Ce Grand Froid
POÈMES MÉLANCOLIQUES
XXXIV
CE GRAND FROID
Ce grand froid qui m’habite et grève ma poitrine,
Déchire mon poumon, me fait plier l’échine,
Glaçant mon corps meurtri, ah! le triste combat!
Je diffuse du froid, ce qui prête à débat …
Bien trop chauds sont d’aucuns! Ceux là, visent au tiède.
Dieu ! Réchauffe mon être, et bien vite procède !
Je souffre en mon malheur quand, de l’hiver la peur,
En mon tréfonds construit un sépulcre à mon cœur.
J’habite un noir caveau, plus froid que nuit sans lune,
Secoué de frissons, ondulant comme dune.
Et quand l’astre Sélène, au ciel apparaît, seul,
Il lance des rayons plus pâles qu’un linceul.
Camarde viens à moi ! Je t'enjoins et t'en prie,
Ne me laisse en ce lieu, vois combien je m’ennuie !
Ah ! Ce froid qui descend jusques au bas des reins,
Pour s’en finir aux pieds qui se figent en freins !
Au Pays du Bonheur, sans plus de lassitude,
Trouverai-je la Paix, sans nulle inquiétude ?
Mon âme et mon esprit partent en branle-bas
Quand je prie et Vous pleure… Ô mes Chéris ! là-bas…
M.A.B.M.
Cannes le 26 Janvier 2016
Page 37
Droits Réservés.
XXXIV
CE GRAND FROID
Ce grand froid qui m’habite et grève ma poitrine,
Déchire mon poumon, me fait plier l’échine,
Glaçant mon corps meurtri, ah! le triste combat!
Je diffuse du froid, ce qui prête à débat …
Bien trop chauds sont d’aucuns! Ceux là, visent au tiède.
Dieu ! Réchauffe mon être, et bien vite procède !
Je souffre en mon malheur quand, de l’hiver la peur,
En mon tréfonds construit un sépulcre à mon cœur.
J’habite un noir caveau, plus froid que nuit sans lune,
Secoué de frissons, ondulant comme dune.
Et quand l’astre Sélène, au ciel apparaît, seul,
Il lance des rayons plus pâles qu’un linceul.
Camarde viens à moi ! Je t'enjoins et t'en prie,
Ne me laisse en ce lieu, vois combien je m’ennuie !
Ah ! Ce froid qui descend jusques au bas des reins,
Pour s’en finir aux pieds qui se figent en freins !
Au Pays du Bonheur, sans plus de lassitude,
Trouverai-je la Paix, sans nulle inquiétude ?
Mon âme et mon esprit partent en branle-bas
Quand je prie et Vous pleure… Ô mes Chéris ! là-bas…
M.A.B.M.
Cannes le 26 Janvier 2016
Page 37
Droits Réservés.
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11 commentaires
plumeflore · le samedi 30 janvier 2016 à 19:53
Marc!
louis · le samedi 30 janvier 2016 à 23:05
De magnifiques vers, du grand art, il me semble !
Amitiés.
Loïc · le dimanche 31 janvier 2016 à 01:38
Côté technique, quelques notes :
1) "et bien vite procèdes !" "Procèdes" est un impératif, donc au premier groupe, pas de S. Ce qui va gêner la rime classique de ce vers !
2) "Ne me laisses ici" : deux choses. La première, c'est déjà mon point de vue habituel : en français, on dit "ne me laisse PAS" ; mais à la rigueur, dans le style XVe siècle, ça passe. Non, le vrai problème est encore l'impératif. "LaissE" doit être sans S. Ce qui annule la liaison faite, et prive le vers d'un pied...
Tout ceci, bien entendu, ne ruine aucunement le poème.
Mes amitiés Micheline !
http://www.mespoemes.net/cellox
Loïc · le dimanche 31 janvier 2016 à 03:12
Eh oui. Là aussi, en classique ça va poser un souci puisque qu'en enlevant le S en trop, ça donne un mot en -IE au milieu d'un vers, non suivi d'un mot commençant par une voyelle, pour l'instant.
Désolé Micheline. C'est vraiment pour que tout soit bien selon vos propres critères !!
domidom · le dimanche 31 janvier 2016 à 20:49
Une fois de plus, je ressens une très forte émotion en lisant vos vers, et je vous remercie pour ces magnifiques quatrains, ils me bouleversent au plus profond de mon cœur...
Mes amitiés, Domie...
Micheline 1940 · le lundi 1 février 2016 à 06:47
Bien amicalement,
Micheline.
Micheline 1940 · le lundi 1 février 2016 à 06:49
Toutes mes amitiés,
Micheline.
Micheline 1940 · le lundi 1 février 2016 à 07:41
Hier, j'ai reprisé mon texte, mais trop fatiguée, au vu de l'heure tardive, je me proposais de vous répondre dimanche. Mais je n'ouvre mon PC qu'aujourd'hui... Aussi me revoilà !
Croyez-vous, cher Loïc, que le temps impératif me soit totalement étranger, pour qu'il me faille lui accoler un S ? Que nenni ! Mais j'ai tenté une licence poétique (Baudelaire l'a bien osé dans Les Fleurs du Mal. (L'amuse-malade) dans RÉFLÉCHIS au lieu de RÉFLÉCHIE( c'est du lourd, comme dirait Lucchini !) et voilà juste à la suite l'objet :
" Ma pauvre muse, hélas ! qu'as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes. "
Bien entendu j'ai tenté de me fondre en "une faute" qui arrange, et qui me semblait opportunément placée ici, sachant qu'encore peut s'écrire sans E, et que jusque peut s'arroger d'un S ! Je ne connaissais que ces trois cas acceptés, et, réalisant combien la chose peut aider en poésie, il me serait d'un grand secours de connaître d'autres exceptions ( si elles existaient, pourriez-vous m'en faire profiter, afin que je puisse à l'avenir, en user, mais dans les règles de l'art ? ) Je savais que vous viendriez me signaler la faute, si celle-ci s'avérait en être une, et je vous remercie, cher Loïc de souligner mes erreurs. C'est la seule façon de procéder pour me permettre de progresser. Surtout, n'hésitez pas à me reprendre !
J'ai vite réparé l'injure faite à la grammaire, et il est correct que je vous le signale ici. Me direz-vous si tout cela convient ?
Mille mercis à vous, et avec ma meilleure amitié.
Micheline.
Loïc · le lundi 1 février 2016 à 10:34
J'ai répondu à votre mail qui concernait ce sujet.
Et je remets ici un mot d'avertissement : le fait que Baudelaire se permette malhonnêtement de triturer la conjugaison française ne devrait JAMAIS être pris pour un exemple positif. Tout ce que ça prouve, c'est qu'il était malhonnête, rien de plus (tout en ne sachant certainement pas qu'un jour, chacun de ses vers serait révéré par quelqu'un).
Je dirais donc qu'il faut tirer des leçons de ses erreurs, et non les suivre juste parce que de nos jours, Charles est célèbre. A l'époque, il n'était rien, et il faisait des bêtises. Il y a une célèbre histoire de rime en -ER dont je ne me souviens plus particulièrement (je peux la retrouver) qui fait encore pas mal rigoler dans les chamières.
Toujours, soyons sérieux, et pourquoi pas, plus sérieux que les Anciens !
Amitiés Micheline !
Loïc · le lundi 1 février 2016 à 10:35
Micheline 1940 · le lundi 1 février 2016 à 10:56
Je vous remercie infiniment d'être passée me lire, infiniment merci, et avec toutes mes amitiés ensoleillées de ce clair matin !
Micheline.
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