L'ABSENTE -suite- n°3
La nuit était claire sur le village plongé dans un calme qui ne saurait durer.
Alors Loubna appréciait d'autant plus le silence qui l'enveloppait, si paradoxal aux petites voix qui l'assaillaient...tous ces questionnement qui ressurgissaient à propos de la visite éclair de Youcef, et ce départ innatendu qui avait réouvert la brèche
de ses incertitudes. Elle ne savait pas ou elle en était, et si son abandon au coeur de la nuit n'allait pas finir par la délivrer, puisque Youcef n'était pas là, que peut être elle ne reverrait plus jamais...
Elle arpentait lentement la terrasse, pieds nus. Elle découvrit ses épaules pour sentir la petite brise éphémère, s'assit nonchalament sur un vieux fauteuil fabriqué artisanalement avec des branches de palmier, et respira en profondeur en tentant d'extirper une ranceur qui lui semblait tout aussi étrangère à son état d'esprit habituel,
qu'encré en elle par ce sentiment intense d'injustice. Car tous les scénarios possibles imaginables n'auraient pu égaler un tel désarroi!
Youcef était rentré rapidement dans sa famille, dans une petite ville proche ou elle s'était établie durant ses années passées en Afrique du sud. Sa mère restée seule avec une de ses soeurs après le décès de son père était enfin apaisée, tout au bonheur d'avoir retrouvé son fils ainé. Il était si beau son fils, il ressemblait encore plus que par le passé à son père. Elle retrouvait en lui ces liens de profonde affection qu'aucun évènement notoire n'avait ternit, durant les trente deux années qui les unissaient.
Youcef était resté l'enfant préféré, qui chérissait tant sa mère, qui savait se préocuper de sa famille, même depuis l'étranger ou il s'assurait que ses proches ne soient pas dans le besoin.
Youcef avait passé la soirée, assailli par l'affection et les questionnements de ses deux soeurs et de sa mère, interrompu plusieurs fois par les saluts des voisins venus lui souhaiter un bon retour sur ses terres natales.
Ce n'est que très tard dans la nuit qu'il s'assoupit, et seulement alors qu'il repensa à Loubna.
Ses songes étaient troublés par la fatigue de son voyage et des retrouvailles familiales...
Il n'avait pas hésité un instant à faire une halte dans le village ou il avait passé toute son enfance, avant d'arriver chez lui,mais il ne s'était pas donné la peine d'aller au devant des gens tout comme personne n'étant prévenu de son retour, n'était venu l'acceuillir...Tant d'années avaient passé...Il lui semblait que les visages qu'il avait reconnu étaient plongés dans une sorte d'intemporalité qui l'avait empéché d'aller à leurs devants.
Il lui paraissait tout simplement inconcevable de ne pas avoir retrouvé sa Loubna qui l'obnubilait au point de faire abstractraction au cadre et à l'atmosphère de son village natal, allant jusqu'à héler un taxi, sans même prendre le temps pour des retrouvailles qui lui avaient soudain parues incongrues par le fait même qu'elle n'était pas là, qu'elle n'était pas apparue, comme dans ses rèves.
Alors Loubna appréciait d'autant plus le silence qui l'enveloppait, si paradoxal aux petites voix qui l'assaillaient...tous ces questionnement qui ressurgissaient à propos de la visite éclair de Youcef, et ce départ innatendu qui avait réouvert la brèche
de ses incertitudes. Elle ne savait pas ou elle en était, et si son abandon au coeur de la nuit n'allait pas finir par la délivrer, puisque Youcef n'était pas là, que peut être elle ne reverrait plus jamais...
Elle arpentait lentement la terrasse, pieds nus. Elle découvrit ses épaules pour sentir la petite brise éphémère, s'assit nonchalament sur un vieux fauteuil fabriqué artisanalement avec des branches de palmier, et respira en profondeur en tentant d'extirper une ranceur qui lui semblait tout aussi étrangère à son état d'esprit habituel,
qu'encré en elle par ce sentiment intense d'injustice. Car tous les scénarios possibles imaginables n'auraient pu égaler un tel désarroi!
