient enfin retrouvés. N'était-il pas revenu pour elle, et rien que pour elle?...Il n'en n'était pas possible autrement! mais qu'attendait-il pour venir auprès d'elle? Pourquoi son regard s'était-il égaré, ne la distinguant pas malgré sa relative proximité?
Youcef ressentait que toutes les dimensions qui l'enveloppaient le portaient et l'abandonnaient à la fois. Il était persuadé qu'un malheur était arrivé pendant son absence, que le temps lui avait reprit sa Loubna. Comment aurait-il pu en être autrement? Si elle avait été là, elle aurait apparu, accouru, et si elle était
seulement présente au village mais occupée, quelqu'un serait venu faire l'entremetteur...
L'esprit envahit par les doutes, il héla un taxi machinalement, puis s'y engouffra pour rejoindre la ville la plus proche.
Loubna était stupéfiée. Le sol semblait se dérober sous ses pieds: le temps s'était de nouveau figé pour elle mais c'était oh combien plus douloureux et plus déconcertant que le jour de son départ...
Le soir qui étendait ses ombres laissait place aux pépiements des oiseaux, venus rendre un dernier hommage au déclin du jour, les cris et les pleurs des enfants, tout cela semblait appartenir à une autre dimension, et dénué de sa douceur habituelle.
Elle prit le prétexte d'être migraineuse pour s'extirper aux convenances, car en cette période de fêtes, les visites étaient quasi continuelles, et elle avait tant besoin de se retrouver seule.La journée avait été harassante. Contre toute attente, Loubna tomba dans un sommeil profond rapidement. Il la mena dans un tunnel qui guidait ses pas. Il était sombre et infiniment long. Impossible de faire marche arrière, et une puissance l'attendait là, toute proche dans l'infini de son errance. Quelque chose qui lui demandait de faire un choix: choisirait-elle de survivre?
Elle se réveilla au milieu de la nuit, haletante, toute en sueur, et sa tête fourmillait d'une foule de questions. Elle s'assit sur son lit et but quelques gorgées d'une eau fraîche provenant d'une carafe en terre.
Loubna inspira lentement pour dissiper l'impact de son rêve et elle revit le film de ses retrouvailles ratées avec Youcef. Quel pouvait-il bien en être le lien?
Elle eut envie de monter à la terrasse de la demeure familiale, plongée dans une nuit étoilée et silencieuse.
bienveillance avait marqué ses traits, et son sourire chaleureux en faisait quelqu'un avec qui on aime laisser le temps s'écouler, ses paroles étaient empreintes de douceur et de sagesse.
La journée s'étiolait dans la chaleur diffuse qui semblait accabler le village tentier...il embraserait peut être cet univers ou le temps paraissait avoir suspendu son cours, si rien ni personne ne venait le réveiller de sa torpeur.
Loubna était restée sous le palmier dont l'ombre grandissait à mesure que le jour baissait, tout en le dévorant des yeux.. Elle était abassourdie par la cocasserie de la situation: ils étaient là tous deux, continuant à attendre leur improbable retrouvaille, malgrés la distance qui les séparait, et qui était dérisoire, désormais.
Elle n'arrivait pas à se résoudre à sortir de sa "retraite", sous son arbre et son souffle s'était enfin régulé. Elle profitait maintenant d'une très légère brise qui s'était levée,
comme si son regard porté par l'espoir qu'il se lèverait du banc pour venir à sa rencontre suffirait par son intensité...Il n'en n'était pas possible autrement: Il allait sortir de sa léthargie, voir qu'elle l'attendait, s'approcher, balbutier un timide bonjour, et plus rien n'aurait désormais d'importance puisqu'ils se seraient enfin retrouvés. N'était-il pas revenu pour elle, et rien que pour elle?...Il n'en n'était pas possible autrement! mais qu'attendait-il pour venir auprès d'elle? Pourquoi son regard s'était-il égaré, ne la distinguant pas malgré sa relative proximité?
Youcef ressentait que toutes les dimensions qui l'enveloppaient le portaient et l'abandonnaient à la fois. Il était persuadé qu'un malheur était arrivé pendant son absence, que le temps lui avait reprit sa Loubna. Comment aurait-il pu en être autrement? Si elle avait été là, elle aurait apparu, accouru, et si elle était
seulement présente au village mais occupée, quelqu'un serait venu faire l'entremetteur...
L'esprit envahit par les doutes, il héla un taxi machinalement, puis s'y engouffra pour rejoindre la ville la plus proche.
Loubna était stupéfiée. Le sol semblait se dérober sous ses pieds: le temps s'était de nouveau figé pour elle mais c'était oh combien plus douloureux et plus déconcertant que le jour de son départ...
Le soir qui étendait ses ombres laissait place aux pépiements des oiseaux, venus rendre un dernier hommage au déclin du jour, les cris et les pleurs des enfants, tout cela semblait appartenir à une autre dimension, et dénué de sa douceur habituelle.
Elle prit le prétexte d'être migraineuse pour s'extirper aux convenances, car en cette période de fêtes, les visites étaient quasi continuelles, et elle avait tant besoin de se retrouver seule.La journée avait été harassante. Contre toute attente, Loubna tomba dans un sommeil profond rapidement. Il la mena dans un tunnel qui guidait ses pas. Il était sombre et infiniment long. Impossible de faire marche arrière, et une puissance l'attendait là, toute proche dans l'infini de son errance. Quelque chose qui lui demandait de faire un choix: choisirait-elle de survivre?
