19 - Notre-Dame-Des-Cendres
Au fin fond, au-delà des ombres, quand l'univers s'amuse.
En plein cœur d’une ville plus brûlante que le cœur d’un volcan en fusion. Fusion étincelante, imagée sans limite, une fascination du corps réduit en ombre et en lumière, en étoiles de givres. Une fascination grandissante, un poids qui croule sur les épaules, qui écrase par sa grandeur intimidante, dantesque, immense et fascinante cathédrale d’acier et de roche noire, plus dure que n’importe quel diamant. Des arabesques baroques, tissées d’ombres et de mystères, un ouvrage voué à une civilisation disparue qui jouait avec les destinées comme avec des billes de platines, des jeux incarnats. Jouer avec la trame des vérités inexistantes, additionner les réalités en donnant la plume à une fée maléfique. Castwel rode en sourdine, étanche une furie apocalyptique, une soif de courants orageux et de cyclones ravageurs. Le théâtre dans l’édifice de grandeur décadente.
En l’honneur de Notre-Mère-des-Cendres, dame grandiose et mystique, tombeau des souvenirs, des ténèbres mouvantes. Structure terrifiante et obscure, venue d’un âge si loin, indéfinissable. Elle en ferait presque peur, si l’apologie n’était pas si évidente. Il manque peut-être quelques couleurs. Songez, cette hérésie de noirceur, cette église en l’honneur de la nuit. Pas un vitrail découpant l’univers d’un saints (ou serait-ce d’un sein ? perversité du mal…). Pas une statuette d’or, ou peut-être sont-elles souillées elles aussi, on resterait dans le ton. Un fiel dégoulinant du sol au plafond, un étau de misère. Sur la croix, hurlant de douleur, des larmes véritables coulant chaque seconde de ses yeux, un archange brisé, en remplacement d’une figure de bonté qu’on devrait y trouver. Seigneur des démence Mizrael, fantôme de mes sens, celui qui se trouve de l’autre coté de mon âme. Mon frère, cloué ici pour l’éternité, figé dans le silence de la pierre scintillante, hurlant ses souffrances et son désespoir. Jumeau piégé dans l’ambre de jais pour me permettre de jouer avec les intérêts du cosmos, juste pour avoir tiré la mauvaise carte, le sort en a décidé ainsi. Mais passons…
L’univers s’agite, impatient spectateur, il se lasse vite le pauvre. Dans son dédain, il créé, une fois de plus. Voyageur qui se retrouve sur un chemin obscur, un goût de films d’horreur en arrière-plan. Confus souvenirs de celui qui arpente le chemin jusqu’à la cathédrale, jusqu’à la détentrice de mes hantises, le caveau de mes tempêtes. Une épée de lune au coté comme une si funeste parade face à l’ombre. En fait de gargouille, d’horribles papillons à l’échine courbé par le maléfice. Peu engageant, ce tombeau sacré du mal, mais au final c’est ce qu’il recherche. La porte grince. Une ombre voile ses yeux…
Pandémonium ! Lucifer dansant une funeste odyssée d’albâtre, l’acier jaillit ! Coupe ! Violence ! Frappe, bats-toi, les papillons te regardent, te scrutent ! Tant de meurtres et de sang, une liqueur pour eux ! Un appel à la haine ! La cause de l’hémoglobine enfin révélée, un jaillissement comme un requiem ! Chant si funeste, grincement du métal contre le métal, contre les os, sublime furie ! Vas-y, fier paladin ! En conquérant tu rentre, ta lame chantant des oraisons pour ton dieu. Tu veux le sauver, c’est ça, ce prisonnier perdu au fin fond de mon être ? Le jeux est si drôle, petit pion, en as-tu conscience ? Que ta vérité…
N’est qu’une illusion.