Youcef était rentré rapidement dans sa famille, dans une petite ville proche ou elle s'était établie durant ses années passées en Afrique du sud. Sa mère restée seule avec une de ses soeurs après le décès de son père était enfin apaisée, tout au bonheur d'avoir retrouvé son fils ainé. Il était si beau son fils, il ressemblait encore plus que par le passé à son père. Elle retrouvait en lui ces liens de profonde affection qu'aucun évènement notoire n'avait ternit, durant les trente deux années qui les unissaient.
Youcef était resté l'enfant préféré, qui chérissait tant sa mère, qui savait se préocuper de sa famille, même depuis l'étranger ou il s'assurait que ses proches ne soient pas dans le besoin.
Youcef avait passé la soirée, assailli par l'affection et les questionnements de ses deux soeurs et de sa mère, interrompu plusieurs fois par les saluts des voisins venus lui souhaiter un bon retour sur ses terres natales.
Ce n'est que très tard dans la nuit qu'il s'assoupit, et seulement alors qu'il repensa à Loubna.
Ses songes étaient troublés par la fatigue de son voyage et des retrouvailles familiales...
Il n'avait pas hésité un instant à faire une halte dans le village ou il avait passé toute son enfance, avant d'arriver chez lui,mais il ne s'était pas donné la peine d'aller au devant des gens tout comme personne n'étant prévenu de son retour, n'était venu l'acceuillir...Tant d'années avaient passé...Il lui semblait que les visages qu'il avait reconnu étaient plongés dans une sorte d'intemporalité qui l'avait empéché d'aller à leurs devants.
Il lui paraissait tout simplement inconcevable de ne pas avoir retrouvé sa Loubna qui l'obnubilait au point de faire abstractraction au cadre et à l'atmosphère de son village natal, allant jusqu'à héler un taxi, sans même prendre le temps pour des retrouvailles qui lui avaient soudain parues incongrues par le fait même qu'elle n'était pas là, qu'elle n'était pas apparue, comme dans ses rèves.
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8 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 18 février 2012 à 07:49
Tes deux personnages, Loubna et Youcef, sont de plus en plus prenants de part la manière dont tu nous fait partager leurs émotions. Comme tu dois avoir du plaisir à écrire cette nouvelle, je t'imagine, penchée sur ta feuille de papier, totalement impliquée dans la vie de tes personnages pour lesquels chaque mot que tu écris leur donne vie. Veux-tu que je t'imprime ta nouvelle, avec des illustrations. A la fin, tu auras l'histoire complète. Dis-moi seulement quel genre de photo tu voudrais que je mette en couverture. Bisous et reconnaissance pour cette si belle écriture. Philip.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 18 février 2012 à 07:52
mauvegirl · le samedi 18 février 2012 à 13:41
Loubna et Youcef sont des personnages ordinaires, d'ailleurs pour l'instant je m'amuse à retranscrire un coctail de bribles de vies (pas du tout forcément autobiographiques).
pourrais tu me proposer des illustrations reflétant l'intemporalité, dans le style de l'illustration que j'ai surnommée "invitation" avec l'océan, (pas nécéssairement aussi lumineuses)...et je choisirai!..merci pour l'intérêt que tu portes à ma nouvelle.
bon week and Philip.
bisous du coeur.
domidom · le lundi 20 février 2012 à 13:57
Mes amitiés....Domie...
lilorev · le mardi 21 février 2012 à 01:15
imparfaitlibre · le mercredi 22 février 2012 à 09:37
Les gens se rencontrent un jour et c'est quand ils pensent qu'ils sont faits l'un pour l'autre qu'ils se quittent alors reste en souvenirs une longue ligne de pourquoi.
Le mystère plane autour de ton histoire et on attend la suite ma Lola.
Gros bisous du coeur ma puce.---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre
mauvegirl · le jeudi 23 février 2012 à 22:04
pour LILO,
ce n'est pas l'envie qui me manque de continuer mais j'ai pas assez de temps ni même de condition physique pour rester assise scotchée sur une chaise...
....a bientôt j'espère!
mauvegirl · le jeudi 23 février 2012 à 22:12
sacré paradoxe (manque de sincérité?), de se quitter quand on pense qu'on est fait l'un pour l'autre!!!
quand on se plait vraiment, on ne veut pas prendre le risque de décevoir l'autre, alors le quitter est une lachetée, non?
bisous du coeur mon Imparfaitlibre que j'aime.
besitos.
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