Elle se réveilla au milieu de la nuit, haletante, toute en sueur, et sa tête fourmillait d'une foule de questions. Elle s'assit sur son lit et but quelques gorgées d'une eau fraîche provenant d'une carafe en terre.
Loubna inspira lentement pour dissiper l'impact de son rêve et elle revit le film de ses retrouvailles ratées avec Youcef. Quel pouvait-il bien en être le lien?
Elle eut envie de monter à la terrasse de la demeure familiale, plongée dans une nuit étoilée et silencieuse.
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11 commentaires
lilorev · le mercredi 15 février 2012 à 22:42
J'ai juste relevé quelques petits oublis comme le "la"cocasserie..
Je t'envoie un email c'est plus simple, tu peux effacer mon commentaire je t'en ferais un autre. Bisous
mauvegirl · le mercredi 15 février 2012 à 23:12
j'ai rajouté un tout petit paragraphe à l'instant, et ravie que tu sois la prems à me lire.
merci infiniment de me corriger les petites imperfections.
bigbisous ma douce.
bonne nuit.
lilorev · le mercredi 15 février 2012 à 23:50
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 16 février 2012 à 10:11
mauvegirl · le jeudi 16 février 2012 à 22:10
c'est un vrai plaisir d'écrire quand j'arrive à avoir la paix 5 mn, ce qui est pas évident avec une famille à la con...
c'est un vrai plaisir de savoir que tes compliments sont sincères.
moi aussi je t'embrasse.
lesprosesdeslim · le vendredi 17 février 2012 à 11:01
La fin de la suite n°2 dans laquelle tu fais état de cette terrasse familiale où Loubna est montée prendre l'air rend compte de sa solitude par cette nuit pourtant étoilée. Cela nous renvoie quelque peu à la suite de cette histoire sentimentale dans laquelle l'espoir est tout de même et malgré tout au premier plan. La chaleur de l'Egypte avec ses palmiers et cette eau toute fraîche que tu as certainement pris plaisir à apprécier dans une carafe en terre donne davantage d'émotions à cette hypothétique rencontre entre Youcef et Loubna, comme si cette incertitude devait à tes yeux entretenir la terrible impatience de ceux qui te lisent. Les palmiers, la profondeur des nuits chargées de ces effluves lourdes propre à l'Egypte, ces grandes terrasses où l'on prend plaisir à admirer de plus prés l'immensité du ciel et les innombrables étoiles qui l'illuminent, ce petit clin d'œil consacré aux études de Youcef loin de sa bien aimée, l'incontournable et sacrée fête de l'Aïd, tout ce cadre, bien que relativement éloigné du texte originel de "l'Absente" et pour habile qu'il soit, confère à cette belle histoire d'amour une connotation extrêmement philanthropique où seuls ont droit de cité les plus nobles sentiments de l'homme. En plus, ils nous sont élégamment communiqués grâce au choix judicieux de tes jolis mots et servis à foison dans une jolie carafe en terre...
Je ne sais comment te remercier pour avoir insufflé à "l'Absente" une toute autre dimension et imaginé une suite aussi riche en émotions à l'égarement et à la solitude de celui qui devait encore probablement pour longtemps connaître les affres de ces nuits sans fin passées sur un banc recouvert de mousse verte...Merci pour ton partage. Amicalement. Slim.
domidom · le vendredi 17 février 2012 à 16:08
Comme dans toutes les nouvelles agréables à lire, il faut, suite et fin.....
A plus....
Bisous...Domie...
mauvegirl · le vendredi 17 février 2012 à 23:54
l'espoir est une chose impalpable, insaisissable, intemporelle, dans son absolu, et ma nouvelle se situe autant, voir plus dans ces concepts que dans une histoire sentimentale à proprement parler.
parce que ça a été mon ressenti à la lecture de "ton absente", parce que c'est ce qui m'a donné l'envie d'en faire une suite.
j'ai tellement aimé la température idéale que confère cette "olla" à l'eau que je n'ai pas pu m'empêcher de l'évoquer ...et n'y a-t-il pas un dicton qui dit que celui qui a bu l'eau du Nil ne pourra s'empêcher d'y revenir?...
tu vas voir que ce n'est pas par tendresse que j'ai délogé Youcef de son banc... je laisse planer le mystère...ça reste entre nous LOL!
amicalement Slim.
mauvegirl · le vendredi 17 février 2012 à 23:57
j'ai hate de continuer, mais pas de finir, alors il te faudra te faire à l'idée que le suspens va durer encore un peu!!! ^ ^
bigbisous ma Domie.
imparfaitlibre · le dimanche 19 février 2012 à 15:10
cet épisode nous fait penser à un rêve.
Elle rêve de l'homme qu'elle aime et c'est alors qu'elle est en train de se réveiller qu'elle le voit disparaitre au bord de cette voiture.
Cet homme est-il le simple objet de ses rêves qui fait que son inconscient finit par perdre la notion de rêve et de réalité, ou bien l'a-t-elle réellement revu?
C'est au fil de ta nouvelle que nous aurons une réponse ma Lola.
gros bisous ma puce.----
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
bluegirl · le lundi 20 février 2012 à 21:41
ce qui est sur, c'est qu'il est bien revenu pour elle...mais la mérite-t-il?
n'as tu pas eu la sensation des milliers de fois de vivre un rêve, et qu'il suffirait qu'on te pince pour que tu te réveilles...et là, à peine réveillée, tu te demandrais si tu n'es pas encore en train de réver?
bisous du coeur : )
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