Nous y revoici. Il entre, curieux, intimidé. La silhouette se contorsionne encore sur sa croix, mais ce n’est pas ça qu’il recherche. Pas pour le moment. Pas encore. Avant de libérer les instruments et les symphonies, trouver la maîtresse d’œuvre de cette décadente rhapsodie, prêtresse du dieu dément. Devant lui, les statues des muses écarlates. La fée et ses comptes scrupuleux, un sourire aux lèvres incandescente. La succubes à la recherche des plus grandes réalités, la tête dans l’Aether. Une ange marquée mille fois, les ailes en flammes, oiseau à la faveur du soleil. Une petite guerrière, une lame dans chaque main, longs cheveux noirs flamboyants et regard vengeur. Une libellule aux airs triste, une cousine bien trop proche du phénix-ange. Et une joueuse souriante, visage baigné de larmes. Pour un peu elles seraient sept, magie mystique. Mais la prochaine, je la porte au fin fond, bien vivante. Elle s’avance à présent. Prêtresse de ce temple. Des yeux noirs, pupille rouge, une beauté à couper le souffle, des griffes comme des serres, une chevelure vivante, serpente, tissée à même les ombres qui constituent l’édifice. Paladin se retourne. Le chasseur et la proie se contemple. La lame Lune siffle. Celle de nuit répond d’un grognement. Puis la furie s’engage…
Une seule frappe.
Quand la prêtresse meure, le paladin est à terre, prostré sur une blessure affreuse. Il n’était pas dit que le héros survivrait. L’univers est satisfait, le spectateur pervers a eut sa dose de chaos. Alors le corps sans vie s’ouvre comme une cosse, une nuée brûlante jaillit. Notre-Dame-des-Cendres, fière maîtresse des Ombres, dévorée par l’incandescence. Le rouge côtoie le noir avec délectation. Mizrael hurle de plus belle, les brûlures viennent s’ajouter au reste. Flamboyante, la cathédrale semble sourire, son dernier trésor se dévoile. Une fantasmagorie colorée, un jeu de lumière, kaléidoscope hallucinant qui se cachait au plus profond des cryptes. Un hurlement puissant se fait attendre, l’âme de la prêtresse dévorée quand son seul trésor prend feu. En contrepoint, l’archange de misère pousse un dernier cri déchirant.
Succube disait qu’il serait beau de brûler l’arc-en-ciel.
En plein cœur d’une ville plus brûlante que le cœur d’un volcan en fusion. Fusion étincelante, imagée sans limite, une fascination du corps réduit en ombre et en lumière, en étoiles de givres. Une fascination grandissante, un poids qui croule sur les épaules, qui écrase par sa grandeur intimidante, dantesque, immense et fascinante cathédrale d’acier et de roche noire, plus dure que n’importe quel diamant. Des arabesques baroques, tissées d’ombres et de mystères, un ouvrage voué à une civilisation disparue qui jouait avec les destinées comme avec des billes de platines, des jeux incarnats. Jouer avec la trame des vérités inexistantes, additionner les réalités en donnant la plume à une fée maléfique. Castwel rode en sourdine, étanche une furie apocalyptique, une soif de courants orageux et de cyclones ravageurs. Le théâtre dans l’édifice de grandeur décadente.
