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Rythmique abusive pour papillon désincarné

05 - Petite soeur

Le mardi 5 juin 2007 à 12:20, posté par Meraziel · 331 lectures

En fait jcrois que c'est lui le pire... c'est le premier des trois écrit en l'honneur de Mélusine...mais adressé à Callista

Petite sœur, tu imagines ce que c’est la mort ? l’écho d’un futur abandonné, l’image d’un avenir terrassé. Par le désespoir. Par l’ombre de la tristesse. Par d’autres choses encore.
Cynisme habituel d’un être perdu pour lui-même. Petite sœur, pourquoi n’es-tu que cela ? Pourquoi ne suis-je pas plus à tes yeux que ton confident et peut-être ton frère ? Pourquoi, dit le moi, ne m’aimes-tu pas comme moi ? ça serait pourtant plus simple…
Merci, petite sœur, de m’avoir ouvert les yeux. En fait, je ne suis probablement pas fait pour aimer. Qu’en penses-tu ? tu ne répondras pas. Tu ne répondras jamais. Tu ne liras sans doute jamais ce texte. Cette prose substantielle. Cette idiotie que j’écris cette nuit. Nuit d’encre et de jais, qui m’entoure, m’emplit, me couvre comme une couverture d’obsidienne. Tellement froide. Froide comme la Mort peut-être. Froide comme les ténèbres, ou comme un blizzard coupant, sanglant, où les cristaux de givres se teintent d’écarlate. Les mots sortent des mes doigts et s’inscrivent en rouge, en rouge sang, sur le papier.
Hey, petite sœur, tu crois peut-être que ça n’est rien ? Que tout ces mots couchés sur le papier ne sont que des rêves, des songeries de gosse ? Moi je sais qu’il n’en est rien, que tout est réel. Au delà des mots se cache le vrai sens de mes sensation, la vérité vraie sur ce que tu m’évoques. Chaque lettre est plus dure que la précédente. Chaque phrase plus difficile. Rythmé par une musique sinistre, évocation d’un mal qui n’est pas le mien. Mais tout les maux humains sont identiques ils me semble. Il est si facile de laisser cours à la tristesse. Aux mépris d’un quelconque courage…
Je suis au paradis. Ou peut-être en enfer. Je ne suis plus ici, en tout cas. Les anges affrontent les démons, je suis au centre, je regarde. Avec un petit sourire. Combat éternel pour une raison inconnue. Bien. Mal. Que des mots, je crois. Des mots couchés sur le papier. J’ai du mal à me souvenir. C’est bien alors, non ? Jeu de mot. Pauvre mais approprié. Pas sûr. Pas sûr de moi en tout cas. Cas particulier, certainement pas. En apparence, tout du moins, mais je ne pense pas en vérité. Vérité, bien grand mot. Les mots, toujours les mots. Mots qui rythment les vies. Vies tristes ou gaies, toutes identiques. Toutes ressemblantes.
C’est triste à en rire. Identiques, dépourvus de ressemblances. Résonances entre toutes. Nous ne sommes pas grand choses finalement.
Petite sœur, je crois que c’est une résonance. Je me souviens d’autres choses, pardonne-moi. Excuse-moi de te confondre, de te superposer. En pur perte au final. Mais je me souviens d’un petit ange qui était triste en ce temps là. Je me souviens d’un aller et retour vers le soleil. J’ai aimé l’aller. Je ne suis pas encore revenu. Elle si. Elle m’a laissé brûler à l’éternel, avec le fol espoir que j’aurais oublié. Ou pardonné. Pardonner, je le peut, car je peut tout pour elle. Oublier, jamais. C’est une grande plaie ouverte en plein cœur.
Je me souviens, mélancolie. Deux être de pure sensation. Abstraction du temps, de l’espace, du reste. Juste nous deux, hors de ce monde. Juste deux corps entremêlés. Deux paires de lèvres scellées, ou si proches que ça ne fait aucune différence. Perdre toute raison pour ne plus penser, ne plus rien savoir, ne plus se poser de question. Une sensation maintenant juste un souvenir. Juste encore quelques mots sur une feuille, quelques caractères sur un écran. Et pourtant Dieux sait que moi je n’ai jamais oublié. Rien n’a changé pour moi, à part ce manque un peu plus vivace chaque jours. Plus le temps passe et plus c’est difficile. Plus les heures sombrent et plus je glisse dans le néant. Il faudra bien qu’un jour tout cela s’arrête. Il faudra bien qu’à un moment j’en finisse. Définitivement. Si seulement ce moment était venu. Plus de questions. Plus de souffrances. Plus de mélancolie. Juste quelques signaux électriques, quelques affolements en plein cœur du cortex. Et enfin la descente finale, le départ ultime…
Tu le vois maintenant, petite sœur. Tu constates tout ce que je ressens pour elle. Tout ce qui n’a pas été oublié. Tout ce qui s’enfonce petit à petit comme une aiguille incandescente dans mon cœur.
J’aurais donné ma vie pour elle. Je suppose qu’elle n’en a pas conscience. Ou qu’elle ne mesure pas. Qu’elle ne comprend pas l’étendue, l’immensité insondable. Possible.
J’entend déjà ce que tu vas répondre, petite sœur. Que c’est mort, et bien mort. Que ça sert à rien de continuer à se prendre la tête plus longtemps. T’a raison quand tu dis que je me lamente sur du vide, que jsuis le seul à pouvoir me plaindre sans personne pour m’écouter. Tu vas lire ça et ensuite te planter devant moi, me regarder droit dans les yeux et dire que tout ça c’est des conneries. Et puis tu vas te foutre de ma gueule, comme d’hab. Et ensuite on va aller faire autre chose. Ou alors tu vas aller voir ton mec. Ce qui fait que moi jvai encore rester là comme un imbécile.

Là, j’aimerais bien qu’il neige.

Toi aussi tu m’as brisé le cœur, petite sœur. Pas fort, parce qu’il s ‘en fout un peu. Mais tout de même un peu. De toute manière tu répondras toujours que ça sert à rien de se prendre la tête de cette manière. C’est vrai après tout. Jsuis sûrement qu’un pleurnichard.

T’a sans doute raison, petite sœur. Alors prouve-le moi.
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2 commentaires

Kertach Med · le mardi 5 juin 2007 à 19:35

J'ai lu cette lettre avec plaisir;j'ai apprécié ce style épistolaire particulier.Bonne suite jeune homme!

Guillaume · le mercredi 6 juin 2007 à 22:47

mon pti valouf, la beauté de l'écriture t'a volé té mains !! c'est magnifique, sincère et touchant... a bientot j'espère, jvai sans doute ouvrir mon site aussi, mais jme tâte ! hein.. hey oh ... tant pis ! allé tcho ma poule ! ton chetber !

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