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Rythmique abusive pour papillon désincarné

07 - Oraison des diamants

Le jeudi 7 juin 2007 à 00:17, posté par Meraziel · 283 lectures

Le deuxième, pour Mélusine, puis Callista

J’ai trouvé en ce monde deux diamants, deux gemmes des plus pures et des plus belles. L’une est un joyaux venu du fin fond des marées sombres et des arêtes tranchantes, l’autre vient du froid, et vibre à l’unisson de la Lune. Lune qu’elle recherche sans faiblir. Aucune d’elle n’est parfaite, leurs éclats se réfléchissent sur les imperfections du diamants. Un éclat qui sans cesse ravage mes sens, ma raison, les réduise à néant, les brûle de toutes les forces. En leur présence, je ne suis que sensation ou folie, destruction, paralysie, écho ravageur ou obsédant d’un amour à peine contenu.
Je dois oublier. Tout cela doit cesser. Tout cela doit disparaître dans les méandres tortueuses de mon esprit saturé. Elle doit s’effacer, cette douleur incandescente, qui jamais ne s’arrête, cette plaie purulente qui jamais ne se referme. Je dois oublier qu’un sentiment déchire mon être entre deux anges inaccessibles, qui du haut de leurs blancs nuages admirent les hommes et me dédaignent. Sans aucun remord ni regrets doivent s’évanouir tout mes poèmes, tout mes espoirs, tout les lumières et les ténèbres qui se cachent au plus profond de mon cœur. Pour ne laisser qu’une coquille vide, mais peu importe au final, quel importance. Car enfin l’espoir en ce domaine ne m’est pas permis, car il m’est impossible d’entrevoir une opportunité. En cette froide soirée où tout s’effondre autour de moi, je peux à peine penser, résonner, vibrer à l’unisson de ces sentiments contradictoires. Je ne pourrais jamais les rejeter hors de ma vie, et pourtant je dois le faire. Le Dois-je ? Sans doute que oui. Nul doute que je dois enfin réduire à néant ce pourquoi je vis…
Ou comment raconter deux histoires. Comment se souvenir d’un petit ange brûlé aux yeux rieurs et si sérieux parfois, quand elle me parlait d’elle ou des autres. Se perdre dans l’infini de ses yeux sombres, d’un jais douloureux, recelant tant de sagesse et de naïveté à la fois, tant de lumière et de ténèbres contenu dans un seul petit être, à la fois si frêle et si forte, faite d’acier ou de papier. Quand je la sentait dans mes bras, comme si elle allait se briser en mille morceaux de verre fin. Comme une statue vivante, statue si fine et si dure à la fois. Je me rappelle sans cesse de ses yeux qui fouillaient dans mon âme comme de douces lames polies par les âges, qui sans y toucher extirpait mes secrets les plus profonds. Elle fut la première et la seule, celle qui m’éleva au firmament, puis qui me relégua dans les plus noirs enfers. Qui puis-je ? J’ai provoqué cela, j’ai douté d’elle au moment fatidique. Jamais je ne fit plus grande erreur, je le sais. Cette lame qui arpente encore mon cœur avec un sourire écarlate, c’est moi-même qui me la suis planté. Ca fait mal, sans aucun doute, ça aurait pu arriver il y a des éons que ça ne changerai rien. Rien du tout. Pouvez-vous comprendre ? Sans doute que oui, allez-vous me dire. Je pense que non. Perdez tout espoir, toute raison de vivre, perdez la chose pour laquelle vous pourriez vivre ou souffrir. Et ensuite allez bien plus loin dans la déchéance. Essayez, mourrez une fois, deux fois, trois fois, et essayez encore. J’exagère sans doute. Probablement. Un mélodrame aux airs de déjà vu. Un ange platine qui pleurent quelque chose qui n’a jamais existé. Si vous le dites. Je sais qui je suis, ce pourquoi je vis…
C’était avant. Le monde change, les étoiles meurent, mais nous autres continuons. L’être humain est faillible mais notre esprit est éternel. J’aurais pu mourir. Mais ça aurait été une manœuvre malheureuse. Car apparaît un autre rêve. Est-elle réelle, cette Muse aux cheveux de jais qui hante mes jours et mes nuits ? Qu’est-elle ? Sûrement pas une simple humaine, ce serait d’un classique… Une figure de beauté à l’esprit plus acéré que la plus fine des lames d’adaman. Ma petite sœur, la belle aux yeux de Lune. Qui plongera dans son regard en sera définitivement changé à jamais, car il en a été dit ainsi. Qu’a-t-elle fait pour que je l’adore, mon adorée inspiratrice ? Elle m’a ouvert son cœur. J’ai vu au plus profond de l’âme de celle que tout le monde trouvait froide ou mortelle. Aucun prix ne pourrait remplacer cela. En me permettant de l’aider, elle m’a sauvé. A présent rien n’est certains, sauf une chose : elle donne un sens à ma vie, j’existe pour elle, au-delà de tout de que j’ai été auparavant. Qui étais-je, au juste ? Un type qui aimait une fée, je crois. Mensonge, tu parles, je m’en souviens très bien.
On laisse le chaos enfouir parfois nos plus secrètes pensées, on ne se souvient plus trop de qui on est. On se perd dans ses propres dans nos propres contradictions et on sombre dans le désespoir. Ce que j’avoue ici, mon amour inconditionnel pour celle qui m’a sauvé, et ces regrets éternels que j’aurais pour l’éternité d’avoir fait cette erreur, jamais elles ne le sauront. Mon destin ? Clair, simple, triste. Je chanterais l’oraison pour ces diamants lumineux. L’oraison que jamais elle n’entendrons, car mes paroles se dilueront dans les ténèbres de la Nuit. Nuit venimeuse qui arrache mes secrets pour les jeter à la face du monde sur une feuille impersonnelle. Difficile de songer à cela, les voir heureuses pendant que je souffre, avec mes regrets ou mes peurs, mes certitudes qui partent en fumée, et celles qui restent là trop longtemps. Ca vous amuse ? Toi qui lit ce texte, tu ris ? Eclate-toi, fait toi plaisir ! Ca servira au moins à quelqu’un. Mais n’oublie pas : j’ai trouvé ma voie, je sais qui je suis. Peu peuvent en dire autant. Le peux-tu, toi ?

Ma voie, chanter l’oraison en solitaire, pour l’éternité.
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