En l’honneur de Notre-Mère-des-Cendres, dame grandiose et mystique, tombeau des souvenirs, des ténèbres mouvantes. Structure terrifiante et obscure, venue d’un âge si loin, indéfinissable. Elle en ferait presque peur, si l’apologie n’était pas si évidente. Il manque peut-être quelques couleurs. Songez, cette hérésie de noirceur, cette église en l’honneur de la nuit. Pas un vitrail découpant l’univers d’un saints (ou serait-ce d’un sein ? perversité du mal…). Pas une statuette d’or, ou peut-être sont-elles souillées elles aussi, on resterait dans le ton. Un fiel dégoulinant du sol au plafond, un étau de misère. Sur la croix, hurlant de douleur, des larmes véritables coulant chaque seconde de ses yeux, un archange brisé, en remplacement d’une figure de bonté qu’on devrait y trouver. Seigneur des démence Mizrael, fantôme de mes sens, celui qui se trouve de l’autre coté de mon âme. Mon frère, cloué ici pour l’éternité, figé dans le silence de la pierre scintillante, hurlant ses souffrances et son désespoir. Jumeau piégé dans l’ambre de jais pour me permettre de jouer avec les intérêts du cosmos, juste pour avoir tiré la mauvaise carte, le sort en a décidé ainsi. Mais passons…
L’univers s’agite, impatient spectateur, il se lasse vite le pauvre. Dans son dédain, il créé, une fois de plus. Voyageur qui se retrouve sur un chemin obscur, un goût de films d’horreur en arrière-plan. Confus souvenirs de celui qui arpente le chemin jusqu’à la cathédrale, jusqu’à la détentrice de mes hantises, le caveau de mes tempêtes. Une épée de lune au coté comme une si funeste parade face à l’ombre. En fait de gargouille, d’horribles papillons à l’échine courbé par le maléfice. Peu engageant, ce tombeau sacré du mal, mais au final c’est ce qu’il recherche. La porte grince. Une ombre voile ses yeux…
Pandémonium ! Lucifer dansant une funeste odyssée d’albâtre, l’acier jaillit ! Coupe ! Violence ! Frappe, bats-toi, les papillons te regardent, te scrutent ! Tant de meurtres et de sang, une liqueur pour eux ! Un appel à la haine ! La cause de l’hémoglobine enfin révélée, un jaillissement comme un requiem ! Chant si funeste, grincement du métal contre le métal, contre les os, sublime furie ! Vas-y, fier paladin ! En conquérant tu rentre, ta lame chantant des oraisons pour ton dieu. Tu veux le sauver, c’est ça, ce prisonnier perdu au fin fond de mon être ? Le jeux est si drôle, petit pion, en as-tu conscience ? Que ta vérité…
N’est qu’une illusion.
Nous y revoici. Il entre, curieux, intimidé. La silhouette se contorsionne encore sur sa croix, mais ce n’est pas ça qu’il recherche. Pas pour le moment. Pas encore. Avant de libérer les instruments et les symphonies, trouver la maîtresse d’œuvre de cette décadente rhapsodie, prêtresse du dieu dément. Devant lui, les statues des muses écarlates. La fée et ses comptes scrupuleux, un sourire aux lèvres incandescente. La succubes à la recherche des plus grandes réalités, la tête dans l’Aether. Une ange marquée mille fois, les ailes en flammes, oiseau à la faveur du soleil. Une petite guerrière, une lame dans chaque main, longs cheveux noirs flamboyants et regard vengeur. Une libellule aux airs triste, une cousine bien trop proche du phénix-ange. Et une joueuse souriante, visage baigné de larmes. Pour un peu elles seraient sept, magie mystique. Mais la prochaine, je la porte au fin fond, bien vivante. Elle s’avance à présent. Prêtresse de ce temple. Des yeux noirs, pupille rouge, une beauté à couper le souffle, des griffes comme des serres, une chevelure vivante, serpente, tissée à même les ombres qui constituent l’édifice. Paladin se retourne. Le chasseur et la proie se contemple. La lame Lune siffle. Celle de nuit répond d’un grognement. Puis la furie s’engage…
Une seule frappe.
Quand la prêtresse meure, le paladin est à terre, prostré sur une blessure affreuse. Il n’était pas dit que le héros survivrait. L’univers est satisfait, le spectateur pervers a eut sa dose de chaos. Alors le corps sans vie s’ouvre comme une cosse, une nuée brûlante jaillit. Notre-Dame-des-Cendres, fière maîtresse des Ombres, dévorée par l’incandescence. Le rouge côtoie le noir avec délectation. Mizrael hurle de plus belle, les brûlures viennent s’ajouter au reste. Flamboyante, la cathédrale semble sourire, son dernier trésor se dévoile. Une fantasmagorie colorée, un jeu de lumière, kaléidoscope hallucinant qui se cachait au plus profond des cryptes. Un hurlement puissant se fait attendre, l’âme de la prêtresse dévorée quand son seul trésor prend feu. En contrepoint, l’archange de misère pousse un dernier cri déchirant.
Succube disait qu’il serait beau de brûler l’arc-en-ciel.
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1 commentaire
Sandra Forasté (Ecrivain Publié) · le vendredi 29 juin 2007 à 18:19
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